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Drogue/Vietnam : 5 peines de mort

AFP
27/03/2010 | Mise à jour : 08:14 Réactions (3)
Cinq Vietnamiens, dont une femme, ont été condamnés à mort et 11 autres ont été condamnés à la prison à vie pour trafic d’héroïne au Vietnam, a indiqué samedi la presse officielle.

Treize autres accusés du même réseau, dont quatre anciens policiers et cadres judiciaires locaux, ont aussi écopé des peines allant de 22 mois de rééducation (sans détention) à 20 ans de prison ferme, a précisé le quotidien Vietnam News.

Ces personnes avaient été accusées d’avoir trafiqué entre 2004 et 2006 près de 19 kilos d’héroïne dans le nord du pays, dont Hanoï, après un procès de deux semaines qui a pris fin vendredi dans la province de Thai Nguyen.

Des anciens policiers et cadres judiciaires ont été condamnés pour réception de pot-de-vins et protection des trafiquants lors de leur procès en première instance en 2006, a ajouté Vietnam News.

Toute personne trouvée en possession de 600 grammes d’héroïne ou de 20 kilos d’opium est passible de la peine de mort, selon la loi du pays communiste.

Nouvelle victime de la folie meurtrière de la justice texane, Hank Skinner sera assassiné dans la prison de Huntsville

23/03/2010 à 15h19
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par Arnaud Gaillard, sociologue, Coordinateur du 4e Congrès mondial contre la peine de mort – ECPM

Il sera minuit heure française mercredi, quand la justice américaine va se rendre coupable d’un nouvel assassinat. 18 heures au Texas, c’est l’instant choisi par la prison de Huntsville pour accomplir impunément un simulacre de justice. A cette heure, sa femme, une française, Sandrine Ageorges, va devenir la veuve d’un homme qu’elle n’a pas été autorisée à voir pendant deux ans, un homme dont le décès va être techniquement mis en scène, 16 années après les frais reprochés.

Au cours des longues minutes pendant lesquelles les seringues électriques vont inoculer la mort dans les veines d’un homme bien portant de 48 ans, d’autres seringues électriques, partout dans les services anti cancéreux des hôpitaux du monde, propulsent minutieusement leur chimiothérapie pour sauver des vies. A l’instant où des sauveteurs risquent leur propre existence pour ramener à la vie des femmes, des hommes, des enfants, toujours animés par l’idée majeure que le seul véritable ennemi sur cette terre, c’est la mort, la fin implacable, le deuil insupportable, des hommes de justice vont revêtir leur sombre costume de justicier fatal. Cette ironie quant au prix de la vie nous rappelle la survivance des bourreaux, au service d’une justice qui persiste à tuer pour satisfaire le désir de vengeance d’une triste majorité de « bien-pensants ».

Devons-nous nous accoutumer à cette dangereuse absurdité? Qu’on ne s’y trompe pas. Ce ne sont pas tant les proches de victimes de meurtre qui invoquent la peine capitale. Se rappelant la violence de la perte d’un être cher, ceux-là sont suffisamment sages pour reconnaitre qu’en aucun cas la mort des uns ne répare la mort des autres. Les défenseurs de la peine capitale sont davantage les esclaves de la peur, ceux qui trop facilement voient dans leurs semblables une éventuelle hypothèque de leur propre existence, ceux qui persistent à brandir, pensant être modérés, la justification d’une justice radicale pour les crimes les plus graves, tels que les viols d’enfants, les meurtres en série ou les rapts. Cet état d’esprit conduit à ne trouver de l’apaisement que dans la neutralisation irréversible de nos semblables. Une telle certitude constitue pourtant un mépris de la rationalité, comme la foi dans un illusoire pouvoir dissuasif que personne, nulle part, n’a jamais été en mesure de démontrer. L’obscurantisme persiste décidemment au 21e siècle à nourrir les conceptions les plus folles de la justice pénale.

Coupable ou innocent, pendant 16 ans, Hank Skinner va implorer les tribunaux pour que soient pris en compte les tests ADN susceptibles de le disculper. En vain, il va s’éteindre, le sang empoisonné par les trop fameuses injections chimiques de la justice texane.

Cette violence souligne toute la perversion de la politique quand il s’agit de séduire des votants à partir d’un clivage manichéen séparant les bons de ceux que des esprits trop simples qualifient de «dangereux définitifs». Cette sévérité extrême, se fonde sur un cocktail de certitudes que confère l’oubli de quelques dimensions pourtant essentielles: rien n’a jamais rendu le respect des autres obligatoire, d’une part, et la violence fait partie intégrante de notre espèce, d’autre part. C’est pour cela que se rendent coupables tous ceux qui font de la mort un outil de justice.

N’oublions jamais qu’en démocratie, le vote peut se nourrir d’intentions barbares. Se reconnaitront tous les promoteurs du sécuritaire, tous les inconséquents qui instrumentalisent la victimisation au profit de l’ordre, tous les inconscients qui brandissent la peur de façon démagogique, comme un étendard de séduction, tous ceux qui n’ont pas encore saisi que la magie du pouvoir consiste justement à décider à l’encontre des instincts vengeurs toujours stériles et parfois meurtriers.

