Pascal Poirson ne se sera pas déplacé complètement en vain devant les jurés de la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, pour faire appel de sa condamnation pour le meurtre d’un retraité toulonnais en novembre 2005.

Condamné à seize ans de réclusion le 9 octobre 2008 par les assises du Var, il a vu sa peine diminuée d’un an en appel.

La cour a rendu son verdict jeudi soir au palais de justice d’Aix-en-Provence, après deux heures de délibéré.

Confirmation requise

Compte tenu du caractère imprévisible et violent de Pascal Poirson, un marginal toulonnais âgé de 34 ans, on craignait pendant l’audience des incidents comme ceux qui avaient émaillé les débats du procès en premier ressort à Draguignan. L’accusé s’est cette fois efforcé au calme, et aucune mesure d’expulsion n’a dû être ordonnée par le président Jacques Calmettes.

L’avocat général M. Fernandez a requis la confirmation de la peine infligée à Draguignan. Il a estimé que Pascal Poirson s’était bien rendu coupable de meurtre sur la personne de Marcel Autret, un retraité de 65 ans, qui avait fini sa carrière dans la Marine nationale comme premier-maître sur la « Jeanne d’Arc ».

Lors du procès de Draguignan, l’avocat général avait estimé qu’il n’était pas établi que l’accusé avait voulu donner la mort au retraité, en le passant à tabac à son domicile du Pont-du-Las le 11 novembre 2005. Il avait demandé une condamnation pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

La thèse des coups mortels

Le débat a tourné autour de cette même question devant les jurés d’Aix-en-Provence, Me François Jurain plaidant pour la requalification de l’accusation en coups mortels.

Il ne croyait pas que Pascal Poirson avait voulu la mort de Marcel Autret, pour la bonne raison qu’il avait frappé le retraité afin qu’il lui dise où se trouvait Sabrina Hamzi. L’accusé recherchait en effet depuis une semaine sa compagne, qui avait fui leur domicile en raison de ses violences. Il avait obtenu sa nouvelle adresse et était allé la rechercher dès le lendemain.

Me Jurain ne croyait pas davantage que le vol d’une montre et de deux ampoules électriques, retrouvées chez le couple, puisse constituer un mobile suffisant pour un meurtre.

Incertitudes

D’autant qu’il restait une importante zone d’ombre dans cette affaire. Car des retraits d’argent avaient été effectués les 13 et 15 novembre, avec la carte bancaire de la victime, à un guichet automatique du Pont du Las. A ce moment-là, selon les cellules activées par son téléphone portable, Pascal Poirson se trouvait bien loin de ce quartier, à Saint-Jean-du-Var.

Autre mystère non résolu, le voisin de Marcel Autret avait affirmé l’avoir vu en vie, et sans traces de coups sur le visage, le matin du 13 novembre.

L’accusé a toujours prétendu qu’il n’avait jamais donné de coups de pieds à la victime, qu’il l’avait quittée en vie, et que sans doute d’autres personnes avaient agressé le retraité après lui.

La cour l’a déclaré coupable de meurtre et l’a condamné à quinze ans de réclusion.

G. D.
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