L'accusé tente d'inverser les rôles

SAINT-QUENTIN

Devant la cour d’assises de l’Aisne, Gevy Nguema-Bemba affirme que la jeune fille, avec laquelle il a eu une relation sexuelle, près de la coulée verte, le 14 juin 2006, était dûment consentante.

« Je suis outré par cette accusation. Je la considérais comme ma confidente. Elle me faisait des avances », dit l’accusé. En quelques phrases, les rôles sont inversés. Marié, deux enfants, il dit être « dépressif depuis cette affaire ». Mais l’homme de 31 ans déjoue habilement les pièges dressés sur sa route par l’avocat de la partie civile, Me Marc Antonini.

S’il hésite une fraction de seconde pour répondre aux questions de l’avocat général, Julia Schmol, il évite tout dérapage susceptible de donner de lui une image négative.

Son avocat, Me Philippe Vignon, en profite pour mettre en avant son parcours exemplaire. Fils unique de parents Congolais et Gabonais, il est né au Gabon et est arrivé en France en 2001. En attendant sa régularisation, il avoue avoir effectué des travaux au black, aux puces, en région parisienne, en utilisant de faux papiers. « C’est ça ou on ne fait rien », dit-il. C’est alors qu’il commence à consommer du cannabis.

Il s’installe en 2003 à Gauchy et entreprend des études dans le secteur commercial, qu’il réussit brillamment. Cela lui vaut d’être actuellement téléprospecteur, sous contrat à durée indéterminée.

Des preuves ténues

Les deux officiers de police qui ont reçu la jeune fille au commissariat, la nuit des faits, sont convaincus de la crédibilité de la jeune fille. Au contraire, ils se montrent plus circonspects sur celle de Gevy Nguema-Bemba. Ils donnent l’impression de s’être méfiés de la gamme de séduction que l’accusé peut développer. « Il est intelligent », disent-ils, suggérant que l’intéressé userait de ruse.

Leurs constatations sont là pour étayer leur jugement. Des traces sur les poignets de la jeune fille, d’autres sur les genoux des pantalons des deux protagonistes ; des preuves ténues, mais têtues, qui peuvent accréditer la thèse de la duperie dont aurait été victime la partie civile, laquelle aurait suivi Gevy Nguema-Bemba, en espérant se procurer du cannabis.

Celle-ci est décrite comme une jeune fille réservée et serviable. Mais ça, c’était avant les faits. « Depuis, elle a complètement changé », a dit sa mère, jeudi, devant la cour, qui rendra son verdict ce vendredi soir.

FRANÇOISE.-J. CHÉRUY

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