Au Texas, les juges sont élus. Là-bas comme ici, il semble plus facile de gagner des voix en promettant une impunité et une sévérité sans égale. Là-bas comme ici, les électeurs se fédèrent autour de l’idée que «l’Autre» est un ennemi. Cette façon éculée de penser la politique, d’organiser la société, et de rendre la justice, a déjà fait onze morts cette année aux Etats-Unis. Des exécutions dont on espère comme bénéfice qu’elles permettent un jour d’éliminer le crime. Finalement, n’en déplaise à tous ces naïfs adeptes de la réparation radicale et dissuasive, en 2010, dans 58 pays, la criminalité, qu’elle soit organisée par la loi ou punie par ces mêmes juges, continue à faire des victimes. Et il faudrait être fou pour s’en rassurer.

C’est en soutien à Hank Skinner et pour lutter contre cette idée de justice meurtrière, que nous, la société civile, appelons à un rassemblement mercredi 24 à 17 heures place de la Concorde.

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Paris demande au Texas la grâce d’un condamné à mort

NOUVELOBS.COM | 24.03.2010 | 14:17

La cour d’appel du Texas a refusé d’accorder un sursis à Hank Skinner, marié à une Française, et qui réclame pour prouver son innocence des tests ADN qui lui ont toujours été refusés.

Hank Skinner  (AFP)

Hank Skinner (AFP)

La France est intervenue auprès du Texas pour demander la grâce du condamné à mort Hank Skinner, qui doit être exécuté mercredi 24 mars au Texas, et pour qu’un complément d’enquête soit autorisé comme il le demande, a annoncé le porte-parole du Quai d’Orsay.
« Le président de la République (Nicolas Sarkozy) et le ministre (des Affaires étrangères Bernard Kouchner) ont fait connaître » à son épouse française Sandrine Ageorges-Skinner « le soutien de la France », a dit Bernard Valero, lors d’un point-presse régulier.
« Notre ambassadeur à Washington est intervenu auprès du gouverneur du Texas pour demander la grâce de M. Skinner et pour que soit fait droit à sa demande d’un complément d’enquête », a précisé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Moratoire

Bernard Valero, qui répondait à une question sur une démarche de la France, dans la mesure notamment où Hank Skinner est marié à une Française, a rappelé que « des recours devant la justice sont toujours pendants ».
La Cour suprême des Etats-Unis doit en effet avoir le dernier mot dans cette affaire, tant sur le fond que sur la suspension de l’exécution.
La cour d’appel du Texas a refusé d’accorder un sursis à Hank Skinner, 47 ans, qui réclame pour prouver son innocence des tests ADN qui lui ont toujours été refusés.
« Nous sommes en relation avec son épouse, notamment par l’intermédiaire de notre consulat général à Houston qui lui assure toute son assistance », a ajouté Bernard Valero.
Il a rappelé que la France était « fortement engagée en faveur de l’abolition de la peine de mort » et que, à titre bilatéral comme européen, elle encourageait les États-Unis, au niveau fédéral comme à celui des États fédérés, à « mettre en place un moratoire sur les exécutions capitales, comme premier pas vers l’abolition de la peine de mort ».

Compagne battue, fils poignardés

Hank Skinner a été condamné à la peine capitale pour les meurtres le soir du Nouvel An 1993 de sa compagne, battue à mort, et des deux fils de celle-ci, poignardés. Il a toujours clamé son innocence, assurant qu’il était inconscient au moment des faits car il avait ingéré anxiolytiques et anti-douleurs accompagnés d’alcool.
Il a en revanche désigné un oncle de sa compagne, au passé violent, qui avait harcelé sa nièce durant la fête de réveillon où elle s’était du coup rendue seule, laissant son compagnon endormi. Cet oncle « n’a jamais été interrogé ».
Lundi, le comité des grâces texan a unanimement refusé de lui donner un délai supplémentaire, laissant la Cour suprême des Etats-Unis, saisie en février, et le gouverneur du Texas Dick Perry, peu connu pour sa mansuétude, seuls arbitres de son sort.
Cette affaire intervient alors que la Cour suprême a refusé l’année dernière d’obliger les Etats américains réticents à pratiquer des tests ADN après procès.
Dans une décision, elle assurait: « les tests ADN ne suffisent pas toujours à résoudre seuls un crime. Là où il y a suffisamment d’autres preuves à charge (…), la science seule ne peut pas prouver qu’un prisonnier est innocent ».
Dix-sept condamnés sont sortis des couloirs de la mort américains grâce aux tests ADN ces dernières années.

