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Drogue/Vietnam : 5 peines de mort

AFP
27/03/2010 | Mise à jour : 08:14 Réactions (3)
Cinq Vietnamiens, dont une femme, ont été condamnés à mort et 11 autres ont été condamnés à la prison à vie pour trafic d’héroïne au Vietnam, a indiqué samedi la presse officielle.

Treize autres accusés du même réseau, dont quatre anciens policiers et cadres judiciaires locaux, ont aussi écopé des peines allant de 22 mois de rééducation (sans détention) à 20 ans de prison ferme, a précisé le quotidien Vietnam News.

Ces personnes avaient été accusées d’avoir trafiqué entre 2004 et 2006 près de 19 kilos d’héroïne dans le nord du pays, dont Hanoï, après un procès de deux semaines qui a pris fin vendredi dans la province de Thai Nguyen.

Des anciens policiers et cadres judiciaires ont été condamnés pour réception de pot-de-vins et protection des trafiquants lors de leur procès en première instance en 2006, a ajouté Vietnam News.

Toute personne trouvée en possession de 600 grammes d’héroïne ou de 20 kilos d’opium est passible de la peine de mort, selon la loi du pays communiste.

Jugement dans le procès de trafiquants de cocaïne qui fournissaient la jet-set

Saisie de sachets de cocaïne.
Saisie de sachets de cocaïne. /VALINCO/SIPA

Les accusés ont écopé de peines de prison et d’amendes…

Entre 2007 et 2009, ils ont fourni la jet-set en cocaïne. Les 25 accusés dans cette affaire de trafic de stupéfiants ont comparu ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Versailles. Verdict: des peines allant de un mois de prison avec sursis à cinq ans ferme, et des amendes allant de 300 à 5.000 euros. Les deux principaux prévenus, qui étaient les fournisseurs, ont écopé des peines les plus lourdes.

Quelques uns de leurs clients, parmi lesquels l’ancien directeur de l’agence de mannequin Elite World (licencié depuis cette affaire), un producteur télé, un musicien ou des dirigeants d’entreprise ont défilé à la barre. Tous ont reconnu les faits, admettant avoir acheté des doses de cocaïne aux deux principaux prévenus pour un prix allant jusqu’à 80 euros le gramme.

Une quarantaine de personnes entendues

La police avait saisi de la drogue, de l’argent et des armes à Trappes, au domicile d’un des accusés, dénoncé anonymement. Une fois le réseau de ce barman démantelé, une quarantaine de personnes avait été entendue, 17 étant identifiés comme des consommateurs, selon le président du tribunal, cité par le Parisien.

Parmi les cinq personnes soupçonnées d’avoir effectué les livraisons ou en gardé la drogue à leur domicile, deux ont été condamnées à deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt et 2.000 euros d’amende. Les autres prévenus, tous consommateurs de cocaïne à l’exception d’un seul qui consommait du cannabis et qui a écopé d’une amende simple de 500 euros, ont été condamnés pour la plupart à des peines de un mois de prison avec sursis.

J. M. avec agence
Créé le 25.03.10 à 18h28
Mis à jour le 25.03.10 à 19h58  | 27 commentaires

Vers la fin d’un procès fleuve

Par Karine Sigaud-Zabulon

20 ans de réclusion criminelle requis à l’encontre du cerveau présumé d’un vaste trafic de drogue entre le Brésil et la France.

En vidéo
  • MARTINIQUE. Procès trafic de drogue
    12 ans de réclusions criminelles requis à l’encontre du cerveau présumé d’un vaste trafic de cocaïne entre le Brésil et la région parisienne

Palais de justice de Fort-de-France © FTV

Après 4 semaines et demie de procès, la vingtaine d’accusés présents à la cour d’assise spéciale connaîtra bientôt le verdict rendu par des juges professionnels. Le second avocat général de ce procès hors norme a requis 12 ans de réclusion criminelle à l’encontre du cerveau présumé de l’affaire. Une amende de 9,8 millions d’euros a été réclamée par les douanes pour l’ensemble des accusés.Les peines requises à l’encontre des différents accusés vont de 3 à 20 ans.

Ce n’est pas moi, c’est l’autre
L’homme soupçonné d’être à la tête du trafic de drogue entre le Brésil et la région parisienne conteste toute implication dans ce trafic. Il reporte la faute sur un autre accusé, absent lui des débats, tout comme de nombreux autres accusés. En tout 45 personnes sont impliquées dans ce dossier. Celles qui ne sont pas présentes à l’audience et qui n’ont pas de justification valable font l’objet d’un mandat d’arrêt international. Les plaidoiries des différents avocats doivent débuter ce jeudi.

