Un contexte de séparation difficile, mais aucun mobile

 Lors de la reconstitution par une équipe du magazine «Fait divers, le Mag». Lors de la reconstitution par une équipe du magazine «Fait divers, le Mag».

| ASSISES DU NORD |

Depuis hier, et jusqu’à vendredi, une femme et deux hommes comparaissent devant la cour d’assises du Nord pour assassinat et complicité d’assassinat. Éric Wacquet, un Valenciennois de 38 ans, a été retrouvé au petit matin du 20 avril 2007 inanimé dans une rue de Valenciennes. Touché à la tête par un tir de revolver, il a succombé à ses blessures. Les enquêteurs de la brigade criminelle de Valenciennes aboutissent, dès l’après-midi, à l’interpellation de trois personnes après avoir exploité la piste familiale, dans un contexte de séparation difficile.

Préméditation

Il y a d’abord G. J., celle qui aurait appuyé sur la détente sous le coup d’une pulsion, la femme d’Éric Wacquet avec qui il était en instance de divorce et avec qui il avait eu une fille âgée de 15 ans au moment des faits. Il est également reproché à l’ex-épouse la préméditation de son acte. Elle aurait en effet effectué plusieurs repérages, filant Éric Wacquet, le jour et la nuit, pour savoir où il stationnait sa voiture et connaître ses horaires de travail. Une filature que l’Amandinoise opérait accompagnée par l’un ou l’autre des deux hommes présentés comme ses complices.

Il y a J.-P. H., son amant du moment. Un homme éperdument amoureux de G. J. à qui la justice reproche d’avoir aidé à maquiller la voiture et dissimuler les preuves du crime. Le second, A. S., est un ami de G. J. qu’elle a connu sur son lieu de travail. Il est quant à lui secrètement amoureux de l’Amandinoise à qui il a offert un cheval, ainsi qu’un voyage en Sicile, après avoir détourné l’argent de l’association colombophile dont il était le trésorier. Il aurait fourni l’arme, les cartouches, et la voiture avec les fausses plaques belges avec laquelle G. J. se serait rendue jusqu’à Valenciennes le jour du meurtre.

Un assassinat pour lequel il n’y a pas de mobile, et sur lequel les jurés ont jusqu’à vendredi pour se pencher. •

G. A.


mercredi 06.01.2010, 05:04 La Voix du Nord

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La fascination de deux hommes pour une femme manipulatrice

jeudi 07.01.2010, 05:04 La Voix du Nord

|  ASSISES DU NORD |

Une dizaine de témoins et expert ont défilé, hier, devant la cour d’assises du Nord …

, à Douai, afin de s’exprimer sur la personnalité des trois accusés soupçonnés d’assassinat et de complicité d’assassinat (lire notre édition d’hier).

Après quinze ans de vie commune, en 2004, le couple idéal que composaient Éric Wacquet et G. J. « s’étiole » doucement jusqu’à l’été 2006 où ils se séparent. « Elle n’était pas capable de se représenter sans son mari, rappelait mardi soir l’experte psychologue. G. J.

se raccroche alors à qui veut bien l’écouter, à qui veut bien l’aider. » Elle trouve l’oreille attentitive d’A. S., un collègue de travail avec qui elle effectuait du co-voiturage. Au cours de cette période, le Sicilien de 46 ans explique avoir eu une relation platonnique » avec G. J., jusqu’à la fin du contrat d’interim de cette dernière chez Sevelnord. Une période de chômage qui intervient quelque temps avant la séparation.

« J’avais des sentiments pour elle »

Jusqu’au divorce des deux époux, A. S. n’a plus de nouvelles de l’Amandinoise. Et puis, il y a ce coup de fil passé « un samedi » se souvient-il. « Elle m’a appelé pour me parler de ses problèmes. » Peu à peu la relation entre les deux ex-collègues s’intensifie. « J’avais des sentiments pour elle », indique A. S. depuis le box des accusés. Un amour qu’il verbalisera trois mois après avoir passé, avec G. J., les fêtes de fin d’année 2006 en Sicile.

« Mais elle vous a parlé de J.-P. H. quand même ? », son amant depuis le mois de juillet, lui demande la présidente, Mme Degouys. « Non », répond A. S., rappelant aux jurés qu’il a découvert leur relation à sa sortie du bureau du juge d’instruction. Il les a vus s’embrasser avant de prendre la direction de leur maisons d’arrêt respectives. « J’avais alors la confirmation de ce que m’avait dit la juge d’instruction… Je ne voulais pas la croire. » A. S. ajoute : « Si j’avais su qu’il y avait quelque chose entre elle et J.-P. H., j’aurais arrêté tout contact tout de suite. » Tout en restant calme, assis de son côté, J.-P. H. a le visage qui se crispe. Lui qui, durant plusieurs mois, avait plutôt tendance à s’illuminer rien qu’à l’évocation du nom de G. J. « J’ai été aveuglé par cet amour », reconnait-il aujourd’hui depuis le prétoire. En détention, il lui écrit des lettres d’amour. Des missives auxquelles elle répond, « mais on sent bien que ce n’est pas la même chose », fait remarquer aux jurés Bertrand Chaillet, l’avocat général.

