L’ancien gardien de but de Pont-Saint-Esprit assure avoir tué son ex-femme par accident

Accusé d’avoir assassiné à Pont-Saint-Esprit le 27 mai 2005 Colette Moya, son ex-épouse, puis d’avoir tenté de tuer Claude Dubois, le nouveau compagnon, de cette dernière, Bernard Moreno, 72 ans, assisté de Me Billet, a reconnu partiellement devant la cour d’assises d’appel de Vaucluse les faits qui lui sont reprochés: « J’ai jamais tiré contre M. Dubois, j’ai tiré en l’air. Par contre, pour ma femme je dis pas le contraire ». Mais en fin de journée, interrogé sur le déroulement des faits par la présidente Catherine Gay Julien, il revient sur sa déclaration: il assure avoir croisé son ex-épouse par hasard. Comme elle l’aurait insulté il l’a menacé avec son fusil.

« Le coup est parti; je voulais pas la tuer ». À l’ouverture du procès l’accusé s’est plaint d’être « traité comme un chien. Depuis que ma femme est partie, mes enfants me disent de ne plus venir manger chez eux ». « Il y a de quoi! » s’exclame l’un de ses fils, aussitôt rappelé à l’ordre par la présidente. Il s’excuse. L’émotion est intense. Bernard Moreno remercie la cour de le laisser s’exprimer. « Ici au moins on a la parole. À Nîmes, personne ne me l’a donnée ». L’accusé avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle par les assises du Gard. Hier matin, il a été évoqué le parcours de vie de Bernard Moreno. Douzième d’une fratrie de dix-sept enfants, il a grandi à Oran dans une grande misère. Le cours de sa vie sera rythmé par le football. Bien qu’illettré, il a pu, grâce à ce sport, passer son permis de conduire.

Me Billet, conseil de Bernard Moreno, va plaider le drame passionnel.

Photo Ange Esposito

« Le président du club d’Alger était patron d’une auto-école » explique l’accusé qui a travaillé à la mairie de Pont-Saint-Esprit « car je savais bien jouer au ballon ». C’est aussi le ballon qui lui a sauvé la vie en Algérie. Membre de l’OAS, il a été « sauvé » par « un Arabe avec qui j’avais joué au foot ». Bernard Moreno, qui a été longtemps gardien de but de l’équipe spiripontaine, avait selon le directeur d’enquête « la gifle et le coup-de-poing facile » sur les terrains. Cela n’en fait pas pour autant un homme violent assurent des témoins qui attestent qu’il était dévoué et serviable.

« Il a rendu service aux trois quarts de la ville », glisse la veuve de l’ancien secrétaire général de la Ville, un homme que Bernard Moreno considérait comme son père. Mais dans l’intimité familiale, il aurait été tout autre. Le gendarme qui a mené l’enquête décrit un homme « animé d’une grande rancoeur, déterminé à tuer son ex-épouse ». Un homme « très froid qui n’exprimait aucun regret ». Après les faits il est rentré chez lui et s’est endormi, le fusil entre les mains. Au petit matin alors qu’un gendarme du GIGN s’apprêtait à l’interpeller, le forcené a tenté de mettre fin à ses jours.

Entendu en début de soirée, Claude Dubois, qui a vécu deux ans et demi avec la victime, confirme avoir la certitude qu’après avoir tué son épouse, Bernard Moreno a volontairement fait feu dans sa direction. Il sera blessé à l’oeil par la projection de l’opercule d’une cartouche. Le procès se poursuit jusqu’à lundi.

Par Bruno Hurault ( bhurault@laprovence-presse.fr )

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