Articles

Treiber – Les syndicats de surveillants fustigent “vétusté” et “manque de personnels”


le jeudi 10 septembre 2009 à 04:00

7abbe2b4c494943f52e81de799e3bb72

Une double belle et un monceau de questions, pour l’instant, sans réponse. L’évasion de Jean-Pierre Treiber, mardi 8 septembre, au matin, de la maison d’arrêt d’Auxerre, ainsi que celle de Mohamed Amrani, évanoui comme par enchantement du centre de détention de Joux-la-Ville, jettent de nouveau une lumière crue sur les conditions de détention et les dispositifs de sécurité prévus pour garantir des murs, par principe, infranchissables. Le premier, 45 ans, qui demeurait dans l’attente de son procès prévue au printemps 2010 pour le double meurtre présumé de Géraldine Giraud et de Katia Lherbier, a réussi à prendre la tangente en se dissimulant dans un camion de marchandise. Tandis que le second fugitif, 39 ans, qui avait écopé d’une peine de 18 ans ferme pour un braquage avec tentative de meurtre, s’est fait la belle en prenant place, lui aussi, dans un carton.

La Chancellerie a diligenté, dès mardi soir, aussitôt cette double évasion éventée, une enquête administrative de l’Inspection générale des services pénitentiaires (IGSP) pour interroger les personnels et tenter de mieux cerner les contours de cette double belle rocambolesque, intervenue presque à la même heure et aux conditions quasi similaires. « Elle devra apporter toutes les réponses aux questions posées par ces évasions afin que ça ne se reproduise plus », a prudemment observé, mercredi, la Chancellerie. La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a, quant à elle, indiqué qu’un vaste déploiement policier a été déployé pour appréhender les deux dangereux fuyards. « On met tous les moyens pour les retrouver », a insisté Michèle Alliot-Marie à la sortie du Conseil des ministres qui a « déjà demandé qu’il puisse y avoir une instruction » afin qu’on lui « donne les premières analyses ».

Responsable des ateliers

Sitôt la surprise passée, les syndicats de gardiens s’interrogent sur cette double évasion. Fâcheuse coïncidence ? Manque chronique de personnel ? Laxisme au sein des établissements ? Les professionnels avancent des bribes d’explications en ordre dispersé. D’après eux, Jean-Pierre Treiber, écroué dans au moins deux établissements depuis le 25 novembre 2004, date de son placement en détention provisoire, avait acquis la confiance de la direction de l’établissement au point d’être désigné responsable des ateliers. Il était en outre placé sous l’autorité d’un surveillant mais avait été bombardé « responsable des ateliers » parmi les détenus bénéficiant d’un travail. Dans un communiqué rageur, FO-Pénitentiaire se demande, aujourd’hui, comment le prévenu en instance de jugement a pu voir confier un tel poste alors qu’« il se trouvait isolé à Fresnes » (Val-de-Marne), la précédente maison d’arrêt où il avait été incarcéré.

Selon Céline Verzeletti, membre de la CGT pénitentiaire, ces détenus « responsables » bénéficient, en général, de « plus de liberté de mouvement ». En clair, « ils se chargent d’accueillir les livraisons, d’organiser et de récupérer le travail dans les cellules ». La maison d’arrêt d’Auxerre – 182 prisonniers pour 132 places – d’où s’est enfui Jean-Pierre Treiber héberge un « petit atelier » pouvant accueillir des dizaines de détenus. En tant que responsable, ce dernier, « était à un poste où il a pu observer comment fonctionnait la surveillance. Il est parti et personne ne l’a vu, il y a forcément une faille que l’administration devra trouver pour en tirer les conséquences en terme d’effectifs », observe Céline Verzeletti.