(Nouvelobs.com)

Vainqueur de «Tournez Manège» le jour, serial killer la nuit

Créé le 10.03.10 à 17h10
Mis à jour le 11.03.10 à 12h59  | 17 commentaires
Photomontage d'une capture d'écran représentant Rodney Alcala lors de son passage dans l'émission «Dating game» en 1978, et d'une photo prise lors de son procès à Santa Ana, en Californie, le 11 janvier 2010.
Photomontage d’une capture d’écran représentant Rodney Alcala lors de son passage dans l’émission «Dating game» en 1978, et d’une photo prise lors de son procès à Santa Ana, en Californie, le 11 janvier 2010./DR / SIPA

ETATS-UNIS – Rodney Alcala a remporté le jeu pour célibataires dans les années 70, époque à laquelle il a assassiné cinq jeunes femmes…

Les émissions de dating sont souvent glauques, mais aucune n’arrive à la cheville du Dating game (la version américaine de ce qui deviendra en France Tournez manège) du 13 septembre 1978.

Ce jour-là, Rodney Alcala, 35 ans, participe à l’émission avec deux autres candidats pour gagner un rendez-vous avec une jeune femme, Cheryl Bradshaw. Après un jeu de questions-réponses plein de sous-entendus, cette dernière choisit celui que Jim Lange, le présentateur de l’émission a simplement présenté comme un «photographe à succès», qui aime aussi «la chute libre et la moto».

«Terrifiant»

«On va bien s’amuser tous les deux, Cheryl», promet Rodney Alcala avec un sourire en coin à la candidate. Malheureusement pour lui –et heureusement pour elle- Cheryl Bradshaw refuse d’aller plus loin avec lui après l’émission, le trouvant «terrifiant». Un avis partagé par l’un des deux autres candidats, Jed Mills, qui a raconté à CNN qu’Alcala lui avait «vraiment donné la chair de poule», surtout en coulisses, où il n’était plus tout miel et tout sourires.

Ce n’est que 32 ans plus tard que Cheryl Bradshaw a dû comprendre à quel point elle avait bien fait de suivre sa première impression. Mardi dernier, Rodney Alcala, aujourd’hui âgé de 66 ans, a été condamné à la peine de mort par le tribunal de Santa Ana, en Californie, pour l’enlèvement et le meurtre de Robin Samsoe, 12 ans, et de quatre femmes vivant dans le comté de Los Angeles à la fin des années 70.

L’un des pires serial killers des USA

En 1977, un an avant sa participation à l’émission, Rodney Alcala avait déjà tué Charlotte Lamb, Georgia Wixted, et Jill Barcomb. Après l’émission, il a tué Jill Parentau, puis enlevé et assassiné Robin Samsoe, 12 ans, avant d’être arrêté le 24 juillet 1979. C’était la troisième fois qu’Alcala était condamné dans l’affaire Samsoe, les condamnations précédentes ayant été cassées pour des problèmes de procédure.

Et, à en croire les enquêteurs, il pourrait avoir tué au moins sept autres femmes, et en avoir violé de nombreuses autres. Il serait alors l’un des pires serial killers que les Etats-Unis aient connu.

Bérénice Dubuc

La peine de mort dans le monde

Source : www.abolition.fr
La géographie des exécutions capitales a-t-elle un sens ? En tout cas, touristes facilement égarés ou éméchés, ne vous laissez pas embarquer dans un guet apens dans les pays non abolitionnistes… Gare à l’erreur judiciaire à Riyyad ou à Montego Bay ! Selon Ecpm, l’Arabie saoudite tient la palme des exécutions : 102, dont 39 étrangers, pour la seule année 2008, mais le chiffre serait truqué selon Amnesty International qui les évalue à 1 700 et la Dui Hua Foundation à 6 000. Des chiffres ahurissants que les Saoudiens ne confirment ni n’infirment. Aux Etats-Unis, 37 personnes ont poireauté plus de dix sans le couloir de la mort dont 18 au Texas avant d’être exécutés. En Iran, 346 personnes ont été pendues dont 8 mineurs au moment des faits. Et au Pakistan, au moins 36 personnes. Pour la Chine, les chiffres divergent.

Comment comprendre cette géographie ? Les Etats qui tuent seraient des dictatures ? Non, pas tous. Quelle culture politique maintient la peine de mort ? Difficile de répondre mais on constatera que la majorité se situe en Asie, dans le monde arabe et une partie des Caraïbes. Le Japon, les Etats-Unis et l’Inde ont des cultures politiques démocratiques qui n’ont pas abdiqué devant les abolitionnistes. Il faut fouiller dans l’histoire culturelle de ces pays pour y trouver les racines d’un puissant argumentaire sur la peine de mort. Mais aussi tenir compte du type de délit sanctionné et, là, le trafic de drogues semble faire l’unanimité.

On va me dire : et les victimes, vous y pensez ? Oui, mais elles ne reviennent pas à la vie lorsque leur meurtrier est exécuté. J’entends encore : la peine de mort est dissuasive. Alors pourquoi les Etats-Unis ou l’Arabie Saoudite n’arrivent pas à se débarrasser des criminels en ayant exécuté tant de monde ? Pourtant, cette solution radicale séduit des pays rétentionnistes qui remettent au débat politique le retour de la peine de mort : Jamaïque, Mexique, encore les Caraïbes et l’Amérique centrale, zone dangereuse du monde où le trafic de drogues est difficile à maîtriser.

