La famille Shafia réunie pour l'enquête préliminaire

Mohammad Shafia, son fils Ahmed et sa femme... (Archives La Presse)

Agrandir

Mohammad Shafia, son fils Ahmed et sa femme Touba Mohammad Yahya sont accusés du meurtre de leurs trois filles et d’une parente.

Archives La Presse

Christiane Desjardins
La Presse

(Kingston) À une minute d’intervalle, la mère, le père et le fils de la famille Shafia sont entrés dans le box des accusés, hier matin, au palais de justice de Kingston. Cette chorégraphie parfaitement orchestrée avait pour but de les réunir pour l’enquête préliminaire du quadruple meurtre qu’on leur impute sans qu’ils soient en contact direct.

Lorsqu’elle est entrée, à 9h29, la mère, Touba Mohammad Yahya, 40 ans, a regardé dans la salle d’audience, a souri à des gens qu’elle a reconnus et leur a envoyé la main avant de s’asseoir. Une minute plus tard, son mari, Mohammad Shafia, 56 ans, a salué les mêmes personnes. Tous deux sont accusés des meurtres prémédités de leurs trois filles et de la première épouse de monsieur. Leur fils Ahmed, 19 ans, le dernier à entrer, fait face aux mêmes accusations.

Les victimes, Zaïnab, 19 ans, Gaeti, 17 ans, Sahari, 13 ans, et Rona Amir Mohammad, 49 ans, ont été trouvées mortes dans une Nissan Sentra immergée dans le canal Rideau, à Kingston Mills, le matin du 30 juin dernier. La famille, qui résidait à Saint-Léonard, à Montréal, rentrait d’un voyage à Niagara Falls lorsque le drame est survenu.

Les premières indications, notamment les déclarations des parents, laissaient croire à un funeste accident. Mais les circonstances étaient bien étranges. Par la suite, une parente d’outre-mer a avancé l’hypothèse du «crime d’honneur». Au bout de quelques semaines, la police a arrêté le père, la mère et le fils aîné. Ils sont aussi accusés d’avoir comploté pour commettre ces quatre meurtres à partir du 1er mai 2009.

Hier matin, peu après l’ouverture de la séance, le premier témoin, Julia Moore, technicienne en scènes de crime, s’est avancée à la barre. Pendant son témoignage, à certains moments, on pouvait entendre la mère pleurer bruyamment dans le box. Son mari a aussi versé des larmes. Les agents leur ont donné des mouchoirs. Le fils, pour sa part, est resté coi. Plus tard, un policier de la GRC de Colombie-Britannique, qui parle le farsi, a commencé à témoigner. La preuve dévoilée à l’enquête préliminaire est frappée d’un interdit de publication.

L’exercice, qui doit durer un mois, est présidé par le juge Stephen J. Hunter. Chaque accusé est représenté par un avocat, tandis que deux procureurs représentent la Couronne. Deux interprètes traduisent les débats simultanément de l’anglais au farsi et vice versa, quand c’est nécessaire. D’origine afghane, la famille a résidé à Dubaï avant de s’établir à Montréal.

À lire aussi

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.