Plus nuancé, Claude Tournel, le secrétaire général adjoint de l’Ufap-Unsa, évoque « un concours de circonstances » qui ne doit pas faire « croire que les prisons françaises sont des passoires. ». Selon lui, Jean-Pierre Treiber a bénéficié d’un contexte favorable lui ayant permis de se soustraire à l’obligation pour les prisonniers de déjeuner le midi en cellule. Une absence qui aurait dû alerter les surveillants, dès la mi-journée, or ladite consigne « n’est plus respectée par l’Administration » avance, anonyme, un responsable régional de l’Ufap. Autre circonstance favorable d’après Claude Tournel : le surveillant affecté à l’atelier dont le détenu Treiber avait la charge « était complètement débordé » car il participait, ce jour-là, à une commission d’application des peines (CAP) statuant sur le cas d’autres détenus.

« Pas étonnés »

Autre son de cloche : Christophe Marquès, membre de FO-Pénitentiaire, met en cause les conditions de sécurité dans les ateliers qu’il décrit comme des « zones sensibles ». Et le responsable de fustiger : « Cela fait des années qu’on dit qu’il faut être très vigilant. On n’y met qu’un agent, qui doit gérer à la fois la population pénale, les livraisons, le chargement et le déchargement des camions. » Tandis que l’UFAP relève, qu’à la différence de « Fresnes, Fleury ou d’autres grands établissements », les détenus ne sont pas escortés pour s’y rendre. « Nous ne sommes pas très étonnés par l’évasion d’Auxerre car nous avons dénoncé à de nombreuses reprises les conditions dans lesquelles le personnel exerce sur ce site », se justifie à France-Soir Thomas Jacquot, le secrétaire régional adjoint de l’UFAP. Pour le gardien de prison, plusieurs raisons peuvent expliquer la belle du présumé assassin de Géraldine Giraud et de Katia Lherbier.

« L’ancienneté et la vétusté de la prison d’Auxerre expliquent, pour partie, ce qui vient d’arriver. Treiber, classé aux ateliers, a pu tranquillement analyser les failles du système pour bien préparer son évasion », déplore-t-il. Thomas Jacquot résume sans ambages le sentiment qui domine chez ses collègues d’Auxerre et de Joux-la-Ville. « Comme d’habitude, on attend toujours le pire pour prendre des mesures. La ministre pourra se rendre compte d’elle-même de ce que nous dénonçons depuis belle lurette… » En 2008, quelque 22.000 détenus, soit 38 % du total, travaillaient en prison, selon l’Administration pénitentiaire (AP), dont près de la moitié pour le compte d’entreprises ayant installé un atelier dans l’établissement.

Kidnappé, une fourche pointée dans le dos

Avec son avocat comme face aux magistrats, Azedine M. n’est pas du genre loquace. Il est pourtant demandeur. Hier, l’homme sollicitait des magistrats une mise en liberté en attendant d’être jugé pour un périple ayant laissé sa victime dans une profonde terreur.

Rien de plus anodin que de se retrouver chez soi un 14 juillet. Rien de plus perturbant, alors que l’on est à la maison – un 14 juillet – que de se retrouver nez à nez avec un homme en slip et au corps couvert de boue. Les mésaventures d’un habitant de La Chapelle-d’Armentières ne font que débuter, connaissant un crescendo jusqu’au calvaire.

Dans la maison, l’intrus découvre un taille-haie et une fourche. Il s’en servira pour intimider son hôte. Ce dernier n’aura d’ailleurs pas d’autre choix que d’accompagner son « visiteur ». Direction l’extérieur. Là, la fourche dans le dos, le séquestré doit plonger dans la malle de son propre véhicule. Et l’homme presque nu de se précipiter au volant. Sur la route, conscient que des parties du corps de son passager dépassent par la plage arrière, le chauffeur le fera passer à l’avant.

Le périple durera près de quarante-cinq minutes. Il s’achevera… à La Chapelle-d’Armentières, face au domicile de la victime. Après avoir abandonné cette dernière et son véhicule, l’inconnu se lance dans une errance à travers champs avant d’être rapidement intercepté.

Hier, Azedine M. souhaitait être mis en liberté afin, disait-il, de « se rattraper ». « Tout est bloqué, renchérit le prévenu sans plus de précision. Il faut me faire sortir pour que je débloque tout ça. » Plus explicite, le procureur Couderc souhaitera, lui, le maintien en détention, notamment parce qu’aucune expertise psychiatrique n’a encore eu lieu.