Trafic
Le trafic porte, selon le calcul d’un des deux avocats généraux de ce procès, sur 245 kilos de cocaïne. La drogue était expédiée du Brésil, vers la région parisienne. Il arrivait que les mules transitent par la Martinique. C’est lors d’un de ces passages par la Martinique que les personnes transportant la drogue ont été arrêtées, et que le trafic a été démantelé.

PAYS-BAS: Un coffee shop condamné à une amende de 10 millions d'euros

NOUVELOBS.COM | 25.03.2010 | 13:35

Plus de 200kg de cannabis avaient été saisis dans le coffee shop, alors que la législation autorise un stock de 500g maximum.

Un coffee shop  d'Amsterdam (AFP)

Un coffee shop d’Amsterdam (AFP)

Le propriétaire du plus grand coffee shop des Pays-Bas a été condamné, jeudi 25 mars, à une amende de 10 millions d’euros par le tribunal de Middelburg pour infraction à la législation sur les stupéfiants. « Le propriétaire du Checkpoint est condamné à restituer à l’Etat une petite somme d’un montant de 10 millions d’euros provenant de l’argent gagné illégalement« , a annoncé le tribunal.
Une amende de 28 millions d’euros et une peine de 18 mois de prison avaient été requises le 5 février à l’encontre de Meddy Willemsen, 58 ans, propriétaire du coffee shop Checkpoint situé à Terneuzen, à la frontière belgo-néerlandaise. « Le rôle des autorités explique la clémence » de la condamnation, a expliqué le tribunal, selon lequel le coffee shop n’aurait jamais pu se développer comme il l’a fait, avec 2.000 à 3.000 clients par jour, sans l’aide de la commune de Terneuzen.
Plus de 200 kilos de cannabis avaient été saisis dans le coffee shop et des bâtiments voisins en 2007 et 2008 par la police alors que ce type d’établissement n’est autorisé à stocker que 500 grammes au maximum. Fermé depuis mai 2008, le Checkpoint accueillait essentiellement des clients belges et français.

(Nouvelobs.com)

Mamie trafiquante devant la Cour d’assises à Genève

JUSTICE | Elle est accusée d’avoir transporté 82 kilos de cocaïne. Un des plus gros trafic jamais évoqué à Genève.

© DR |

CATHERINE FOCAS | 08.03.2010 | 14:46

Elle a 68 ans, une journaliste à la retraite qui n’arrive pas à joindre les deux bouts. Mais elle a trouvé la solution. Une solution du moins. Celle qui la conduit aujourd’hui devant la Cour d’assises: servir de mule à un groupe de trafiquants de cocaïne africains. La mule idéale il faut dire, une gentille dame d’un certain âge. Personne ne s’est jamais méfié. Comme l’a expliqué un inspecteur: les douaniers se précipitaient pour lui porter ses bagages, pas pour les fouiller.

Fatale erreur: elle a ainsi accompli en toute impunité 17 transports avec des valises bourrées de stupéfiants: 82 kilos de cocaïne (taux de pureté moyen de 58%) depuis le Bénin, le Togo ou le Mali vers Genève. Un trafic hors normes, le plus important de ces 15 dernières années.

Cette dame et ses comparses comparaissent depuis ce matin devant la Cour d’assises. Le procès devrait s’achever mercredi.

Un important réseau de cocaïne avec des trafiquants italiens et sud-américains jugé à Marseille

AP | 25.02.2010 | 09:50

Un trafic international de cocaïne, qui met en scène une quinzaine de protagonistes, dont plusieurs figures du banditisme, deux membres présumés de la Camorra, la mafia napolitaine, et des exportateurs sud-américains, est jugé devant le tribunal correctionnel de Marseille à partir de ce jeudi.

Un vaste dispositif de sécurité a été mis en place autour et dans le palais de justice de Marseille où ce procès doit se tenir durant trois semaines.

Le chef présumé de ce trafic, Dominique Lortal, un homme de 52 ans originaire de Perpignan, longtemps propriétaire de restaurants dans le sud-ouest, vivait dans un appartement luxueux de 120 mètres carrés dans le XVIe arrondissement de Paris. Il est soupçonné d’avoir conçu, avec l’aide de son associé Guy Teboul, 66 ans, une sorte d’affairiste connu pour escroquerie, une structure fictive qui était destinée à importer la cocaïne sous couvert d’une société de transport. Ainsi avait été créée une succursale belge d’une société française tout à fait légale.

