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Le terroriste Carlos a fait une apparition aussi brève que remarquée mercredi au tribunal correctionnel de Paris pour une affaire insolite où il est poursuivi aux côtés de magistrats parisiens par un co-détenu procédurier à la centrale de Poissy (Yvelines).

Le terroriste Carlos a fait une apparition aussi brève que remarquée mercredi au tribunal correctionnel de Paris pour une affaire insolite où il est poursuivi aux côtés de magistrats parisiens par un co-détenu procédurier à la centrale de Poissy (Yvelines).

AFP – Le terroriste Carlos a fait une apparition aussi brève que remarquée mercredi au tribunal correctionnel de Paris pour une affaire insolite où il est poursuivi aux côtés de magistrats parisiens par un co-détenu procédurier à la centrale de Poissy (Yvelines).

« Complice, mais de quoi? Ca me dépasse », a déclaré devant les magistrats de la 12e chambre Ilitch Ramirez Sanchez, dit Carlos, 60 ans.

Le plaignant, un procédurier habitué des prétoires qui, depuis qu’il est incarcéré, a fait du code pénal son livre de chevet, a également mis en cause deux anciens magistrats de la 17e chambre.

« Moi aussi, j’ai été magistrat », a relevé Carlos, veste en cuir et écharpe. « Dans les tribunaux révolutionnaires. Moi, j’ai fait fusiller plein de gens. »

Le Vénézuelien a été renvoyé à l’automne 2008 devant la cour d’assises spéciale de Paris pour une série d’attentats commis en France en 1982 et 1983. Le procès de cet homme qui a symbolisé le terrorisme des années 1970-1980 devrait se tenir fin 2010, début 2011.

Il a déjà été condamné en 1997 à perpétuité pour le meurtre en 1975 de deux policiers de la DST (contre espionnage) et d’un indicateur à Paris.

Ecroué à Poissy, Carlos est cette fois poursuivi pour « prise de mesure suivie d’effet contre l’exécution de la loi », un délit extrêmement flou que le tribunal peinait lui-même à expliquer mercredi.

Le fond du dossier n’a d’ailleurs pas été abordé un seul instant, le président de la 12e chambre, Serge Portelli, ayant décidé de renvoyer le dossier. Et pour cause, il est lui-même juge et partie, car dans une autre affaire, c’est lui qui est poursuivi par le même plaignant.

L’air bonhomme, Carlos a soudain déclaré d’un fort accent espagnol avoir été appelé « comme témoin sur la paternité de Mme Rachida Dati ». Serge Portelli sourit et renvoie l’affaire au 4 mai.

– « Je dois revenir? », demande alors le prévenu.

– Le président: « oui ».

– Carlos: « Alors merci et bonne journée à tous! »

L’audience aura duré en tout et pour tout moins de cinq minutes.

AP

François Girard, dit « le blond », commanditaire de l’assassinat du juge Michel en 1981, a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Marseille à deux ans de prison ferme supplémentaires pour ne pas avoir respecté une interdiction de séjour dans les Bouches-du-Rhône qui lui avait été notifiée en 1989.

François Girard, 61 ans, avait bénéficié en 2005 d’une suspension médicale de sa condamnation à une peine de réclusion criminelle à perpétuité qui avait été prononcée contre lui en juillet 1988 pour sa participation à l’assassinat du juge d’instruction marseillais Pierre Michel le 21 octobre 1981.

Arrêté cet été pour « association de malfaiteurs » dans le cadre de la préparation présumée d’un trafic international de drogue, François Girard s’était vu notifier son interdiction de séjour à plusieurs reprises dans les Bouches-du-Rhône en février, juin et août 2009.

A l’audience le 6 octobre dernier, le prévenu avait soutenu qu’il n’était pas au courant de cette disposition. AP

NOUVELOBS.COM | 16.10.2009 | 11:28

Cela fait aujourd’hui 25 ans que le petit Grégory a été assassiné. Un quart de siècle après, la justice ne tient toujours pas le coupable. L’expertise des scellés est attendue pour fin novembre.

