Les cours du Jour, 22 mars 2017

Assassinat du procureur Fualdès : deux siècles de sang et d’encre

Jour pour jour. Le 19 mars 1817, le procureur de la République de Rodez est assassiné. Deux cent ans après, le mystère plane toujours sur cette affaire criminelle. La première à trouver un écho si retentissant dans la presse, notamment.

19 MARS 2017 / 17H43

Mercredi 19 mars 1817, le procureur impérial de Rodez, Antoine-Bernardin Fualdès quitte son domicile ruthénois, un dossier sous le bras. Il est aperçu tandis qu’il traverse la place de la cité.

Le lendemain, au petit matin, un meunier découvre son corps flottant dans les eaux de l’Aveyron. La gorge du procureur est tranchée. Immédiatement, le procureur est identifié. Dans les heures qui suivent, le bruit court dans les rues de Rodez. Et avec, les rumeurs les plus folles. Rapidement, l’enquête mène les policiers du côté de l’actuelle rue Séguy, à l’ombre de Notre-Dame. La maison Bancal est retournée, fouillée. Ses occupants, sondés puis arrêtés. Le père Bancal se suicidera en prison, avant même la tenue du premier procès, en août 1917. Un premier procès qui verra se succéder des centaines de témoins à la barre du tribunal de Rodez. Deux autres suivront, à Albi.

Peine capitale

À l’issue de ces procès hors norme, trois têtes tomberont. Deux autres suspects sont condamnés à la perpétuité. Pourtant, celle qui est devenue « l’affaire Fualdès » a un goût d’inachevé. Jamais elle n’aura été réellement close. Et pour cause, nul ne sait réellement « qui » a tué Fualdès. Les mille et un témoignages, les heures d’audition, les ragôts populaires et la passion qui ont entouré cette affaire criminelle n’auront suffi à éclairer les juges.

« Erreur policière », « erreur judiciaire » : voilà ce dont on retient de la première affaire criminelle médiatisée de l’Histoire.

Chauve-souris

Médiatisée, elle l’a été grâce à la plume – longtemps maudite à Rodez – du journaliste parisien Henri de Latouche. Connu comme le loup blanc dans la capitale, Henri de Latouche assume son attrait pour les affaires à scandale… et les femmes. Il est envoyé à Rodez lors du premier procès, par son éditeur, un certain Pillet. « Je connais votre talent de journaliste. Vous trouverez à Rodez, si j’en crois mes informateurs, matière à libérer vos penchants pour le mystère et l’investigation. »

Dès lors, Henri de Latouche livre l’affaire Fualdès aux lecteurs, toujours plus nombreux, au jour le jour. Comme un feuilleton dont il sera le précurseur.

Carte postale

Au fil de ses lignes, de Latouche dépeint un Rodez sordide. Des ruelles coupe-gorge. Et croit voir voler des chauves-souris autour du clocher de la cathédrale. Une carte postale à faire froid dans le dos, qui collera longtemps à la ville de Rodez.

Parce qu’il a recueilli les Mémoires de Clarisse Manzon, l’une des témoins-clé des procès, -qui s’arracheront à Paris- et qu’il lui a laissé miroiter une belle carrière à la capitale, le journaliste de Latouche a eu, lui aussi, une influence évidente dans l’affaire Fualdès.

La belle mythomane

En se rapprochant de la « belle mythomane », de Latouche flirte avec l’ambiguïté. À se demander si les multiples rebondissements dans les témoignages de la dame Manzon n’ont pas été montés de toutes pièces pour alimenter les chroniques du sténographe.

Lors du deuxième procès, le premier dans le Tarn – demandé par la défense sur un vice de force imputable aux greffiers -, la « Manzon » est au centre de l’attention. Elle y est traduite comme accusée, devant la cour d’assises, et non plus comme témoin. Une décision de la cour royale de Montpellier due à ses « éternelles variations » et ses « extravagantes exclamations ».

Son témoignage est d’abord pris très au sérieux par les juges. Leur espoir est vite douché. A coup de malaises à répétition quand la cour se montre pressante, et de rétractations, la « Manzon » donne au procès une dimension déconcertante. Sur laquelle de Latouche a surfé sans complexe ni retenue. Mais qui n’a nullement éclairé juges et jurés, plongés pour toujours, dans une sombre incertitude.

L’association Rutènes en scène renouvelle ses spectacles estivaux. Quatre représentations de « Qui a tué Fualdès ? » auront lieu les 26, 27, 28 et 29 juillet sur la place Foch à Rodez. Plus d’informations sont à venir dans les colonnes de Centre Presse dans les prochaines semaines et prochains mois, évidemment.

SOURCE

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Un procès d’assises, combien ça coûte?

Si la justice n’a pas de prix, elle a tout de même un coût. Outre la mobilisation nécessaire de magistrats et de fonctionnaires qui doivent être remplacés le temps de la session dans leurs tâches quotidiennes, les frais de justice sont ainsi répartis :
Coûts de transport et d’hébergement des témoins et experts cités à la barre.

Le ministère public établit la liste de ces derniers, les parties étant autorisées à faire citer autant de témoins et experts qu’il leur plaira (dans la limite de 5 par accusé, pris en charge financièrement par le ministère de la Justice).

Les jurés, mobilisés pour toute une session ou pour un seul procès sont indemnisés à hauteur de 15,25 € par repas et 60€ par nuit d’hôtel.

La perte de salaire est calculée sur la base d’un smic horaire de 8 heures par jour. Ce qui explique que les jurés exerçant une profession libérale ne soient pas précisément enchantés de délaisser leur commerce pour exercer leur devoir de citoyen.

Vidal, le tueur de femmes. Une biographie sociale

Information publiée le 26 février 2017 par Marc Escola

Vidal, le tueur de femmes – Une biographie sociale
Philippe Artières, Dominique Kalifa

Date de parution : 02/03/2017 Editeur : Verdier (Editions) Collection : Verdier Poche ISBN : 978-2-86432-922-0 EAN : 9782864329220 Format : Poche Présentation : Broché Nb. de pages : 365 p.

 

En décembre 1901, Henri Vidal, un hôtelier de Hyères âgé de 34 ans, agresse à coups de couteau deux prostituées, puis assassine une autre fille publique ainsi qu’une jeune Suissesse. Arrêté parce qu’il voyageait sans billet, celui que le pays surnomme très vite « le Tueur de femmes » est condamné à mort par la cour d’assises de Nice, puis gracié et envoyé au bagne de Cayenne où il meurt en 1906.

Dès ces crimes commis, l’assassin devient l’objet d’une imposante production discursive : faits divers, chroniques judiciaires, témoignages, expertises, ainsi qu’une autobiographie rédigée en prison. À partir de ces matériaux, et sans rien ajouter aux paroles des contemporains, les auteurs ont réalisé un montage qui permet de dérouler le film de cette existence, mais qui montre aussi comment une société, dans sa diversité et ses contradictions, construit la figure d’un criminel.

Publié en 2001, longtemps indisponible, ce livre singulier, dont le forme suscita l’étonnement, interroge à la fois l’écriture du passé, la nature du récit biographique, les incertitudes et la fragilité de l’histoire.

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