Cependant, une erreur dans la destination du produit a causé la perte des trafiquants. Un conteneur de 176 kilos de marchandise, affrété depuis le Pérou, a été intercepté le 13 janvier 2008 à Rotterdam (Pays-Bas) et l’équipe a été arrêtée.

La drogue avait pourtant été dissimulée dans des cylindres de plomb au milieu de madriers de bois et aucun scanner n’avait jusque-là permis de la déceler. La transaction aurait dû rapporter aux trafiquants la bagatelle d’un million d’euros.

La cocaïne importée était pure à 98%, ce qui, pour l’accusation, démontre que les trafiquants français étaient singulièrement proches de la source latino-américaine.

Les protagonistes étaient en contact avec deux membres de la Camorra: Giovanni Civile, alias « Pascal », 64 ans, un Italien résidant au Venezuela, et son cousin, Umberto Naviglia, 61 ans, un Napolitain assigné à résidence.

Plusieurs autres projets d’importation depuis l’Amérique latine à destination de la France sont visés par la procédure.

Les débats ont commencé jeudi par l’audition du principal mis en cause, Dominique Lortal, qui ne conteste pas sa responsabilité dans le trafic, mais répugne à donner les noms de ses complices, qui apparaissent dans les nombreuses écoutes téléphoniques versées au dossier.

La défense a tenté en vain de demander le renvoi du procès, en raison de l’absence de trois des mis en cause, mais le tribunal, présidé par Jacqueline Faglin, a estimé que le procès devait se tenir. AP

Le procès de deux policiers au centre d’un trafic de stupéfiants s’ouvre mercredi à Saintes

Une saisie de drogue, le 22 juillet 2008
Une saisie de drogue, le 22 juillet 2008 / AFP/Archives

Ils encourent jusqu’à 10 ans de prison pour trafic de stupéfiants, détournements de scellés et vols aggravés…

Presque un an jour pour jour après leur arrestation, deux policiers de la PJ d’Orléans vont comparaître aux côtés de neuf personnes pour trafic de stupéfiants devant le tribunal correctionnel de Saintes, de mercredi à vendredi.
Les deux anciens brigadiers-chefs du groupe de répression du trafic de stupéfiants de la Direction interrégionale de la police judiciaire d’Orléans ont été révoqués en mars dernier. Ils encourent jusqu’à 10 ans de prison pour trafic de stupéfiants, détournements de scellés et vols aggravés.
Ils subtilisaient les lots de drogue et les remplaçaient par du plâtre ou du chocolat
Ces deux fonctionnaires d’une quarantaine d’années sont soupçonnés d’avoir écoulé, entre 2007 et 2009, autour de 200 kg de résine de cannabis, 25 kg d’héroïne et 2 kg de cocaïne pour alimenter un réseau en Charente-Maritime.
Un réseau qui s’est constitué autour d’amitiés nouées dans le milieu de la course automobile. En 2007 et 2008, l’un des deux policiers, Olivier Nicolle, était devenu vice-champion, puis champion de France de course de côtes, en catégorie Classe N. Avec son équipier, Eric Gil, ce policier avait trouvé une source d’approvisionnement en puisant dans l’armoire à scellés de son service, remettant en circulation des stupéfiants provenant de saisies. Ils subtilisaient les lots les plus anciens, devant être détruits, et remplaçaient la drogue par du plâtre ou du chocolat.
Les policiers assuraient parfois les livraisons avec leur véhicule de service
Les gendarmes de Saintes avaient été mis sur la piste d’un trafic organisé par des policiers par une information glanée après la mort, en décembre 2007, d’un jeune dealer dans un accident de la route.
Deux mois plus tard, une information judiciaire était confiée à un juge d’instruction de Saintes. A partir d’écoutes et de filatures, les enquêteurs parvenaient à identifier les principaux protagonistes, observant notamment plusieurs échanges de stupéfiants entre un garagiste à la retraite de la région de Royan et les policiers, qui parfois assuraient les livraisons avec leur véhicule de service.
Les gendarmes avaient ensuite interpellé les différents membres de ce réseau et procédé à des perquisitions notamment dans les locaux de la PJ d’Orléans.

Perpignan. Banditisme : procès pour un deal "qui portait sur 50 kg de cocaïne"

Alain Chaffard, fiché au grand banditisme, est jugé à Marseille, ainsi que son comparse perpignanais Franck Colls, pour un trafic organisé en février 2007 entre l’Espagne, Montpellier et Marseille.