Il y a des géographies difficiles à faire et diffuser. Je me rappelle une carte de l’alcoolisme en France. Pour la palme des régions où l’on s’alcoolise, de belles taches noires couvraient la carte à l’Ouest de… On n’en dira pas plus pour ne pas stigmatiser des régions, des villes, des populations. Pour que la géographie ne fasse tout simplement pas froid dans le dos.

Gilles Fumey

Pour en savoir plus
– Congrès de Genève

SOURCE

Juge et procureur amants: un Américain gagne la révision de sa peine de mort

AFP 24.02.10 | 22h43

La justice texane a accepté mercredi qu’un jury réexamine la condamnation à mort de Charles Dean Hood mais sans mentionner que la juge qui présidait son procès en 1990 et le procureur étaient amants, une affaire qui avait fait la une de la presse américaine.

Dans une décision à la majorité, la cour d’appel de cet Etat du sud des Etats-Unis a estimé que le jury n’avait pas reçu à l’époque du procès les instructions nécessaires sur la manière dont il pouvait tenir compte des circonstances atténuantes.

Même s’il n’obtient pas une révision de sa culpabilité, il s’agit néanmoins d’une victoire pour cet homme de 40 ans qui a déjà échappé à cinq dates d’exécution.

Son affaire avait fait la une des journaux américains fin 2008, lorsque Verla Sue Holland et Thomas O’Connell, respectivement juge et procureur à son procès, avaient admis sous serment qu’ils étaient amants à l’époque.

La cour d’appel du Texas qui avait refusé en septembre 2009 d’accorder un nouveau procès pour ce motif, a accepté de le faire mercredi en se fondant sur des éléments techniques – la jurisprudence récente de la Cour suprême.

La phase de condamnation au cours de laquelle un jury peut choisir de condamner quelqu’un qui a été déclaré coupable d’assassinat à la peine de mort ou à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle sera donc réorganisée.

Parmi les circonstances atténuantes qui avaient été présentées en 1990, figurait le fait que l’accusé avait été écrasé par un camion à l’âge de trois ans, provoquant de très longues et graves blessures et entraînant un fort retard intellectuel, explique la cour d’appel dans sa décision.

Charles Dean Hood a été déclaré coupable des assassinats en 1989 de son patron et de la petite amie de ce dernier. Ses empreintes digitales avaient été retrouvées partout sur les lieux du crime et il avait été arrêté au volant de la voiture des victimes.

Le condamné a déposé un recours devant la Cour suprême appuyé sur le manque d’éthique que constitue une relation intime entre un juge et un procureur. La plus haute juridiction des Etats-Unis doit décider dans les prochains mois si elle s’en saisit, à moins que cette décision de la cour d’appel du Texas ne rende la plainte invalide.

Accusé du meurtre d'un policier blanc, Mumia Abu-Jamal risque la peine de mort


Samy Mouhoubi, le jeudi 21 janvier 2010 à 04:00

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Son sort n’est plus très loin d’être scellé. Le dossier de Mumia Abu-Jamal, l’un des plus célèbres condamnés à mort américains, fait l’objet d’un énième rebondissement judiciaire. La figure emblématique incarnant le combat contre la peine de mort outre-Atlantique, 55 ans aujourd’hui, risque de voir annuler la commutation de sa peine en prison à vie, obtenue, de haute lutte en 2008. La Cour suprême des Etats-Unis ayant enjoint, mercredi, à la cour d’appel de Pennsylvanie de statuer de nouveau. « C’est décision n’est pas une mauvaise nouvelle. Nous devons maintenant retourner plaider contre la peine capitale devant une cour d’appel », a aussitôt estimé Robert Bryan, l’avocat de celui qui croupit dans les couloirs de la mort depuis vingt-huit ans.

Mumia Abu-Jamal, un journaliste noir militant des Black Panthers, avait été condamné à la peine capitale, en 1982, pour le meurtre, un an auparavant à Philadelphie, de Daniel Faulkner, un policier blanc. Un crime qu’il a toujours nié mais pour lequel il a été définitivement reconnu coupable, en 2008, par la cour d’appel de Pennsylvanie. Laquelle avait, dans le même temps, commué sa condamnation à la peine de mort en prison à vie.