Grégory Villemin

Grégory Villemin (sipa)

Vendredi 16 octobre, cela fait 25 ans jour pour jour que le petit Grégory a été assassiné. 25 ans d’un feuilleton judiciaire douloureux, qui n’a toujours pas trouvé de dénouement.

Le rapport d’expertise des scellés « toujours attendu »

Le rapport d’expertise des scellés « est toujours attendu » par le président de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon Jean-François Pontonnier, a-t-on appris de source judiciaire.
« Nous attendons toujours la remise du rapport d’expertise au président de la chambre de l’instruction » de la cour d’appel de Dijon, et « à ce jour, nous n’avons pas de date précise », a déclaré à l’AFP une porte-parole de cette juridiction.
Dans son édition de vendredi, le quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France, citant le procureur général de la cour d’appel de Dijon, Jean-Marie Beney, injoignable vendredi matin, indique que ce rapport « est espéré à la toute fin du mois » d’octobre.
La chambre de l’instruction avait désigné le 5 mai dernier le laboratoire lyonnais Biomnis (ex-Mérieux) pour expertiser les scellés du petit Grégory, et en « extraire les éventuelles empreintes génétiques« .
Le président Pontonnier avait alors demandé au laboratoire « un rapport préliminaire dès que possible », précisant que les résultats de l’expertise ne seront pas attendus avant « au moins deux mois ».

Retour sur un feuilleton judiciaire

Le petit Grégory a été découvert mort le 16 octobre 1984 pieds et poings liés dans la Vologne, une rivière des Vosges. Le lendemain du meurtre, les parents ont reçu une lettre anonyme: « Ton fils est mort. Je me suis vengé ».
Le cousin du père de Grégory, Jean-Marie Villemin, est rapidement accusé, puis innocenté et remis en liberté. Villemin le tue quelques jours plus tard d’un coup de fusil, persuadé de tenir le meurtrier de son fils.
C’est ensuite la mère de Grégory qui est accusée et écrouée, mais elle bénéficie six ans plus tard d’un non-lieu.
En 2000, l’enquête est rouverte pour recherche d’ADN sur une lettre du « corbeau », mais les experts déclarent l’ADN inexploitable. Le dossier est clos en 2001, et en 2004, l’Etat est condamné à verser 35.000 euros à chacun des parents de Grégory pour dysfonctionnement de la justice.
En décembre 2008, la cour d’appel de Dijon ordonne la réouverture de l’enquête à la demande des époux Villemin, renouant ainsi avec une des plus grandes énigmes criminelles qui a tenu la justice en haleine pendant un quart de siècle.

(Nouvelobs.com avec AFP)

Bernard Tapie a finalement acheté un peu plus de 1 % du capital de Club Med.

Reuters/CHARLES PLATIAU

Bernard Tapie a finalement acheté un peu plus de 1 % du capital de Club Med.

Le procès de Bernard Tapie, poursuivi pour banqueroute devant le tribunal correctionnel de Paris, a été renvoyé mercredi au 11 février 2010, a-t-on appris de source judiciaire.

Initialement, le procès devait se tenir de mercredi à vendredi, mais les magistrats de la 11e chambre ont renvoyé l’audience dans l’attente d’une décision du tribunal de commerce qui pourrait influer sur le litige.

Dans ce dernier dossier pénal, on reproche à l’homme d’affaires et ancien ministre de la ville (1992-93) d’avoir continué à renflouer deux sociétés en nom collectif, Groupe Bernard Tapie (GBT) et Financière immobilière Bernard Tapie (FIBT), par l’emprunt, alors que ces deux sociétés se trouvaient en état de cessation de paiements et sans grande chance de redressement rapide.

La FIBT coiffait les actifs personnels de l’homme d’affaires et la holding GBT détenait son patrimoine financier et industriel. Mais le 6 mai, le tribunal de commerce de Paris a autorisé la « mise en révision » des jugements de liquidation judiciaire des deux sociétés.

Or, tant que ces révisions ne seront pas effectives, M. Tapie ne pourra être jugé au pénal. In fine, elles pourraient en effet empêcher la comparution de M. Tapie pour banqueroute.