Alors qui c’est, celui que vous appelez Virenque, Bicyclette ou le banquier ? » , demande Jacqueline Faglin, la présidente du tribunal correctionnel. Dans le box, Alain Chaffard écarte les bras et soupire : « Madame ! J’ai eu toute ma vie un comportement stérile, où je me suis retranché dans des dénégations. Aujourd’hui, je vais prendre mes responsabilités. Mais Madame… vous voulez quand même pas que je file un blaze ? » .
A 49 ans, Alain Chaffard, figure du banditisme méridional, a assuré le spectacle hier à Marseille, où il comparaît comme organisateur récidiviste d’un trafic international de stupéfiants. Avec lui, une dizaine de comparses, impliqués dans cette vente de cocaïne entre l’Espagne, Montpellier et Marseille, en février 2007. Presque tous ont des surnoms : « Le Cancéreux », « Marquise », « Cage à Lapin », « Saucisse ». « Reconnaissez-vous l’association de malfaiteurs ? » . « Oui » , se marre Chaffard. « Déjà, me fréquenter, c’est un délit » .
Les policiers l’ont repéré à Empuriabrava, près de Rosas, en Catalogne, en juillet 2006, dans une luxueuse maison donnant sur la lagune, avec un ponton et un puissant hors-bord. C’est de là qu’Alain Chaffard mène ses affaires. Comme ce trafic de cocaïne qui entraînera sa chute et dont il raconte, chose rare, le processus. « Ça se passe en Espagne, où je rencontre un individu qui est en demande et recherche du produit. J’enregistre. Je me renseigne de savoir qui c’est, j’apprends que c’est quelqu’un de crédible dans le milieu qui m’intéresse. Quelques temps plus tard, je croise quelqu’un qui a du matériel, je lui dis si tu le poses là-bas, je connais des gens crédibles ». Crédible ? « Ça veut dire pour la livraison, le paiement, la sécurité. Aujourd’hui, pour trois francs six sous, on se tire dessus. Moi, je n’ai jamais volé ni trahi personne » .
« Ma commission c’était 150 000 » Un premier rendez-vous se tient peu après à Marseille avec Chaffard, Franck Colls, son copain perpignanais qu’il appelle son « chargé de mission » , Jean-Joseph Donsimoni, dit « Saucisse », et le fournisseur, le fameux « Virenque ». « Saucisse » doit stocker la drogue quelques jours, avant qu’elle ne soit revendue. « C’est comme ça que ça se passe, en phase de finalisation. Le fournisseur veut s’assurer de connaître le stockeur. Sinon, qu’est-ce qui se passe, si je me fais écraser dans la rue avant la transaction ? » , poursuit Alain Chaffard.
A la mi-février, nouveau rendez-vous, au restaurant Courtepaille de Montpellier, avec les acheteurs. Les frères Magnoli sont des Italiens vivant sur la Côte d’Azur et membres de la N’Drangheta, la mafia calabraise.
« Le deal portait sur 50 kg. La cocaïne, c’est un marché et le prix, ça dépend où on est. Là, j’achetais à 26 000 le kilo, je revendais à 29 000. Ma commission, c’était 150 000 » .
Une première vente, portant sur une quinzaine de kilos, est organisée dans un hôtel de Marseille le 15 février. Chaffard est resté chez lui et gère l’affaire à distance. Colls ramène l’argent vers l’Espagne, après l ‘avoir compté. « A peu près 200 000 » , se souvient-il. La police écoute leurs conversations téléphoniques, en chemin : « Tu vas être content, il y a plein de billets violets ! » . Le 22 février, la PJ intervient à Marseille, sur la deuxième transaction, et boucle toute l’équipe, avec 33,5 kg de cocaïne. Chaffard part en cavale. Quand il est arrêté deux mois plus tard près de Marbella, il est aux abois. « J’avais 6 000, 7 000 à moi, j’avais vendu la montre que j’avais au poignet » . « Ça devait être une belle montre ? » , note la présidente. « Oui, Madame. Une Rolex ».

François Barrère (Midi Libre)


Les Néerlandais, petits consommateurs de cannabis en Europe

Reuters

Les Néerlandais comptent parmi les moins gros consommateurs de marijuana ou de cannabis d’Europe malgré la tolérance notoire des Pays-Bas à l’égard de cette drogue, selon une étude régionale publiée jeudi.

Seuls 5,4% des adultes néerlandais prennent du cannabis, contre 6,8% en moyenne en Europe, dit le rapport annuel de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) sur la base des dernières statistiques disponibles.

Des adultes proportionnellement plus nombreux en ont consommé sur une période d’un an en Italie, en Espagne, en République tchèque et en France, indique l’agence européenne.