La plus haute juridiction des Etats-Unis enjoint désormais à cette même cour d’appel de réexaminer cette décision « à la lumière » d’un autre cas tranché, la semaine dernière, par les neuf sages. Cet autre dossier concernait la commutation en prison à vie de la condamnation à mort de Frank Spisak, reconnu coupable d’un triple meurtre dans l’Ohio et contre lequel la Cour suprême a confirmé la condamnation à mort. Lors de son procès, l’accusé avait multiplié les provocations. Il s’était présenté dans le box le visage barré d’une moustache façon Hitler, exprimant sa volonté de tuer des Noirs, des juifs et des homosexuels…

Jury influencé

Pour alléger la peine visant Mumia Abu-Jamal, la cour d’appel fédérale de Pennsylvanie s’était fondée, en 2008, sur un point de procédure qui avait alimenté à l’époque de lourds soupçons de déni de justice. Les juges avaient estimé que lors du procès, en 1982, les instructions données aux jurés avaient pu les influencer en leur faisant croire qu’ils devaient s’accorder à l’unanimité sur des circonstances atténuantes pouvant épargner au condamné la peine capitale. Rien de tel dans la procédure, en réalité moins restrictive.

Contestant cette interprétation, l’Etat de Pennsylvanie avait aussitôt fait appel devant la Cour suprême. Cette dernière a curieusement choisi de lier le cas de l’ex-Black Panthers à celui de Frank Spisak. Motif ? Selon elle, les mêmes instructions données au jury furent contestées dans les deux cas. Un avis que réfute le conseil de l’accusé.

Un témoin cite la mafia

Dans l’attente de voir sa peine capitale définitivement confirmée ou infirmée, Mumia Abu-Jamal végète depuis vingt-huit ans dans les sinistres couloirs de la mort, une sévère épée de Damoclès sur la tête. La Cour suprême avait en outre refusé de se saisir d’une autre requête portant, elle, sur sa culpabilité. Le détenu demandait l’organisation d’un nouveau procès, arguant qu’en 1982 la sélection du jury avait été raciste. Tandis que dix des quinze récusations avaient concerné des Noirs, le jury retenu comptait finalement dix Blancs pour seulement deux Noirs.

Pour ses partisans, sans aucun doute il a été la victime expiatoire d’un procès politique aux relents racistes. « Je vais les aider à faire frire ce Nègre », aurait glissé devant témoins le juge ayant présidé ce retentissant procès. La défense de Mumia Abu-Jamal se prévaut aussi d’un élément de taille. En 1999, un certain Arnold Beverly a avoué à la justice avoir été engagé, en 1981, par la mafia de Philadelphie en vue d’assassiner Daniel Faulkner. D’après ses confessions, le policier n’était pas loin de pouvoir confondre plusieurs figures locales du crime organisé.

Etats-Unis : condamné à mort avec le QI d'un enfant de 7 ans

LEMONDE.FR avec AFP | 20.01.10 | 22h31
La Cour suprême des Etats-Unis a confirmé, mercredi, la condamnation à mort d’un homme estimant avoir été représenté à son procès par un avocat incompétent qui n’avait pas signalé au jury que son client avait le QI d’un enfant de 7 ans.

Par sept voix contre deux, la plus haute juridiction du pays a estimé que le choix fait par l’avocat de ne pas utiliser le rapport d’expertise psychiatrique réalisé sur son client était « stratégique » et qu’il ne s’agissait pas d’une « décision déraisonnable ». La décision de la majorité a été rédigée par Sonia Sotomayor, nommée cet été par le président américain Barack Obama.

Holly Wood a été condamné en 1994 par un tribunal de l’Alabama (Sud) pour le meurtre de son ancienne petite amie. Il a été représenté lors de son procès par trois avocats commis d’office, dont l’un était sorti quelques mois avant de l’Université et n’avait aucune expérience des procès impliquant la peine de mort. Cet avocat avait pris en charge la partie du procès intervenant après le verdict de culpabilité, lorsque les jurés doivent décider s’ils recommandent la peine capitale ou la prison à vie. Les jurés avaient choisi la mort à 10 voix contre 2.

La Cour suprême a estimé, mercredi, que l’avocat avait délibérément décidé de ne pas présenter les éléments concernant la santé mentale de son client, de peur que ceux-ci ne lui portent préjudice. Le choix de l’avocat « est l’antithèse même d’un choix stratégique, j’aurais cassé la décision de la cour d’appel », a déclaré au nom de la minorité le juge John Paul Stevens, doyen de la Cour suprême. La Cour suprême a interdit en 2002 l’exécution de personnes souffrant de retard mental.

Roger McGowen, un innocent condamné à mort

NOUVELOBS.COM | 07.01.2010 | 20:48

Nouvelobs.com se joint au comité français de soutien à Roger McGowen pour dénoncer les conditions déplorables dans lesquelles ce condamné à mort croupit depuis douze ans dans sa minuscule cellule de l’unité pénitentiaire Polunsky, au Texas.