Défendu par Nicolas Brazy, qui avait déjà réussi à le faire libérer début 2008 dans un autre dossier, Azedine M. doit bientôt comparaître devant une cour d’assises pour violences sur enfant. L’an dernier, malgré un contrôle judiciaire « très serré », l’homme est parti dans le sud de la France où il a fini incarcéré. Autant dire que la décision prononcée en fin d’après-midi par le président Jean-Marc Defossez n’a surpris personne : maintien en détention. •

L. B.

La Voix du Nord

L'affaire Nelly Haderer réouverte

Le parquet de Nancy mène une nouvelle instruction judiciaire contre X afin de procéder à des analyses ADN, impossibles à l’époque des faits.


Photo Archives
NANCY.- On pensait que l’épilogue du feuilleton judiciaire qui avait duré vingt ans s’était joué à la cour d’assises de Moselle en octobre 2008 quand les jurés ont prononcé l’acquittement de Jacques Maire. Accusé du meurtre d’Odile Busset en 1983 et de Nelly Haderer en janvier 1987, Jacques Maire a toujours clamé son innocence depuis sa mise en examen en 1997 et tout au long des trois procès d’assises en 2004 à Nancy et en 2006 à Épinal. L’absence de preuves matérielles et la fragilité des témoignages avaient fini par semer le doute. Et le doute avait profité à l’accusé.

Rebondissement


L’affaire Jacques Maire pourrait connaître un nouveau rebondissement. Ou bien être définitivement close. Le parquet de Nancy a en effet ouvert fin juillet une information judiciaire contre X afin de procéder à de nouvelles analyses sur une série de pièces à conviction, notamment des vêtements et des effets personnels ayant appartenu à Nelly Haderer. La nouvelle instruction fait suite à la demande formulée fin avril par la famille de la victime.
« C’est le dernier espoir pour les proches de Nelly Haderer de connaître la vérité », explique Me André Pierre-Babel. « Tous ces objets retrouvés près de la victime ont déjà été expertisés. Mais ces expertises ne pouvaient être probantes car les traces d’ADN n’étaient pas conséquentes. Or, avec les dernières évolutions des techniques scientifiques, il est désormais possible d’analyser des microphases d’ADN ».

Un couteau


Le meurtre de Nelly Haderer s’était soldé une première fois par un non-lieu en 1994 avant d’être rouvert en 1997 sur la base de nouveaux témoignages accablant Jacques Maire après la diffusion de l’émission de télévision « Témoin n°1 ».
Le corps de Nelly Haderer avait été découvert dans une décharge à Rosières-aux-Salines le 31 janvier 1987, dénudée et affreusement mutilée. Cette jeune mère de famille de 22 ans, ans avait reçu deux balles. Et son meurtrier s’était acharné sur son cadavre. Un couteau avait été découvert à proximité. L’avocat spinalien fonde beaucoup d’espoir sur cet objet : « Le couteau portait des traces de sang de la victime et celles d’un inconnu ».
L’affaire Gregory avait également été rouverte pour les mêmes raisons fin décembre 2008. Les résultats de cette expertise sur une cordelette et des timbres sont, eux, attendus début septembre.

Saïd LABIDI

Double drame à la prison

Deux hommes, dont « l’amant de la veuve noire », ont voulu mourir ce week end dans les murs de la prison de Lyon Corbas.

Mise en service le 3 mai dernier, la toute récente maison d’arrêt de Lyon Corbas a été secouée de deux drames ce week-end. Dans la nuit de samedi à dimanche, deux hommes ont tenté de mettre fin à leur jours. Seul l’un d’eux, le plus jeune, a pu être sauvé. Le médiatique « amant de la veuve noire » est décédé.