L’Italie, où la consommation était l’une des plus faibles il y a une décennie (moins de 10%), arrive désormais en tête à 14,6%. Les pays où le taux de consommation est le plus faible sont la Roumanie, Malte, la Grèce et la Bulgarie.

L’usage du cannabis, qui avait régulièrement progressé en Europe au cours des années 1990, s’est stabilisé par la suite et commence à donner des signes de recul sous l’effet de plusieurs campagnes nationales, notent les auteurs de l’étude.

La politique appliquée aux drogues douces aux Pays-Bas, l’une des plus libérales d’Europe, autorise la vente de marijuana dans des « coffee shops » depuis des décennies, sous réserve que la quantité possédée soit inférieure à cinq grammes.

Près du cinquième des 228 coffee-shops d’Amsterdam sont appelés à fermer parce qu’ils sont situés trop près d’établissements scolaires.

Reed Stevenson, version française Philippe Bas-Rabérin

Le plus gros coffee shop des Pays-Bas est au cœur d'un procès

LEMONDE.FR avec AFP | 03.11.09 | 15h12  •  Mis à jour le 03.11.09 | 15h12

Le plus gros coffee shop des Pays-Bas est au cœur d'un procès pour trafic de drogue qui s'est ouvert mardi 3 novembre à Middelburg.

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Le plus gros coffee shop des Pays-Bas est au cœur d’un procès pour trafic de drogue qui s’est ouvert mardi 3 novembre à Middelburg
e plus gros coffee shop des Pays-Bas, qui fournissait jusqu’à 3 000 clients belges et français par jour, est au cœur d’un procès pour trafic de drogue qui s’est ouvert mardi 3 novembre à Middelburg. Dix-sept prévenus, dont le propriétaire du « Checkpoint », situé à Terneuzen, à la frontière belge, absent mardi, sont poursuivis pour trafic de drogue et appartenance à un groupe criminel organisé.

Quelque 200 kilos de cannabis avaient été saisis par la police en 2007 et 2008 dans le coffee shop et des bâtiments voisins. La politique de tolérance néerlandaise permet aux coffee shops de stocker jusqu’à 500 grammes de cannabis et de vendre jusqu’à cinq grammes de cette drogue douce par jour et par personne. « La question est de savoir si les conditions posées par la politique de tolérance ont été violées », a déclaré la présidente, Saskia Meeuwis, à l’ouverture de l’audience.

Le « Checkpoint », qui possédait une licence municipale depuis 1995, s’était développé rapidement après son déménagement en 2006 en bordure du centre-ville. A sa fermeture en mai 2008, il accueillait jusqu’à 3 000 clients par jour, essentiellement belges et français. « Il fallait prendre un ticket numéroté pour se faire servir, comme au bureau de poste », a noté la juge Meeuwis. Selon l’accusation, l’établissement a rapporté à son propriétaire, Meddy Willemsen, 58 ans, plus de 27 millions d’euros entre 2006 et mai 2008.

Les Pays-Bas ont décriminalisé en 1976 la possession et la consommation de moins de cinq grammes de cannabis. Mais les coffee shops sont approvisionnés par des groupes criminels, qui contrôlent la culture et la vente en gros, interdites. Sur les dix-sept prévenus qui comparaissent libres dans ce dossier, dont le propriétaire, le gérant et des producteurs de cannabis, un seul s’est présenté mardi, un livreur présumé âgé de 37 ans.

Il a expliqué à l’audience avoir livré au « Checkpoint » environ deux kilos de cannabis tous les quinze jours, entre juin 2007 et mars 2008, qu’il achetait à des producteurs locaux. Les prévenus, qui encourent jusqu’à dix ans et demi de prison, sont également poursuivis pour exportation de drogue pour avoir vendu du cannabis à des étrangers qui l’ont emporté dans leur pays. Le jugement doit être prononcé le 2 décembre.

La politique de tolérance des autorités néerlandaises est remise en cause, notamment par les maires qui se plaignent des nuisances générées par les millions de touristes de la drogue qui passent la frontière chaque année. En septembre, le gouvernement avait annoncé le dépôt, avant la fin de l’année, d’un projet de loi visant à rendre plus difficile l’achat de cannabis par les touristes dans les coffee shops, qui « doivent devenir plus petits et exclusivement orientés vers le consommateur local ».

Dans les communes de Roosendaal et Bergen-op-Zoom, proches de la frontière belge, la vente de cannabis est interdite depuis le 16 septembre. D’autres villes frontalières, comme Maastricht, veulent limiter, à partir de janvier 2010, l’accès à leurs coffee shops aux seuls détenteurs d’une carte de membre, qui ne pourront plus acheter que trois grammes maximum de cannabis.