« Elle ne l’a pas puni, elle l’a éliminé »

Pourtant, les deux s’étaient rapprochés l’un de l’autre parce qu’ils avaient « des similitudes dans (leurs) problèmes de couple ». Divorcé de sa première épouse depuis neuf ans, J.-P. H. a lui aussi été victime d’adultère. C’est d’ailleurs pour cela que le demi-frère de J.-P. H., un ami du couple Wacquet, les avait mis en relation pour discuter. Partager.

Les deux amants s’ouvrent l’un à l’autre. « Elle avait l’air heureuse ? », interroge Mme Degouys. « Ça allait, ça allait… », mesure aujourd’hui le Neuvillois. Parfois, « ses problèmes de couple revenaient, alors j’essayais de la réconforter », ajoute-t-il. « Concrètement ? », veut savoir Mme Degouys. « Elle aurait préféré que son mari ne soit plus là », lâche J.-P. H., pesant ses mots. Une réalité aujourd’hui que l’expert psychiatre tente d’expliquer : « Elle ne l’a pas puni. Elle l’a éliminé. » •

GRÉGORY AUTEM

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« Ce n’était pas une mise à mort », elle voulait juste intimider son ex-mari

vendredi 08.01.2010, 05:05 La Voix du Nord

|  ASSISES DU NORD |

Hier, au troisième jour du procès de G. J., A. S. et de J.-P.H. pour assassinat et complicité d’assassinat, la cour d’assises a finalement abordé les faits, tentant de comprendre les causes et les circonstances qui ont entraîné la mort d’Éric Wacquet. Un Valenciennois de 38 ans, retrouvé inanimé avenue du 327e RI à Valenciennes, le 20 avril 2007 aux environs de 5 h 40, une blessure au niveau de la tempe.

PAR GRÉGORY AUTEM

valenciennes@lavoixdunord.fr PHOTO « LA VOIX »

Au matin du 20 avril 2007, G. J. et J.-P. H. circulent en voiture en direction du littoral quand les policiers du commissariat de Valenciennes les joignent par téléphone pour leur demander de faire demi-tour. Quelque chose de grave était arrivé à Éric Wacquet. « Une personne normalement constituée aurait dû demander ce qui s’était passé quand on lui annonce que son ex mari est grièvement blessé », témoigne à la barre Jacky Bretignères, commandant de police à la retraite et responsable de la brigade criminelle à l’époque des faits. Mais à aucun moment, ni G. J. ni J.-P. H.

n’ont interrogé les policiers.

Une clé oubliée

Un comportement qui met la puce à l’oreille des enquêteurs, d’autant plus que ces derniers avaient déjà eu l’occasion de contacter les parents de la victime. « Ils nous avaient fait part d’un climat détestable au sein du couple en situation de divorce », rappelle Jacky Bretignères. Le père d’Éric Wacquet précisant même que si quelque chose était arrivé à son fils, « il fallait aller chercher du côté de sa belle famille ».

D’abord entendus dans le cadre d’une simple audition, des soupçons pèsent sur eux. « Les déclarations des auditions étaient des copies conformes », se souvient l’officier de police judiciaire qui les avait entendus. Pourtant, « il y a toujours des choses qui diffèrent », assure-t-il par expérience. Les deux amants sont finalement placés en garde à vue aux environs de 16 heures. « L’élément déterminant, poursuit Jacky Bretignères, est la clé du véhicule Citroën qui appartenait à A.S. et retrouvée dans le vide-poches de la voiture de J.-P. H. au moment de la perquisition à l’intérieur du véhicule ». Un tournant dans l’enquête qui servira aux policiers à obtenir des aveux et à dénouer l’affaire.

Hier, G. J. a raconté qu’elle avait en effet décidé de « faire peur » à Éric Wacquet ce 20 avril 2007. Pour cela, et au cas où son ex-mari porterait plainte pour les menaces, elle décide de se dissimuler derrière une apparence d’homme. Elle revêt un pantalon sombre, une polaire noire, la tête couverte d’une casquette, d’un foulard noir, de gants en latex et un pistolet en poche. « Il a vu la mort », plaidera plus tard Magali Grillet, l’avocate de la famille Wacquet.

Vers 4 h 30, G. J. se rend avenue du 327e RI, se gare, et attend quelques minutes le passage de son mari pour l’aborder. « Il a commencé à me pousser violemment », raconte-t-elle. Et il lui demande ce qu’elle fait là, accoutré de la sorte. « On marchait vite, on était énervé, poursuit l’accusée. On s’insultait mutuellement. » Quant à savoir dans quel contexte elle a sorti l’arme et elle a tiré : « C’est impossible à dire exactement », jure-t-elle à la présidente. « Tout est allé très vite… » « Ce n’était pas une mise à mort », assure-t-elle à l’avocat général.

