Bar-sur-Aube

« J’sais pas quoi dire, moi. C’est trop tard. » Rémi Devarenne en raconte le moins possible. Sur les faits pour lesquels il est poursuivi devant le tribunal comme sur lui-même.
Avec son allure de gamin à peine sorti de l’enfance, ce Baralbin âgé de 20 ans paraît hésiter entre crâner et pleurer.
Le tribunal, lui, n’a pas hésité et a condamné Rémi Devarenne à la peine plancher : trois ans de prison, dont un an assorti du sursis et mise à l’épreuve, et avec un mandat de dépôt.
La précédente présentation de Rémi Devarenne devant le tribunal correctionnel remonte au 25 février. Il était déjà poursuivi pour un vol et des violences, et déjà en comparution immédiate.
Cette fois-là, son histoire de grand gosse livré à lui-même avait conduit la justice à une certaine indulgence. Il s’en était sorti sans prison ferme : il avait été condamné à huit mois de prison assorti du sursis et mise à l’épreuve.
La mise à l’épreuve n’a, pour le moins, pas été concluante.
Le 24 avril, Rémi Devarenne a été de nouveau interpellé suite à la plainte déposée par son voisin.


Tabassage en trois temps

Pour un futile prétexte de courrier ouvert, le prévenu et deux copains mineurs – déférés devant le juge des enfants – seraient entrés avec fracas chez la victime, avant de le « passer à tabac ».

Le but des coups de poing comme des coups de pistolet à billes a été clairement avoué par Rémi Devarenne qui admet un tabassage en trois temps : d’abord pour extorquer au voisin sa carte bancaire, puis le code secret et enfin – faute d’avoir pu tirer des billets au distributeur, le compte étant débiteur – pour lui faire dire où il cachait de l’argent…

La scène finale s’est déroulée dans la salle de bain où Rémi Devarenne aurait versé sur la tête de son voisin, âgé de 45 ans, le bidon de produit de nettoyage pour le sol : « J’ai cru qu’il allait m’obliger à la boire », a confié la victime aux enquêteurs.
Finalement, les trois acolytes ont quitté les lieux, emportant des DVD, du matériel de pêche, deux chaînes en plaqué or, laissant la victime terrorisée.
Le résumé des faits par la présidente, Edwige Wittrant, semble laisser le jeune homme totalement indifférent…
« Ce sont des faits à la limite de la cour d’assises. On ne peut être que très inquiet », a déploré Arnaud Laraize, substitut du procureur, dénonçant un jeune homme « qui ne connaît que la violence comme mode d’expression ».
Trois ans de prison ferme avaient été requis ainsi qu’une révocation partielle du sursis infligé en février.
Pour la défense, Me Leroy a plaidé à nouveau la clémence du tribunal, évoquant « un jeune immature, carencé et fruste qui a surtout besoin d’aide psychologique».

Auteur : Compte rendu d’audience Valérie ALANIÈCE
Article paru le : 12 mai 2009

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