Roger McGowen, photo non datée (capture d'écran) (DR)

Roger McGowen, photo non datée (capture d’écran) (DR)

Depuis le mois de novembre 2009, le comité français de soutien à Roger McGowen publie sur son site une série de « dix instantanés » dans lesquels sont décrites les rencontres de ce condamné à mort avec deux de ses correspondants francophones.
NouvelObs.com se joint à l’initiative pour dénoncer les conditions déplorables dans lesquelles cet homme croupit depuis douze ans dans sa minuscule cellule de l’unité pénitentiaire Polunsky, au Texas. Extrait :

« Les présentations faites, il fut tout de suite dans le vif du sujet, en nous expliquant l’ambiance quotidienne dans le couloir de la mort. ‘Vous savez, me lança-t-il, il y a ici trois sortes de détenus. Les premiers, les plus nombreux, sont devenus des bêtes féroces. Ils hurlent leur haine et leur douleur à longueur de journée, jusqu’à être épuisés de fatigue’. Un peu comme si nous vivions en permanence avec des voisins de paliers qui ne cessent de se déchirer, de taper sur les meubles, sur les tables et les portes à grands coups de pieds. Pas simple tout de même !
‘Il y en a qui souffrent tellement qu’ils se mutilent, tant ils sont arrivés au bout de la raison. Comme ce détenu, il y a quelques mois, qui a mangé ses yeux pour ne plus voir le monde, dans des hurlements si déchirants. Ou bien encore celui qui s’est cisaillé le front et a ensuite tiré sur sa peau pour s’enlever le visage, comme on épluche un légume. Ils ont si mal, ils sont tellement à bout, ils hurlent depuis tant d’années que parfois leur douleur atteint le comble !
‘Il y a aussi ceux qui ont trouvé la foi, mais pour embêter tous les autres. Ils lisent à longueur de journée la bible ou des prières, parfois en criant pour se faire entendre le plus loin possible. Souvent ils attendent que les premiers s’endorment de fatigue après avoir crié toute la journée, pour prendre le relais et empêcher à leur tour de dormir tous ceux qui ont hurlé.
‘Et puis il y a ceux qui sont rentrés en eux-mêmes. Ceux qui ont compris qu’au-dehors il n’y a pas de solution. Ceux qui apprennent peu à peu une autre façon de vivre au-dedans, pour sauver leur raison. Et ce n’est pas simple dans un tel contexte d’avoir toujours une longueur d’avance sur la haine et la violence. A chaque instant nous risquons de trébucher. A chaque instant la folie au-dehors vient nous chercher pour que nous re-choisissions la paix.’
Evidemment j’étais perplexe devant de telles conditions de vie ! Mais comment fait-on pour garder un peu de paix au milieu d’un tel chaos ? Il me répondit avec douceur en appuyant sur chaque mot : ‘Au-delà de la douleur, au-delà de toute cette souffrance, on peut rencontrer de l’amour pour tous ces pauvres êtres… Alors survient le Silence ! ‘ Ils hurlent, ils crachent sur tous ceux qui passent devant leur cellule, ils jettent même leurs excréments sur les gardiens. Tout cela n’est que de la douleur, de la douleur extrême racontant des pauvres vies. Et c’est là, sans doute que le silence surgit, un tout autre silence que celui que l’on trouve à la fin du bruit, ai-je pensé presque malgré moi. Un silence qui proviendrait de… l’amour pour autrui ! »

Condamné à mort

Roger McGowen, 45 ans, a été condamné à la peine de mort en 1987 pour un meurtre qu’il nie depuis avoir commis.
Lorsqu’il est interpellé un an plus tôt, il a 22 ans et travaille comme manager dans un petit restaurant de l’un des pires ghettos de Houston, le Fifth Ward, où il habite avec sa femme et son jeune fils. Il soutient financièrement ses frères et sœurs, dont l’aîné, Charles, a depuis longtemps sombré dans la délinquance et la toxicomanie.
Sa voiture vient d’être retrouvée sur la scène d’un meurtre : deux hommes ont tenté de braquer un night club et la patronne de l’établissement a été tuée. Roger McGowen affirmera lors de son procès avoir ce soir là prêté son véhicule à son frère et son cousin, lui-même arrêté sur les lieux à l’arrivée de la police.
Mais au moment de son interpellation, voulant protéger son frère, introuvable, Roger McGowen décide de s’accuser à sa place. Selon lui, rien ne le lie à ce crime et il est convaincu que son innocence sera reconnue notamment grâce à son alibi – une série de témoins attestent qu’il se trouvait à une réunion de famille au moment du braquage – et aux descriptions faites des braqueurs par les témoins.
Lors de son procès, Roger McGowan sera défendu par un avocat commis d’office, alcoolique notoire rayé du barreau quelques années plus tard pour incompétence. Ce dernier, proche des enquêteurs, ne fera rien pour le défendre et le procès sera entaché de graves irrégularités.
Roger McGowan a passé près de dix ans à la prison d’Ellis One à Huntsville, au Texas, avant d’être transféré à la Polunsky Unit de Livington, où, depuis, il attend son exécution dans une cellule de 3m sur 2, coupé du monde et des 358 autres condamnés du couloir de la mort.
Clamant toujours son innocence, il réclame la révision de son procès dans un livre : « Messages de vie du couloir de la mort », aux éditions Jouvence. En septembre 2009, le journal Libération publie une chronique dans laquelle il raconte son quotidien de condamné à mort. « Peu importe la durée de ma vie et le voyage qu’il me reste à faire. Jusqu’au dernier instant, il me faut essayer d’être plus fort que la haine », écrit-il.