Bastien Bonnefous, le samedi 10 octobre 2009 à 04:00

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Dimanche 16 juin 2007, Youssef Zouini tente de se pendre aux barreaux de sa cellule de la maison d’arrêt de Nantes. Quelques heures plus tôt, il a été condamné à dix ans de prison pour un braquage commis en 2004. Braquage qu’il niait. « A Nantes, quand j’attendais le verdict, j’étais dans la geôle n°10 du palais de justice. J’ai pris dix ans. Ce chiffre dix, je ne le supporte plus. Il me rappelle toute l’injustice dont j’ai été victime », raconte aujourd’hui ce jeune homme de 26 ans, bien vivant.

Youssef Zouini a raté son suicide, mais sa rage est toujours intacte. Le 14 mai 2009, la cour d’assises d’appel de Rennes l’a définitivement acquitté après quatre ans de bataille judiciaire et deux ans de prison. Victime d’une erreur judiciaire reconnue par l’avocat général lors du procès, ce garçon au visage taillé à la serpe a toujours « la haine ». « J’ai les nerfs, ça ne passe pas. J’ai connu le trou, l’angoisse des procès. Pendant quatre ans, je n’ai pas pu faire ma vie ! » s’énerve-t-il, la colère froide au bord des larmes. Il va déposer avant la fin du mois une requête en indemnisation par l’Etat, mais surtout il souhaite que la Chancellerie saisisse le Conseil supérieur de la magistrature. Dans son collimateur, le juge qui a instruit son affaire et les services du procureur de la République de Nantes. « J’ai payé très cher pour quelque chose que je n’ai pas fait. Pourquoi, eux, ils ne paieraient pas pour leurs erreurs ? »

« Une faiblesse dans l’instruction » selon l’avocat général

Le 4 avril 2005, Youssef Zouini est arrêté chez ses parents à Nantes. Pour les policiers, ce petit lascar de la cité Malakoff a tout d’un véritable caïd. Ils le soupçonnent d’être l’un des auteurs du braquage d’un Super U le 1er novembre 2004. Dix-sept employés du supermarché y avaient été séquestrés par trois hommes armés et encagoulés qui avaient raflé 45.000 euros. Pour minimiser son propre rôle, un des braqueurs accuse Zouini d’être le cerveau du casse.

Deux mois plus tard, en juin 2005, l’instruction examine les téléphones portables du groupe. Sur quatre suspects arrêtés, trois ont leur mobile éteint au moment du casse. Un seul appareil – celui de Zouini – est allumé, et en communication pendant plus d’une heure, à six kilomètres des lieux du hold-up. Il faudra attendre le procès en appel, quatre ans plus tard, pour que cet appel soit vérifié, et atteste que Zouini était au téléphone avec sa petite amie de l’époque.

Laissé libre au début de l’instruction, Zouini est incarcéré en juin 2006 à la maison d’arrêt d’Angers, après avoir violé son contrôle judiciaire et fui chez des proches au Maroc (1). Depuis sa cellule, le jeune homme envoie plus de 400 courriers au magistrat instructeur, au procureur de la République, au garde des Sceaux, au président de la République… En vain. Son procès, un an plus tard devant la cour d’assises de Nantes, se passe mal. « A l’audience, on a fantasmé sur moi. J’étais le génie de la bande, j’avais tout organisé, j’avais même trompé les experts psychologues. Les jurés m’ont regardé dès le départ comme un coupable. » Et l’ont condamné à l’arrivée à dix ans.

Mai 2009, second round en appel devant les assises de Rennes. Autre cour, autre ambiance. « On a redécouvert le dossier, on m’a enfin écouté. » Son nouvel avocat, Me Yvan Trebern, ténor du barreau nantais, a enfin obtenu le supplément d’information décisif sur la téléphonie. L’évidence s’impose. L’avocat général, Philippe Petitprez, requiert l’acquittement pour Youssef Zouini. « Il y a eu une faiblesse dans le dossier d’instruction qui a été réparée avec ce verdict », assène le magistrat.