Le corps de Jean-Claude Vaise a été découvert dimanche matin. Le détenu, qui se trouvait seul dans sa cellule, s’est tailladé les veines entre la ronde de 3h du matin et celle de 6h. Une autopsie a été ordonnée par le magistrat du parquet qui s’est rendu su place dans la matinée de dimanche.

Jean-Claude Vase, 62 ans, purgeait depuis janvier 2008 une longue peine de 30 ans pour un assassinat qu’il avait toujours nié. L’homme était en effet l’amant de la « veuve noire ». Cette célèbre affaire criminelle de la région mettait aux prises un septuagénaire richissime, sa femme, de 31 ans sa cadette, et l’amant de celle ci, Jean-Claude Vase. Les amants avaient tous deux été condamnés en 2008 par la Cour d’Assises du Rhône, après s’être déchirés et renvoyé la responsabilité de ce meurtr. Jean-Claude Vase, qui clamait son innocence, avait fait appel et devait être rejugé à la rentrée dans la Loire.

Dans la même nuit, un autre détenu avait tenté de se pendre, vers 2h du matin. Il s’agissait d’un jeune en attente de jugement. Il a pu être sauver grâce à son codétenu qui a alerté les gardiens par l’interphone dont sont équipées les cellules.

par Marie-Eve Constans

Dès l’inauguration de la prison en mai 2009, les gardiens s’étaient plains d’un manque d’effectif, mais ce n’est pas un argument qu’ils avançaient pour expliquer la mort d’un détenu ce week end. Ecoutez l’une des employées de la prison, qui estime que le drame n’aurait pas pu être évité, même avec plus de personnel.

« Le drame n’aurait pas pu être évité » ( le 03/08/2009)

Le "lord of war" ne sera pas extradé aux Etats-Unis

NOUVELOBS.COM | 11.08.2009 | 14:04

« La cour thaïlandaise a décidé de rejeter la demande » d’extradition vers les Etats-Unis de Victor Bout, fameux trafiquant d’armes russe et source d’inspiration d’Hollywood, arrêté il y a un an et demi à Bangkok.

Viktor Bout est détenu dans une prison de haute sécurité à l'est de Bangkok depuis un an et demi (Reuters)

Viktor Bout est détenu dans une prison de haute sécurité à l’est de Bangkok depuis un an et demi (Reuters)

La justice thaïlandaise a rejeté mardi une demande d’extradition de Viktor Bout, trafiquant d’armes russe présumé, surnommé le « Marchand de Mort », vers les Etats-Unis où il est accusé de terrorisme.
« La cour thaïlandaise a décidé de rejeter la demande », a déclaré le juge Jitakorn Patanasiri, une décision plutôt inattendue qui intervient près d’un an et demi après son interpellation à Bangkok.
Viktor Bout, 42 ans, un ancien officier de l’armée de l’air soviétique reconverti dans les affaires, avait été arrêté le 6 mars 2008 dans un hôtel de Bangkok après avoir rencontré des agents américains qui l’avaient piégé en se faisant passer pour des responsables de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) cherchant à acheter des missiles et des lance-roquettes.

La Russie « satisfaite »

L’accusé, qui aurait inspiré le personnage joué par l’acteur américain Nicolas Cage dans le film « Lord of War » (2005), a été surnommé le « Marchand de Mort » en Occident en liaison avec les fournitures d’armes qu’on lui attribue depuis plus de quinze ans entre l’Afrique et l’Amérique du sud en passant par l’Afghanistan, les talibans et Al-Qaïda.
Depuis son arrestation, il est détenu dans une prison de haute sécurité de la banlieue est de Bangkok. En septembre 2008, une cour criminelle avait commencé des audiences pour déterminer s’il existe suffisamment d’éléments pour extrader Viktor Bout vers les Etats-Unis. Des représentants russes ont suivi de près ce processus. La Russie s’est dite « satisfaite » de la décision de la justice thaïlandaise : « nous déclarons avec satisfaction la décision de la cour thaïlandaise et nous espérons que bientôt il pourra revenir dans sa patrie », a déclaré le directeur-adjoint du département d’information du ministère des affaires étrangères russe, Igor Liakine-Frolov.
(Nouvelobs.com)

Viktor Bout, le plus célèbre des trafiquants d’armes

NOUVELOBS.COM | 11.08.2009 | 14:05

Il fait son entrée dans les « affaires » à 25 ans, et profite de l’effondrement de l’URSS pour acheter à bas prix des armes vendues ensuite partout dans le monde. Son histoire a inspiré le rôle tenu par Nicolas Cage dans « Lord of War ».