(Nouvelobs.com)

Sur Internet
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Déja deux exécutions de prisonniers aux USA en 2010

NOUVELOBS.COM | 08.01.2010 | 09:44

L’Ohio et le Texas ont procédé aux deux premières exécutions de l’année 2010. Abdullah Sharif Kaazim Mahdi et Kenneth Mosley ont été exécutés par injection létale le 7 janvier.

Une salle d'exécution au Etats-Unis (Reuters)

Une salle d’exécution au Etats-Unis (Reuters)

(c) Reuters

Deux exécutions se sont déroulées jeudi 7 janvier aux Etats-Unis, les premières de l’année 2010, dans l’Ohio (nord) et au Texas (sud), a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires de ces deux Etats.
Abdullah Sharif Kaazim Mahdi, un Noir de 37 ans, a été exécuté jeudi matin dans l’Ohio par injection mortelle pour le meurtre d’un gérant de restaurant au cours d’un braquage il y a 16 ans.
La mort a été prononcée à 10H28 (heure locale) huit minutes après le début de l’injection, a précisé Julie Walburn, porte-parole des autorités pénitentiaires.

Supporter l’injection

Converti à l’islam pendant son séjour dans le couloir de la mort, qui l’avait vu officiellement abandonner son nom de naissance, Vernon Smith, l’homme est mort en récitant des prières en arabe, selon la presse locale qui assistait à l’exécution.
Il avait été condamné à mort pour le meurtre par balle de Sohail Darwish, un Palestinien de 28 ans, père de famille et gérant d’un restaurant de Toledo (Ohio) que Vernon Smith, alors âgé de 21 ans, a attaqué en mai 1993 pour voler de l’argent.
Il s’agissait de la deuxième exécution dans l’Ohio avec une nouvelle méthode d’injection mortelle, inédite aux Etats-Unis et mise en place en décembre, moins de trois mois après que l’équipe d’exécution a dû renoncer à exécuter un détenu faute de trouver une veine capable de supporter l’injection.
Les condamnés reçoivent désormais par intraveineuse un seul produit, un puissant anesthésiant, à une dose létale.

Une bagarre

Au Texas, Kenneth Mosley, un Noir de 51 ans, a été exécuté pour le meurtre d’un policier blanc en 1997 lors d’une tentative de braquage.
Son décès a été prononcé à 0H16 (heure locale), neuf minutes après le début de l’injection létale.
Alors âgé de 39 ans, en février 1997, Kenneth Mosley est entré dans une banque de Garland au Texas pour la braquer. Revêtu d’une longue cape noire malgré la chaleur accablante, il a éveillé les soupçons et un guichetier a actionné le signal d’alarme. Un policier est arrivé et a demandé à Kenneth Mosley de le suivre. Une bagarre a suivi au cours de laquelle des coups de feu ont éclaté des deux côtés.

Etat de tous les records

Dans le feu de l’action, les deux hommes sont passés par la fenêtre. Le corps du policier a ensuite été retrouvé sans vie, touché par cinq balles, et Kenneth Mosley a été arrêté.
Huit mois plus tard, il était condamné à mort. Son comité de soutien affirme que les balles sont parties accidentellement et que l’homme souffre d’une maladie mentale liée à une exposition prolongée à des produits chimiques dangereux pendant son enfance.
Il s’agissait de la première exécution de l’année au Texas. Cet Etat, qui détient tous les records en la matière, a mis 24 hommes à mort en 2009 et 448 depuis 1976.
Une autre exécution devait avoir lieu dans la soirée en Louisiane (sud).

(Nouvelobs.com avec AFP)

Exécution d’un Britannique en Chine : le sens politique d’une tragédie

Dans la tragédie de l’exécution le 29 décembre dernier du Britannique Akmal Shaikh, – premier Occidental exécuté en Chine depuis 50 ans -, on retrouve tous les paradoxes de la peine de mort et du combat pour son abolition.

akmal-shaikh_inlineEnjeu national jusque dans les années 90, l’abolition de la peine de mort est devenue une revendication internationale dans les années 2000. Elevée au rang de violation des libertés fondamentales – et plus particulièrement du droit à la vie et à une justice équitable, la peine de mort reste aujourd’hui une question éminemment politique, plus peut-être que tout autre violation des droits humains. La peine de mort n’est pas qu’une violation des droits de l’homme. Elle doit surtout être considérée comme un acte politique, comme l’apanage des Etats qui prétendent exercer une souveraineté entendue abusivement comme la raison d’Etat : aux côtés de théocraties comme l’Iran ou le Yemen, d’Etats ayant conservé une conception vengeresse de la justice pénale comme les Etats-Unis, la Chine est la triste championne du monde de son application. Depuis que la plupart des démocraties dans le monde y ont renoncé, à l’exception principale des Etats-Unis et du Japon, sa nature politique apparaît avec une grande clarté.