« Le théâtre canalise ma haine »

Depuis, Zouini repart de zéro. Oublié le BEP commerce qu’il préparait à Nantes avant son arrestation. Désormais, il fait du théâtre à Paris. « J’ai participé à un atelier en prison, ça a canalisé ma haine », confie-t-il. Elève au cours Florent depuis la rentrée, il est persuadé qu’« il est plus difficile de prouver son innocence que son talent de comédien ». C’est sa mère, femme de ménage, qui l’aide à payer ses études. « Depuis mon acquittement, je suis tout seul, je n’ai droit à aucune aide, surtout, je n’ai reçu aucune excuse de l’institution judiciaire. » Le jeune homme rêve de raconter dans un livre son histoire d’« un coupable idéal » afin qu’elle ne se reproduise pas. En attendant, il répète pour ses cours un monologue de Tête d’or, de Paul Claudel. Tête d’or peut-être. Tête dure sûrement.

(1) Dans le cadre de cette affaire, Youssef Zouini est renvoyé en décembre devant le tribunal correctionnel de Nantes pour « violences sur conjoint ». Au Maroc, il est accusé d’avoir giflé son amie, partie avec lui, lors d’une dispute.


Aidé par le président de la commission Outreau

Dans son combat contre l’institution judiciaire, Youssef Zouini est soutenu par le député socialiste de l’Isère André Vallini. L’ancien président de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau, qui l’a rencontré en septembre, se dit « révulsé et bouleversé » par son histoire (1). « Le juge d’instruction a commis, me semble-t-il, des manquements très graves dans ce dossier.

Cela me rappelle Outreau et l’autisme d’un juge qui est dans une logique et ne veut pas en dévier », considère cet avocat de profession. De son côté, le ministère de la Justice se montre prudent. « M. Zouini a été reçu par un conseiller du garde des Sceaux, mais la saisine du Conseil supérieur de la magistrature n’est pas à l’ordre du jour. Ce n’est pas parce que l’on est acquitté que cela révèle automatiquement la faute d’un ou de plusieurs magistrats durant l’instruction », indique-t-on à la Chancellerie. Contacté par France-Soir, le magistrat instructeur de l’affaire ne veut « plus en parler ». L’homme tient néanmoins à rappeler que « si Youssef Zouini a fait deux ans de détention provisoire, c’est parce qu’il n’a pas respecté son contrôle judiciaire », et non en raison d’un « soi-disant acharnement judiciaire à son encontre ».

(1) Le parcours de Youssef Zouini sera évoqué mardi à 20 h 35 sur France 2 dans l’émission de Béatrice Schönberg, Prise directe, consacrée à la justice.

Edition France Soir du samedi 10 octobre 2009 page 8

INFO JUDICIAIRE SELECTIONNEE POUR VOUS PAR INTIME CONVICTION

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Crédit Photo : TF1/LCI

Image d’archives

Marc Machin condamné pour l’agression d’un surveillant

  • En détention provisoire pour trois agressions sexuelles présumées, Marc Machin a été condamné vendredi soir à cinq mois de prison dont trois avec sursis.

– le 18/09/2009 – 20h33
Mis à jour le 18/09/2009 – 20h40

Marc Machin, en détention provisoire pour trois agressions sexuelles présumées, a été condamné vendredi soir par le tribunal correctionnel de Paris à cinq mois de prison dont trois avec sursis, après des  « violences » sur un surveillant de prison. Quelques dizaines de minutes plus tôt, le parquet avait requis pour ces  faits un an de prison ferme.

Le 5 septembre, lors du contrôle hebdomadaire des barreaux de la cellule,  Marc Machin avait frappé un surveillant puis tenté de l’étrangler, avant d’être  maîtrisé. Devant les magistrats de la 23e chambre, le prisonnier, cheveux courts et  sweat-shirt blanc, a assuré vendredi que lors de cette visite, le surveillant était monté sur son lit avec ses rangers. « J’ai eu une mauvaise réaction. J’ai  été agressif » et « ça a dégénéré », « j’aurais dû avoir une attitude plus zen », a-t-il expliqué, en multipliant les formules de politesse à l’égard du  tribunal.

« Je reconnais les insultes, je reconnais l’étranglement, mais la moindre des  choses, c’est de respecter l’intimité de là où on dort », a-t-il dit, tout en  impulsivité, avant de faire amende honorable. Mais « pourquoi cette violence? », lui a demandé le tribunal. « On m’a volé  sept années de ma liberté », s’est exclamé le jeune homme, avant d’assurer : « Je  suis un bon garçon. Si je fais une connerie, je paie ». Le surveillant, qui ne s’est vu prescrire aucune incapacité totale de  travail, a affirmé ne jamais être monté sur le matelas avec ses chaussures.

