De l’intimité violente d’un couple au tribunal correctionnel.

À la barre du tribunal correctionnel, un jeune homme de 22 ans prévenu pour violences conjugales, des faits qui se sont déroulés le 29 juillet Fabien se présente donc devant les juges en comparution immédiate. « Il y a chez ce couple une ambiance délétère », confiera l’avocat de la victime. C’est le moins que l’on puisse dire. Depuis des années, le jeune couple se déchire, se dispute, s’affronte aussi bien verbalement que physiquement et ce devant leurs trois enfants âgées, de 5 ans et demi, 3 ans, et un an. Dans la nuit du 29 juillet, Fabien (1) rejoint son domicile passablement éméché. Il n’en faut pas plus pour qu’une nouvelle dispute éclate entre lui et sa concubine, Nathalie. Bien entendu, les versions divergent sur le scénario de la soirée. Des claques, des gifles, des coups de poing fusent de part et d’autre. « On s’est frappé mutuellement », insiste Fabien à la barre. « Je ne lui ai jamais donné de coups de poing, je voulais simplement l’humilier comme elle m’humilie », poursuit-il. Et au prévenu de décrire l’ambiance détestable qui habite le couple. Lui, qui boit régulièrement, qui s’affirme violent lorsqu’il ne supporte plus les « provocations » de sa concubine, crachats, gifles, qui parfois se taillade les veines aux avant-bras… « Pourquoi vous ne vous séparez pas ? », demande la présidente du tribunal. « On a essayé mais elle me rappelle en pleurant, puis il y a les enfants », rétorque le prévenu « Mais qu’envisagez-vous pour l’avenir ? », s’interroge la présidente du tribunal. Fabien semble hésiter, le grand flou sans doute, puis il murmure: « Il faut trouver une solution pour les enfants ». La partie civile parlera malheureusement d’un dossier classique et trop fréquent mais aussi un dossier inacceptable » Elle a fait le choix de déposer plainte, ce n’est pas facile », précisera Me De Rinaldo. Le procureur se montrera inflexible ,décrivant Fabien comme « un garçon violent, qui ne supporte pas la frustration, alcoolique aussi, « et demandera un an de prison dont six mois avec sursis. Le défenseur de Fabien, Me Esssabir, parlera d’un couple « je t’aime moi, non plus. Il faut trouver une solution sage, il souhaite déménager, il faut trouver une peine appropriée », lancera-t-il au tribunal. Tribunal qui, après délibération, condamnera Fabien à deux mois de prison ferme avec obligation de soins.

1- prénoms d’emprunts

J.-L.L.

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