La Chine applique la peine de mort en violation de normes internationales récentes (à l’échelle de l’histoire) comme le Protocole n°2 du Pacte international des droits civils et politiques de l’ONU, ratifié à ce jour par 72 Etats dans le monde, ou l’Appel à un moratoire universel des exécutions demandé par 106 Etats lors de l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2008. Le droit international est aujourd’hui clair : il enjoint les Etats à abolir la peine de mort ou à en multiplier les conditions d’application pour en rendre son exécution rarissime. La Chine ne prend pas ce chemin.

Des milliers d’exécutions ont lieu chaque année en Chine même si leur rythme devrait avoir sensiblement baissé (l’absence de transparence de la justice pénale chinoise nous oblige à employer le conditionnel) depuis qu’une réforme pénale est venue subordonner toute application d’une condamnation à mort à une révision par la Cour suprême à Pékin.

Akmal Shaikh a-t-il eu droit à un procès équitable ?  A-t-il eu un avocat ? A-t-il eu accès à un traducteur ? Au-delà de ces manquements à un procès équitable (manquements consubstantiels à la justice de tous les pays qui appliquent la peine capitale) et parmi les circonstances les plus choquantes de cette exécution, il y a le fait que, selon ses défenseurs britanniques, Akmal Shaikh souffrait d’insuffisance mentale. Certes, les Etats-Unis eux-mêmes n’ont accepté que très récemment (par une décision de la Cour suprême en 2002) de prendre en compte la déficience mentale d’un accusé comme une circonstance atténuante. En l’espèce, Akmal Shaikh a manifestement été abusé dans sa faiblesse en transportant – en toute inconscience –  4kg d’héroïne lorsqu’il fut arrêté. Rappelons que la Chine est engagée depuis des décennies dans une politique particulièrement dure, cruelle, contre le trafic de drogue : chaque année, le 26 juin, la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues est « saluée » par des dizaines d’exécutions fortement médiatisées en Chine.

Certes, la Chine n’est pas un pays aussi monolithique qu’une théocratie comme l’Iran. On peut se dire en Chine ouvertement contre la peine de mort dans son principe. Robert Badinter, père de l’abolition en France, a effectué une tournée de conférences en Chine en 2007. Nous avons même entendu des Chinois s’exprimer ouvertement contre la peine de mort : le 3ème Congrès mondial contre la peine de mort a reçu à Paris en février 2007 trois militants abolitionnistes chinois. En coulisses, certains dirigeants ou intellectuels chinois, notamment parmi les générations montantes, reconnaissent que la Chine pourrait un jour abolir la peine de mort.

Et pourtant, ce que nous dit surtout l’exécution presque sommaire d’Akmal Shaikh, c’est que la peine de mort est une signature, un acte politique. Répondant aux protestations internationales, la Chine a voulu clairement affirmer sa puissance et une autorité que nul ne saurait contester. En Chine, la vie ne compte pas lorsque les dirigeants chinois décident d’appliquer la (prétendue) raison d’Etat. La Chine est un des derniers pays au monde à revendiquer la légitimité de la peine de mort comme arme légale dans la mise en œuvre de ses politiques publiques. Elle n’est pas employée que dans la lutte contre la drogue : on a aussi vu des dirigeants de sociétés ou de provinces exécutés pour corruption économique. On ne l’a pas assez dit, mais la préparation des JO de Pékin et son cortège d’expropriations ont certainement entraîné des arrestations arbitraires et un durcissement de la justice par « souci de nettoyage » de la ville.

A l’aune de l’exécution scandaleuse d’Akmal Shaikh, – et à deux mois du 4ème Congrès mondial contre la peine de mort qui se tiendra aux Nations unies à Genève avec le soutien des autorités suisses, il est temps que les abolitionnistes du monde entier mesurent les enjeux politiques de la peine de mort et ne s’en tiennent pas qu’à un discours humaniste, certes nécessaire mais point suffisant pour éradiquer la planète de la peine capitale.

Si l’on veut lutter contre la peine de mort dans un pays comme la Chine, il faut dialoguer (toujours le dialogue) avec les Chinois. Il faut expliquer à nos amis chinois que le sens de l’histoire, c’est l’abolition (à ce jour, 133 pays ont aboli la peine de mort ou renoncé à l’appliquer depuis plus de dix ans, et plus de 50 pays l’ont abolie pour tous les crimes depuis 1990). Il faut rappeler que la peine de mort n’est jamais dissuasive, que le risque de l’erreur judiciaire devrait interdire toute exécution, que les pleurs d’une mère ou d’un proche d’un condamné sont les mêmes à Pékin, à Dallas ou à Téhéran.

Mais surtout, il faut toujours garder en tête cette perspective que seul un changement de régime ou une démocratisation poussée pourra déboucher sur une renonciation à la peine de mort. Particulièrement en Chine et dans les pays autoritaires qui continuent de croire en une justice qui tue.

Par Michel Taube co-fondateur de Toogezer, le magazine de la Terre & des Hommes, et d’Ensemble contre la peine de mort