Les aveux d’un autre

Marc Machin, qui a passé près de sept ans en prison pour un meurtre avant d’être libéré après les aveux d’un autre homme, avait été à nouveau arrêté le 15  juin non loin de son domicile du XVIIIe arrondissement de Paris. Deux jours plus tard, il avait été mis en examen et écroué, soupçonné  d’avoir agressé sexuellement et commis des violences le 5 juin à l’encontre  d’une femme d’une trentaine d’années après l’avoir suivie jusque dans le hall de  son immeuble du XXe. Il a également été mis en examen le 3 juillet pour l’agression présumée de  deux adolescentes le 13 juin dans le XVIIIe.

Marc Machin avait été condamné en 2005 à 18 ans de réclusion pour le meurtre  de Marie-Agnès Bedot en 2001 au Pont de Neuilly (Hauts-de-Seine). La commission  de révision avait décidé de suspendre sa peine en octobre 2008 et de le libérer  après les aveux d’un autre homme. Il revient désormais à la Cour de révision, seule habilitée à annuler une  sanction pénale, d’examiner le dossier. Elle devrait rendre sa décision d’ici à  plusieurs mois.

(D’après agence


le jeudi 10 septembre 2009 à 04:00

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Une double belle et un monceau de questions, pour l’instant, sans réponse. L’évasion de Jean-Pierre Treiber, mardi 8 septembre, au matin, de la maison d’arrêt d’Auxerre, ainsi que celle de Mohamed Amrani, évanoui comme par enchantement du centre de détention de Joux-la-Ville, jettent de nouveau une lumière crue sur les conditions de détention et les dispositifs de sécurité prévus pour garantir des murs, par principe, infranchissables. Le premier, 45 ans, qui demeurait dans l’attente de son procès prévue au printemps 2010 pour le double meurtre présumé de Géraldine Giraud et de Katia Lherbier, a réussi à prendre la tangente en se dissimulant dans un camion de marchandise. Tandis que le second fugitif, 39 ans, qui avait écopé d’une peine de 18 ans ferme pour un braquage avec tentative de meurtre, s’est fait la belle en prenant place, lui aussi, dans un carton.

La Chancellerie a diligenté, dès mardi soir, aussitôt cette double évasion éventée, une enquête administrative de l’Inspection générale des services pénitentiaires (IGSP) pour interroger les personnels et tenter de mieux cerner les contours de cette double belle rocambolesque, intervenue presque à la même heure et aux conditions quasi similaires. « Elle devra apporter toutes les réponses aux questions posées par ces évasions afin que ça ne se reproduise plus », a prudemment observé, mercredi, la Chancellerie. La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a, quant à elle, indiqué qu’un vaste déploiement policier a été déployé pour appréhender les deux dangereux fuyards. « On met tous les moyens pour les retrouver », a insisté Michèle Alliot-Marie à la sortie du Conseil des ministres qui a « déjà demandé qu’il puisse y avoir une instruction » afin qu’on lui « donne les premières analyses ».

Responsable des ateliers

Sitôt la surprise passée, les syndicats de gardiens s’interrogent sur cette double évasion. Fâcheuse coïncidence ? Manque chronique de personnel ? Laxisme au sein des établissements ? Les professionnels avancent des bribes d’explications en ordre dispersé. D’après eux, Jean-Pierre Treiber, écroué dans au moins deux établissements depuis le 25 novembre 2004, date de son placement en détention provisoire, avait acquis la confiance de la direction de l’établissement au point d’être désigné responsable des ateliers. Il était en outre placé sous l’autorité d’un surveillant mais avait été bombardé « responsable des ateliers » parmi les détenus bénéficiant d’un travail. Dans un communiqué rageur, FO-Pénitentiaire se demande, aujourd’hui, comment le prévenu en instance de jugement a pu voir confier un tel poste alors qu’« il se trouvait isolé à Fresnes » (Val-de-Marne), la précédente maison d’arrêt où il avait été incarcéré.