7 03 08 Viktor Bout (AP)

7 03 08 Viktor Bout (AP)

Le russe Viktor Bout, que la Thaïlande a refusé mardi 11 août d’extrader vers les Etats-Unis, personnifie le trafiquant d’armes international, malin et insaisissable dans un monde globalisé, qui a profité de la chute de l’empire soviétique pour bâtir un empire.
Né, selon un rapport des Nations Unies, à Douchanbé (Tadjikistan) en 1967, Viktor Bout étudie à l’Institut militaire des langues étrangères de Moscou, avant d’entrer dans l’armée de l’Air.

Débuts à 25 ans

Viktor Bout a toujours nié faire partie de l’ex-KGB, connu pour utiliser cette prestigieuse école comme l’un de ses viviers de recrutement.
Lors d’une de ses rares interviews, accordée en 2003 au New York Times, il a assuré être entré dans « les affaires » en 1992 en rachetant, à 25 ans et pour 120.000 dollars, trois avions cargo Antonov.
Selon l’ONU et les services occidentaux de renseignements, Viktor Bout, qui avait été en poste en Angola en 1990 et parle six langues, a été idéalement placé pour profiter, après la chute du mur de Berlin, des possibilités d’acheter à bas prix, dans des bases militaires livrées à elles-mêmes, des armes et des matériels militaires soviétiques.

Sa propre flotte transportait les armes vers les zones de guerre

Son coup de génie a été, plutôt que d’en sous-traiter le transport vers les zones de conflit, de constituer une flotte d’avions cargo, avec aux commandes des pilotes n’ayant pas froid aux yeux.
Selon Amnesty International, il aurait contrôlé à un certain moment une cinquantaine d’appareils opérant à travers le globe, surtout en Afrique.
Fruit de l’effondrement de l’URSS
Pour le journaliste américain Douglas Farah, co-auteur du livre-enquête « Merchant of Death », « c’était un officier soviétique qui a su saisir la chance présentée par trois facteurs nés de l’effondremement de l’Union Soviétique: des avions abandonnés sur des pistes entre Moscou et Kiev (…), d’énormes stocks d’armes gardés par des soldats que personne ne payait et l’explosion de la demande en armes ».
« Il a simplement relié les trois choses », a indiqué Farah à la revue américaine MotherJones, « récupérant les avions pour presque rien, les remplissant d’armes achetées bon marché et les expédiant à ceux qui pouvaient payer ».

Accusés par les Etats-Unis d’avoir armé les islamistes

Les enquêteurs de l’ONU, dans un « Portrait de Viktor Bout », indiquent que ce qui allait devenir le cœur de son empire, la société d’affrètement aérien Air Cess, apparaît à Monrovia (Libéria) en 1996.
A partir de là il ne va cesser de modifier les immatriculations, les enregistrements et les plans de vols de ses avions. Il opère depuis l’Afrique, mais aussi depuis le port belge d’Ostende puis les Emirats arabes unis, où il réside en famille pendant des années.
Ses avions-cargos sont repérés sur des pistes plus ou moins officielles en Afrique, en Afghanistan, en Amérique du Sud, dans des pays d’ex-Union soviétique.
Dans son livre, Douglas Farah assure qu’il a, au début de l’invasion américaine en Irak et avec l’aval de tous, transporté des matériaux et des hommes pour le compte de sous-traitants importants de l’armée américaine.
Accusé par les Etats-Unis d’avoir armé les milieux jihadistes internationaux, il nie farouchement: « Je n’ai jamais livré d’armes et surtout jamais passé aucun marché avec Al Qaïda », a-t-il affirmé au début de l’année à la BBC.

