10.12.09 | 00h15
L‘ex-capitaine de la marine argentine, Alfredo Astiz, soupçonné d’être impliqué dans la disparition de deux religieuses françaises pendant la dictature (1976-1983), a été admis mercredi à l’hôpital à deux jours de son procès, a-t-on appris auprès de son avocat.

« Il a seulement subi des examens de routine. Il n’y a pas eu hospitalisation », a déclaré à l’AFP Juan Aberg Cobo, avocat de cet ancien officier de 58 ans qui est détenu à la prison de Marcos Paz (40 km au sud-ouest de Buenos Aires).

Son admission mercredi à l’Hôpital naval de Buenos Aires pose la question de sa présence vendredi à l’ouverture d’un procès déjà reporté à deux reprises. Alfredo Astiz a été opéré d’une tumeur au foie en 2004.

Surnommé l' »ange blond de la mort », il est soupçonné d’être impliqué dans la disparition de Léonie Duquet et Alice Domon, deux religieuses françaises, ainsi que de la fondatrice du mouvement des Mères de la Place de Mai, Azucena Villaflor.

Pour l’enlèvement et la torture de Léonie Duquet et Alice Domon, il a été condamné par contumace par la justice française en mars 1990 à la réclusion criminelle à perpétuité.

Astiz est également accusé d’être impliqué dans la disparition de l’Argentino-Suédoise Dagmar Hagelin en 1977.

Interrogé pour savoir si son client avait quitté mercredi soir l’Hôpital naval de Buenos Aires après y avoir été admis dans la journée, M. Aberg Cobo a répondu qu’il l’ignorait.

« Je ne peux pas vous dire s’il a déjà quitté l’hôpital, mais j’insiste : il s’agit d’un simple contrôle médical », a-t-il dit.

A la prison de Marcos Paz, une source a déclaré que l’institution pénitentiaire « ne donnait pas d’informations sur les mouvements des détenus ». L’hôpital naval s’est également refusé à tout commentaire.

Le procès d’Astiz doit commencer le 11 décembre, au lendemain du 26e anniversaire du retour de la démocratie en Argentine et de la journée internationale des droits de l’Homme.

Les audiences devaient débuter le 6 octobre mais avaient été reportées une première fois au 19 novembre en raison des retards pris dans le procès d’autres militaires. Elles ont ensuite été repoussées une nouvelle fois en raison d’un changement dans la composition du tribunal.

Près de 5.000 personnes ont été torturées puis exécutées à l’Ecole de Mécanique de l’Armée (ESMA), symbole de la répression sous la dictature, souvent jetées vivantes depuis des avions survolant le Rio de la Plata.

La dictature argentine a fait 30.000 disparus, selon les organisations de défense de droits de l’Homme.

Depuis l’accession au pouvoir de Nestor Kirchner (2003-2007), l’annulation des lois d’amnistie et la réouverture des procès, les autorités argentines souhaitent que les tortionnaires soient rapidement condamnés.

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