Une balle de 6,35mm dans le crâne

Pour l’expert médico-légal, « la plaie ovalaire » retrouvée sur la victime révèle que le tir s’est fait avec un angle d’environ « 45°, d’arrière vers l’avant, de droite à gauche, et de haut en bas. » La balle, après avoir ricocher sur un os de la boîte crânienne, est venue se loger à l’arrière gauche de la tête. L’étude effectuée par l’expert en balistique confirme quant à elle que la balle a bien été tirée avec l’arme d’A. S., retrouvée au fond de l’Escaut à Neuville. Un revolver relativement ancien de calibre 6,35mm.

Après la mise en examen des trois personnes, Jacky Bretignère a continué d’enquêter sur l’assassinat dans le cadre d’une commission rogatoire du juge d’instruction. Du dossier, il a donc une vision. La sienne. Et de cette expertise, l’avocat général souhaite obtenir un avis. Après avoir rappelé les éléments constitutifs de la préméditation, il interroge le commandant de police sur l’existence ou pas de ladite préméditation. « Cela ne fait aucun doute », assure-t-il. Interrogé également sur l’émotion et l’expression dégagées par le couple G. J. – J.-P. H. à leur arrivée au commissariat, le commandant de police retraité fait une réponse aussi claire : « Aucune expression. C’est d’ailleurs une des seules fois dans ma carrière, cela m’a marqué. » Et quant à l’existence d’un mobile pour expliquer l’homicide ? « La passion. Elle s’estimait être une femme hors du commun, et elle ne comprenait pas pourquoi il était allé voir ailleurs. » Des propos qui font vivement réagir l’avocat de G. J., Me Vanhelder : « Je n’ai jamais vu un tel réquisitoire avant celui de l’avocat général !

», regrette-il. « Ce qu’on a entendu, c’est votre opinion. » •

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Dix-huit ans pour le meurtre de son ex-mari

samedi 09.01.2010, 05:05 La Voix du Nord

| ASSISES DU NORD |

La cour d’assises du Nord a condamné hier Guylène Joselier à dix-huit ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de son ex-mari, Éric Wacquet, le 20 avril 2007 à Valenciennes.

Après trois jours et demi de débats et d’expertises, les jurés ont considéré que cette femme de 41 ans avait prémédité son geste (lire notre édition de mercredi). Par ailleurs, en condamnant Alfonso Scime, un ami, et Jean-Pierre Haudin, son amant, respectivement à six et cinq ans de prison, les jurés ont admis, comme le soulignait l’avocat général, leur rôle « essentiel ». « Toute seule, je suis persuadé qu’elle ne l’aurait pas tué », indiquait le ministère public qui avait requis vingt ans de réclusion pour elle, et sept pour ses complices.

La cour a ainsi considéré qu’il existait des circonstances atténuantes, comme l’a plaidé l’avocat de l’accusée, Me Vanhelder. Le couple Wacquet se déchirait depuis l’été 2006, période à laquelle la victime avait avoué à son épouse avoir eu une relation adultérine. S’ensuit un épisode de violences réciproques dont est témoin leur fille de 15 ans. « Les torts sont partagés », dira l’avocat de Guylène Joselier. « Ils avaient perdu le contrôle d’eux-mêmes », et ils étaient entrés dans une phase « d’autodestruction ».

4 réponses
  1. kriebus
    kriebus says:

    bonsoir,
    enqueteur dans cette affaire je dis bravo a grégory qui reste impartial mais très rigoureux dans la vérité des faits. ce n est pas évident ce rôle de journaliste comme le notre n est pas évident non plus. bonne continuation et sachez que l enquête finie mais l enquêteur reste très concerné par les suites.

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  2. wacquet Céline
    wacquet Céline says:

    réponse à kriebus, Quesque vous s’avez de la vériter ? rien du tout, les conflits passés chez moi, non jamais été dévoilés à la famille, ni aux amis puisque nous étions toujours qu’à trois.

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  3. Les amis de Bray-dunes
    Les amis de Bray-dunes says:

    Voici un couple que nous avons tous connu. Eric était un garçon souriant dont la joie de vivre ne faisait aucun doute. Toujours disposé à aider, à plaisanter. C’est une grande perte et les conditions de son départ sont atroces.
    Le souvenir que nous garderons de lui est celui d’un gars adorable contrairement aux traits diaboliques que certaines personnes ont tenté de faire véhiculer dans notre entourage. C’est une grande perte pour nous tous.

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  4. VALVANDRIN DAVID
    VALVANDRIN DAVID says:

    Un ami merveilleux auquel on pense très souvent. La bougie que tu m’as offerte il y a 5 ans brille chaque 20 avril. Tu nous manques. David est très fier de t’avoir fait découvrir le carnaval de Dunkerque.
    Céline si tu lis ce message un jour, on te fais plein de bisous.
    David, Myriam et les enfants

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