Selon Céline Verzeletti, membre de la CGT pénitentiaire, ces détenus « responsables » bénéficient, en général, de « plus de liberté de mouvement ». En clair, « ils se chargent d’accueillir les livraisons, d’organiser et de récupérer le travail dans les cellules ». La maison d’arrêt d’Auxerre – 182 prisonniers pour 132 places – d’où s’est enfui Jean-Pierre Treiber héberge un « petit atelier » pouvant accueillir des dizaines de détenus. En tant que responsable, ce dernier, « était à un poste où il a pu observer comment fonctionnait la surveillance. Il est parti et personne ne l’a vu, il y a forcément une faille que l’administration devra trouver pour en tirer les conséquences en terme d’effectifs », observe Céline Verzeletti.

Plus nuancé, Claude Tournel, le secrétaire général adjoint de l’Ufap-Unsa, évoque « un concours de circonstances » qui ne doit pas faire « croire que les prisons françaises sont des passoires. ». Selon lui, Jean-Pierre Treiber a bénéficié d’un contexte favorable lui ayant permis de se soustraire à l’obligation pour les prisonniers de déjeuner le midi en cellule. Une absence qui aurait dû alerter les surveillants, dès la mi-journée, or ladite consigne « n’est plus respectée par l’Administration » avance, anonyme, un responsable régional de l’Ufap. Autre circonstance favorable d’après Claude Tournel : le surveillant affecté à l’atelier dont le détenu Treiber avait la charge « était complètement débordé » car il participait, ce jour-là, à une commission d’application des peines (CAP) statuant sur le cas d’autres détenus.

« Pas étonnés »

Autre son de cloche : Christophe Marquès, membre de FO-Pénitentiaire, met en cause les conditions de sécurité dans les ateliers qu’il décrit comme des « zones sensibles ». Et le responsable de fustiger : « Cela fait des années qu’on dit qu’il faut être très vigilant. On n’y met qu’un agent, qui doit gérer à la fois la population pénale, les livraisons, le chargement et le déchargement des camions. » Tandis que l’UFAP relève, qu’à la différence de « Fresnes, Fleury ou d’autres grands établissements », les détenus ne sont pas escortés pour s’y rendre. « Nous ne sommes pas très étonnés par l’évasion d’Auxerre car nous avons dénoncé à de nombreuses reprises les conditions dans lesquelles le personnel exerce sur ce site », se justifie à France-Soir Thomas Jacquot, le secrétaire régional adjoint de l’UFAP. Pour le gardien de prison, plusieurs raisons peuvent expliquer la belle du présumé assassin de Géraldine Giraud et de Katia Lherbier.

« L’ancienneté et la vétusté de la prison d’Auxerre expliquent, pour partie, ce qui vient d’arriver. Treiber, classé aux ateliers, a pu tranquillement analyser les failles du système pour bien préparer son évasion », déplore-t-il. Thomas Jacquot résume sans ambages le sentiment qui domine chez ses collègues d’Auxerre et de Joux-la-Ville. « Comme d’habitude, on attend toujours le pire pour prendre des mesures. La ministre pourra se rendre compte d’elle-même de ce que nous dénonçons depuis belle lurette… » En 2008, quelque 22.000 détenus, soit 38 % du total, travaillaient en prison, selon l’Administration pénitentiaire (AP), dont près de la moitié pour le compte d’entreprises ayant installé un atelier dans l’établissement.

Avec son avocat comme face aux magistrats, Azedine M. n’est pas du genre loquace. Il est pourtant demandeur. Hier, l’homme sollicitait des magistrats une mise en liberté en attendant d’être jugé pour un périple ayant laissé sa victime dans une profonde terreur.

Rien de plus anodin que de se retrouver chez soi un 14 juillet. Rien de plus perturbant, alors que l’on est à la maison – un 14 juillet – que de se retrouver nez à nez avec un homme en slip et au corps couvert de boue. Les mésaventures d’un habitant de La Chapelle-d’Armentières ne font que débuter, connaissant un crescendo jusqu’au calvaire.