L’inspirateur du film « Lord of War »

C’est sa notoriété mondiale qui va mener à son arrestation, estime Alex Vines, chef du programme « Afrique » du centre de réflexion londonien Chatham House.
Dans un secteur d’activité où la discrétion est gage de sûreté, voir son nom revenir dans des rapports de l’ONU et son personnage incarné, au cinéma, par Nicolas Cage (« Lord of War ») n’est « pas bon pour le business », a-t-il confié à l’AFP. (Nouvelobs.com avec AFP)

Montauban. Renée Mazin remise en liberté

Elle avait été condamnée, il y a un an, à 10 ans de réclusion pour le meurtre de son mari.

Renée Mazin attendra libre son procès en appel. Photo DDM,

Renée Mazin attendra libre son procès en appel. Photo DDM,
Renée Mazin attendra libre son procès en appel. Photo DDM,

Elle est soulagée car depuis le début elle conteste fermement avoir tué son mari »… Maître Frédéric Langlois (barreau de Toulouse) évoque le sentiment de Renée Mazin, sa cliente, libérée sur décision de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Toulouse le 23 juillet dernier.

Renée Mazin avait été condamnée le 2 juillet 2008 à 10 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Tarn-et-Garonne à Montauban pour le meurtre de son mari et aussitôt incarcérée. Après l’appel immédiatement relevé de cette décision par la condamnée, et la demande de mise en liberté présentée par son conseil le 29 mai dernier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse a estimé que Mme Mazin devait être remise en liberté « par l’application de l’article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme » reconnaissant à tout citoyen le droit d’être jugé dans un délai raisonnable.

Libre en attendant son nouveau procès

Les faits reprochés à Mme Mazin datent du 23 décembre 1998. Placée en détention provisoire deux jours plus tard, elle avait été libérée et placée sous contrôle judiciaire le 20 juin 2000. Elle avait comparu devant la cour d’assises du Tarn-et-Garonne 8 ans plus tard, condamnée à 10 ans de réclusion le 2 juillet 2008 et placée en détention.

La décision des magistrats a également pris en compte le supplément d’information ordonné le 16 juin dernier par le président de la cour d’assises d’appel, au sujet notamment d’un fusil dont on ne sait finalement pas encore si celui retenu par les enquêteurs est bien celui qui a titré sur le mari de Mme Mazin.

Dans ces conditions, la date du procès d’appel de Renée Mazin n’est toujours pas fixée… Près de 11 ans après les faits.

Pierre Mazille.

Jacques Mariani se révolte

Min3_1df9a263af772bf372ea9ea0e4d9464a

Incarcéré depuis plus d’un an et soupçonné d’être le cerveau d’une opération de racket pilotée depuis sa geôle, Jacques Mariani  devrait être mis en examen le 24 juillet. Il s’insurge dans un courrier. France-Soir l’a consulté.

Depuis sa cellule de la centrale de Saint-Maur (Indre), Jacques Mariani ne décolère pas. Le Corse, membre présumé du célèbre gang bastiais de la Brise de mer, est écroué depuis le 12 mars 2008, date à laquelle la cour d’assises des Bouches-du-Rhône l’a condamné à une peine de quinze années de réclusion criminelle pour avoir trempé dans l’assassinat du jeune nationaliste Nicolas Montigny en septembre 2001. Le 17 juin dernier, Jacques Mariani a été extrait de sa geôle et conduit sous bonne escorte au siège de la direction centrale de la police judiciaire, à Nanterre (Hauts-de-Seine). Motif : il aurait piloté, depuis la prison, des opérations d’extorsion de fonds. Le racket, qui viserait notamment deux boîtes de nuit et un restaurant d’Aix-en-Provence, porterait sur plusieurs dizaines de millions d’euros, selon les enquêteurs. Dans ce dossier, instruit par un juge de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille, huit autres personnes ont été mises en examen pour abus de bien sociaux, blanchiment aggravé, extorsion de fonds en bande organisée ou association de malfaiteurs, selon les cas. Quatre d’entre elles ont été écrouées, dont la compagne de Jacques Mariani.

