31.01.2009, 07h12 | Mise à jour : 07h22

La cour d’assises des Hauts-de-Seine a condamné dans la nuit  de vendredi à samedi Nadir Mansouri à quinze ans de réclusion criminelle et a acquitté son frère Mounir. Les deux hommes comparaissaient depuis lundi pour un assassinat sur fond de trafic de drogue qu’ils ont toujours nié. Leur cousin, Salah Bentouhami, qui était recherché, a été acquitté.

Nadir et Mounir Mansouri, 30 et 32 ans, étaient accusés avec leur cousin d’avoir tué de plusieurs coups de feu Rachid Zouhiri, 24 ans, au soir du 28 mars 2002, sur un parking de la cité universitaire Jean-Zay d’Antony (Hauts-de-Seine). Nadir Mansouri a également été reconnu coupable de détention et de transport d’armes sans autorisation.

L’avocat général Olivier Auferil avait requis vendredi 20 ans de réclusion criminelle contre les deux frères ainsi que leur cousin Salah Bentouhami. Le procès s’est déroulé sous haute surveillance policière, Nadir Mansouri s’étant évadé à deux reprises en 2004.

Au terme de cinq journées d’audience tendues, les avocats de la défense ont tout fait pour tenter de démontrer les failles de l’accusation.
Selon cette dernière, la victime, qui s’était fait dérober une livraison d’environ 90 kilos de cannabis le matin du crime après une violente collision en voiture, avait été attirée dans un guet-apens par les trois accusés. Ces derniers lui auraient alors réclamé l’argent de la drogue. «Ils sont venus avec l’intention de lui dire: ou bien il paie et il s’aligne, ou bien on le descend», a affirmé M. Auferil.

Nadir Mansouri avait reconnu qu’il se trouvait sur les lieux lors des faits mais avait nié sa participation au crime. Son frère Mounir avait affirmé quant à lui qu’il n’était pas présent sur les lieux. Sur place, les enquêteurs avaient retrouvé une paire de gants appartenant à Nadir Mansouri, et des analyses menées en 2006 avaient permis d’y retrouver des résidus de tir. Néanmoins, trois experts qui se sont succédé mardi après-midi au procès se sont montrés prudents quant à l’origine des résidus de tir trouvés sur ces gants.

L’accusation reposait également sur un témoin-clé, proche des protagonistes et présent le soir des faits, qui s’était spontanément présenté chez la juge d’instruction pour accuser les deux frères et leur cousin. Mais ce dernier s’était finalement rétracté lors d’une confrontation avec les deux frères, en juillet 2003, quelques jours après la remise en liberté de Nadir Mansouri pour une erreur de procédure. Au procès, la version de ce témoin-clé, dont la défense a remis en cause la probité en soulignant qu’il était lié au trafic de cannabis, a de nouveau varié.
«On a bu les paroles de ce témoin, qui n’a pas qu’une seule vérité, mais qui en a combien… deux, trois quatre?», a lancé Me Frédéric Trovato, l’avocat de Mounir Mansouri, en plaidant l’acquittement.

«Ce n’est pas n’importe quel témoin !», a ajouté Me Pierre Haïk, lui aussi avocat de Mounir Mansouri, en soulignant que le trafic de drogue dans lequel ce témoin aurait pu être mis en cause n’avait donné lieu à aucune poursuite.

Malgré son acquittement, Mounir Mansouri, qui a d’autres peines à purger, ne sortira pas de prison.

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AFP 26.01.09 | 22h03

Un témoin-clé au procès des frères Nadir et Mounir Mansouri, accusés depuis lundi devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine d’assassinat sur fond de trafic de drogue, a de nouveau mis hors de cause les deux protagonistes alors qu’il les avait dénoncés en avril 2002, soit un mois après le crime.Lorsque le procès s’était ouvert en mai 2008, l’absence de ce témoin avait provoqué un renvoi des débats à la demande de la défense.

L’homme, âgé d’une trentaine d’années, s’était présenté spontanément le 24 avril 2002 devant la juge d’instruction pour accuser Nadir et Mounir Mansouri d’avoir, avec leur cousin, tué de plusieurs balles la victime, Rachid Zouhiri, au soir du 28 mars précédent, sur un parking de la « cité u » d’Antony (Hauts-de-Seine).

D’après lui, il se trouvait sur les lieux avec les deux frères et leur cousin, qui a également été renvoyé devant la cour d’assises mais est toujours recherché.

Son témoignage était venu conforter le travail des enquêteurs, orientés sur la piste des frères Mansouri par un renseignement anonyme évoquant un litige avec la victime autour d’une transaction passée le matin du crime et portant sur 90 kg de cannabis.

Le témoin avait soutenu la même thèse à trois reprises en audition, mais il s’était finalement rétracté lors d’une confrontation avec les deux frères, en juillet 2003, quelques jours après la remise en liberté de Nadir Mansouri pour une erreur de procédure.

Lundi en fin d’après-midi, devant la cour d’assises, bien qu’il ait à nouveau répété avoir été présent sur le parking de la « cité u », il a affirmé que ses premières accusations étaient le fruit des « rumeurs qui disaient dans la cité que c’était eux ».

Longuement interrogé par la présidente de la cour, par l’avocat général et par l’avocat des parties civiles, qui ont souligné sa démarche singulière, il a maintenu sa version, tout en niant d’éventuelles peurs de représailles.

Le procès s’est ouvert lundi matin sous haute surveillance policière, Nadir Mansouri, 30 ans, s’étant évadé à deux reprises en 2004. Les deux accusés comparaissent dans le box encadrés de près par huit policiers et leurs avocats se sont plaints de ne pouvoir s’entretenir quelques secondes avec eux lors d’une suspension d’audience.

Nadir Mansouri a reconnu qu’il se trouvait sur le parking de la « cité u » le soir du 28 mars 2002, mais il nie sa participation au crime. Son frère Mounir, 32 ans, affirme qu’il n’était pas présent sur les lieux.

Après expertises, il s’est avéré qu’une paire de gants de moto, retrouvée près de la victime, portait des résidus de tir et des empreintes génétiques similaires à l’ADN des deux frères.

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