Dans la maison, l’intrus découvre un taille-haie et une fourche. Il s’en servira pour intimider son hôte. Ce dernier n’aura d’ailleurs pas d’autre choix que d’accompagner son « visiteur ». Direction l’extérieur. Là, la fourche dans le dos, le séquestré doit plonger dans la malle de son propre véhicule. Et l’homme presque nu de se précipiter au volant. Sur la route, conscient que des parties du corps de son passager dépassent par la plage arrière, le chauffeur le fera passer à l’avant.

Le périple durera près de quarante-cinq minutes. Il s’achevera… à La Chapelle-d’Armentières, face au domicile de la victime. Après avoir abandonné cette dernière et son véhicule, l’inconnu se lance dans une errance à travers champs avant d’être rapidement intercepté.

Hier, Azedine M. souhaitait être mis en liberté afin, disait-il, de « se rattraper ». « Tout est bloqué, renchérit le prévenu sans plus de précision. Il faut me faire sortir pour que je débloque tout ça. » Plus explicite, le procureur Couderc souhaitera, lui, le maintien en détention, notamment parce qu’aucune expertise psychiatrique n’a encore eu lieu.

Défendu par Nicolas Brazy, qui avait déjà réussi à le faire libérer début 2008 dans un autre dossier, Azedine M. doit bientôt comparaître devant une cour d’assises pour violences sur enfant. L’an dernier, malgré un contrôle judiciaire « très serré », l’homme est parti dans le sud de la France où il a fini incarcéré. Autant dire que la décision prononcée en fin d’après-midi par le président Jean-Marc Defossez n’a surpris personne : maintien en détention. •

L. B.

La Voix du Nord

Le parquet de Nancy mène une nouvelle instruction judiciaire contre X afin de procéder à des analyses ADN, impossibles à l’époque des faits.


Photo Archives
NANCY.- On pensait que l’épilogue du feuilleton judiciaire qui avait duré vingt ans s’était joué à la cour d’assises de Moselle en octobre 2008 quand les jurés ont prononcé l’acquittement de Jacques Maire. Accusé du meurtre d’Odile Busset en 1983 et de Nelly Haderer en janvier 1987, Jacques Maire a toujours clamé son innocence depuis sa mise en examen en 1997 et tout au long des trois procès d’assises en 2004 à Nancy et en 2006 à Épinal. L’absence de preuves matérielles et la fragilité des témoignages avaient fini par semer le doute. Et le doute avait profité à l’accusé.

Rebondissement


L’affaire Jacques Maire pourrait connaître un nouveau rebondissement. Ou bien être définitivement close. Le parquet de Nancy a en effet ouvert fin juillet une information judiciaire contre X afin de procéder à de nouvelles analyses sur une série de pièces à conviction, notamment des vêtements et des effets personnels ayant appartenu à Nelly Haderer. La nouvelle instruction fait suite à la demande formulée fin avril par la famille de la victime.
« C’est le dernier espoir pour les proches de Nelly Haderer de connaître la vérité », explique Me André Pierre-Babel. « Tous ces objets retrouvés près de la victime ont déjà été expertisés. Mais ces expertises ne pouvaient être probantes car les traces d’ADN n’étaient pas conséquentes. Or, avec les dernières évolutions des techniques scientifiques, il est désormais possible d’analyser des microphases d’ADN ».

Un couteau


Le meurtre de Nelly Haderer s’était soldé une première fois par un non-lieu en 1994 avant d’être rouvert en 1997 sur la base de nouveaux témoignages accablant Jacques Maire après la diffusion de l’émission de télévision « Témoin n°1 ».
Le corps de Nelly Haderer avait été découvert dans une décharge à Rosières-aux-Salines le 31 janvier 1987, dénudée et affreusement mutilée. Cette jeune mère de famille de 22 ans, ans avait reçu deux balles. Et son meurtrier s’était acharné sur son cadavre. Un couteau avait été découvert à proximité. L’avocat spinalien fonde beaucoup d’espoir sur cet objet : « Le couteau portait des traces de sang de la victime et celles d’un inconnu ».
L’affaire Gregory avait également été rouverte pour les mêmes raisons fin décembre 2008. Les résultats de cette expertise sur une cordelette et des timbres sont, eux, attendus début septembre.

Saïd LABIDI