« Juge revanchard »

Vendredi, dans une lettre transmise à France-Soir par l’intermédiaire de l’un de ses avocats, Jacques Mariani s’insurge avec virulence – et non sans un certain lyrisme – contre les pratiques du magistrat instructeur. Charles Duchaine, en effet, est le juge qui a instruit, à Bastia, l’affaire Marcelli, du nom de deux frères assassinés en août 2001 en Haute-Corse. Crimes imputés par ce magistrat à cinq hommes réputés proches de la Brise de mer, dont Jacques Mariani. Mais, traduits devant la justice, tous ont été acquittés en juillet 2006 au terme de leur détention provisoire. « J’ai été placé en détention pendant six longues années en région parisienne, jeté dans les quartiers de haute sécurité, emmuré vivant dans une cellule de 9 m2, 23 heures sur 24, sans voir ni parler à qui que ce soit ! », se révolte le Corse. « Mais le feuilleton que l’on intitulera “La vengeance d’un petit juge revanchard” va réapparaître aujourd’hui. Oubliant les montagnes corses pour le pôle financier de Marseille, ce monsieur va de nouveau essayer de prendre encore un peu de ma vie sans jamais regretter de s’être trompé sept années plus tôt », écrit encore Mariani. Le Corse fustige la décision du magistrat d’avoir placé sa compagne « atteinte d’une tumeur cérébrale » en détention. Cette dernière, selon les enquêteurs, aurait activement participé aux extorsions de fonds. « Quelque 300.000 euros en liquide ont été déposés sur son compte bancaire », avait assuré à France-Soir une source policière en juin dernier. « Elle n’a eu que le tort d’être ma femme », assure Jacques Mariani dans son courrier.

Visioconférence

Le Corse vient de recevoir une convocation du juge Duchaine. Le 24 juillet, le magistrat devrait lui signifier sa mise en examen dans cette dernière affaire de racket, a appris France-Soir auprès de son défenseur. « Mon client n’aura pas à se déplacer : le juge le recevra par visioconférence ! », raille Me David Metaxas, avocat au barreau de Lyon. Le conseil envisage d’ailleurs de présenter dans les jours qui viennent une requête en récusation du magistrat ainsi qu’une nullité de la procédure – « La mise en examen de mon client est tardive et n’a été décalée que pour nuire aux droits de la défense de M. Mariani. » Et l’avocat d’estimer « qu’il est incompréhensible qu’un juge déjà désavoué par une cour d’assises puisse instruire une nouvelle affaire concernant la même personne, sauf à imaginer que le juge Burgaud puisse à nouveau instruire une affaire concernant les accusés d’Outreau… »

Sandrine Briclot

Edition France Soir du samedi 18 juillet 2009 page 7


Adelhamid Hakkar, condamné à la perpétuité, espère une libération conditionnelle

Xavier Beneroso

C’est l’histoire sans fin d’une « longue peine ». Abdelhamid Hakkar, 53 ans, écroué depuis le 2 septembre 1984 pour un vol à main armée et le meurtre d’un policier, collectionne un triste record. Il a passé un quart de siècle entre quatre murs. Embastillé actuellement à Ensisheim, près de Mulhouse, il n’aperçoit toujours pas le moindre signe de libération conditionnelle. Ce détenu, célibataire sans enfants, semble condamné à vie. Un cas rarissime, même pour les « perpétuités » qui finissent toujours par voir s’ouvrir, un jour, les portes de la prison. Aujourd’hui, Hakkar livre son ultime combat judiciaire. Le détenu est sceptique. Comme il l’écrit, le 11 mai dernier, dans une lettre à son avocate, Me Marie-Alix Canu-Bernard : « Je m’épuise à la longue tel le mustang qui tourne perpétuellement en rond dans son enclos et qu’on prive de toute perspective de liberté. » « Qu’est-ce qu’on lui fait payer ? » s’énerve son conseil. Et de préciser le déroulé de son marathon carcéral.

