Torture et barbarie aux assises

Le 9 octobre 2008, Taïeb Medjehed avait été condamné à 12 ans de réclusion criminelle par les assises de l’Oise. Il a fait appel. Son procès a débuté devant la cour d’assises de la Somme.

Le 11 août 2004, Yohann B., 32 ans, pousse la porte de la gendarmerie de Noyon. Aux militaires qui le reçoivent, il explique que le 6 août 2004 il s’est retrouvé face à Taïeb Medjehed. Il connaît cet homme qui l’a hébergé en juillet 2004 dans son logement situé rue de la Cavée, à Creil.

Yohann B. suit Taïeb Medjehed jusqu’au logement de ce dernier. Une fois sur place, la rencontre qui semblait être, dans un premier temps, amicale tourne au calvaire.

Pendant 5 jours la victime va subir les pires humiliations. Yohann B. est roué de coups. On le menace de lui arracher la mâchoire avec une pince. Sous la contrainte, il doit retirer l’argent de son RMI et le remettre à ceux qui le séquestrent Pour éviter toute fuite, un chien d’attaque monte la garde dans l’appartement dans lequel il est retenu. On le force également à effectuer des réparations sur un véhicule.

Des inscriptions humiliantes dessinées sur le corps

Mais le calvaire ne s’arrête pas là. Yohann B. est conduit dans un bois où il est attaché à un arbre. Il est dévêtu et, au marqueur, des inscriptions humiliantes, des croix gammées, sont dessinées sur son corps.

Reconduit à l’appartement de Creil, la victime est contrainte de rester à genoux. Là encore, elle reçoit des coups sur tout le corps. On l’autorise à dormir à terre comme un chien mais on la réveille pour la frapper, encore.

Les complices de l’accusé, qui ont déjà été jugés dans le cadre de cette affaire mais n’ont pas fait appel de l’arrêt qui les a condamnés en première instance, déclareront aux gendarmes que le visage de la victime était tuméfié et qu’on le cachait sous un drap pendant qu’on continuait à frapper. La victime finira par échapper à ses ravisseurs en leur faisant croire qu’elle va retirer de l’argent dans un distributeur en gare de Creil et en montant dans un train.

Il accumule les échecs

C’est libre que Taïeb Medjehed a comparu jeudi matin devant la cour d’assises d’appel de la Somme. Interrogé par le président Samuel Grévin il a évoqué son enfance difficile.

L’accusé a été élevé par un père violent et une mère qui aurait eu des gestes incestueux à son encontre.

Dès son plus jeune âge, il navigue de foyer en famille d’accueil mais l’enfant est trop violent. À l’âge de la majorité il décide de voler de ses propres ailes et accumule les échecs.

Aux jurés il a expliqué jeudi qu’il avait changé. Il a parlé de son histoire, de ses difficultés à s’entendre avec la mère de son enfant, de son métier de chauffeur-livreur qu’il exerce aujourd’hui.

Et l’avocat général Pierre Avignon de se lancer : « Monsieur Medjehed, vous nous parlez de vos difficultés de vie. je vous rappelle que les faits pour lesquels vous êtes poursuivi peuvent être punis de la réclusion criminelle à perpétuité. » Il avait été condamné à 12 ans de réclusion par la cour d’assises de l’Oise. Le verdict est attendu lundi.

GEORGES CHARRIÈRES

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