En vingt-cinq années d’emprisonnement, Hakkar a connu près de 45 transferts entre les différents établissements français. Il a été placé au total douze ans à l’isolement – ce qui a valu à la pénitentiaire d’être condamnée par le tribunal administratif. Sans oublier le « mitard », les quartiers disciplinaires, qu’il a fréquentés durant quinze mois. Le paradoxe réside surtout dans le fait que, théoriquement, Abdelhamid Hakkar peut prétendre à la libération conditionnelle depuis maintenant près de neuf ans. Le terme de sa période de sûreté, fixée à seize ans de détention, est écoulé. De manière logique, Hakkar pouvait espérer… Mais le parcours vers la liberté de cette « longue peine » se heurte à un mur.

« La guillotine ? Chiche ! »

Le 31 janvier 2006, Hakkar avait écrit à Pascal Clément, le garde des Sceaux de l’époque. Une missive au vitriol. « Vos centrales sont devenues des annexes des hôpitaux psychiatriques (…) au point de nous amener à vivre au quotidien un remake de Vol au-dessus d’un nid de coucou. On voudrait faire perdre la raison à ceux d’entre nous qui ne l’auraient pas encore perdue qu’on ne n’y prendrait pas autrement. » En guise de conclusion, Hakkar lançait un défi désespéré à l’adresse du ministre. « A choisir la mort lente  que vous m’avez programmée, c’est moi qui vous prends au mot. Chiche : revenez ici avec la guillotine, moi je m’y présenterai. Je ne me résigne pas à mon sort d’enterré vif. » Changement de tête Place Vendôme. Le 9 décembre 2008, Rachida Dati répond à Jack Lang qui s’est mobilisé pour le détenu. La ministre de la Justice botte en touche : « M. Adbelhamid Hakkar n’a fait l’objet d’aucun acharnement judiciaire. » Voire…

Une justice autiste

Cela fait près de quinze ans que le divorce entre la magistrature et le détenu vindicatif a débuté. Le 15 décembre 1995, le Conseil des ministres du Conseil de L’Europe a condamné l’Etat français, considérant que M. Hakkar n’avait pas été jugé dans un délai raisonnable et que surtout, n’ayant pas bénéficié de l’assistance d’un avocat, son procès était inéquitable. Une gifle pour les institutions françaises. La justice a dû à nouveau juger le tueur de policier qui n’a jamais reconnu son crime. Cette victoire, Hakkar la doit d’abord à lui-même. « Qu’est-ce qu’on cherche à lui faire payer, le fait qu’il soit devenu en prison un éminent juriste ? » s’agace une nouvelle fois Me Marie-Alix Canu-Bernard. L’interrogation est justifiée. Car, après avoir infligé un camouflet à la justice française, Hakkar le procédurier a perdu systématiquement son combat pour sa liberté devant les juridictions. A Tarbes en 2006, à Pau en janvier 2007, à Bordeaux en juillet 2008 ; et cette semaine à Toulouse l’avocate a bataillé sans relâche. Une affaire de principe.

« Depuis dix ans, je n’ai pas pris d’honoraires sur ce dossier », glisse-t-elle. Hakkar, lui, cherche à convaincre qu’il possède désormais le profil idéal pour une prochaine réinsertion. Il n’est plus considéré comme un détenu particulièrement signalé depuis 1999. Il rencontre régulièrement un psychologue, possède une attestation d’hébergement, une attestation d’embauche précisant qu’il est détenteur d’un CAP de sollier-moquettiste, un métier du bâtiment. Au bout de plus de deux décennies, la justice va-t-elle entendre Hakkar ? Lui continue d’y croire. Un peu. Juste un peu. Et de citer Alphonse Allais : « Un homme qui sait se rendre heureux avec une simple illusion est infiniment plus malin que celui qui se désespère avec la réalité. »


Jacques Viguier

Lundi 24 octobre 2005