Aline Lelièvre comparaît à partir de ce matin aux assises pour avoir tué son bébé. Elle avait fait croire à un enlèvement avant d’avouer.

Geoffroy Tomasovitch | 10.02.2009, 07h00

Pourquoi Aline Lelièvre a-t-elle tué son enfant ? Dépeinte par ses proches comme une « mère aimante », cette jeune femme de 21 ans comparaît à partir d’aujourd’hui devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine pour un infanticide particulièrement sordide. L’accusée est soupçonnée d’avoir, le 30 octobre 2006 à Redon, pendu à une fenêtre son fils de 13 mois avant de jeter le corps dans un étang.

Cette mère célibataire avait tenté de faire croire à un enlèvement avant de passer aux aveux quelques jours plus tard. Incarcérée depuis le 4 novembre 2006, Aline Lelièvre, jugée pour « meurtre sur mineur de 15 ans », encourt la prison à vie. L’association l’Enfant bleu représentera la victime, en absence du père.
Deuxième d’une fratrie de trois, Aline Lelièvre a grandi à Frégréac (Loire-Atlantique) dans un cocon familial protecteur. Adolescente, elle s’oriente vers les métiers de l’hôtellerie. Elle n’obtient pas son CAP mais se lance avec dynamisme dans la vie active, embauchée dans une crêperie de Redon. A la même époque, elle rencontre un jeune homme d’origine brésilienne. Le coup de foudre. Aline tombe enceinte. « Au bout de six mois, le père s’est enfui comme un voleur », confiait la mère de l’accusée en 2006. Seule, la jeune femme assume sa grossesse, soutenue par sa famille. En septembre 2006, elle s’installe avec son bébé au 5 e étage d’un immeuble HLM de Redon. Les murs de l’appartement sont recouverts des photos de l’enfant. La jeune femme, qui travaille toujours dans la restauration, est très entourée. « Une bonne mère. Rien n’était trop beau pour son enfant », témoignera la nounou du bébé après le drame. Un drame que personne n’a vu venir.

La mère aimante était aussi une femme secrète

Le 31 octobre 2006, Aline Lelièvre signale à sa mère la disparition de son fils. Selon sa version, elle s’est absentée, la veille au soir, de l’appartement une dizaine de minutes pour descendre la poubelle et fumer. Son bébé dormait alors dans son lit. Le lendemain matin, il n’y était plus. La mère pense à un kidnapping. La gendarmerie lance d’importantes recherches. Mais la thèse de l’enlèvement ne tient pas. Le 2 novembre, le corps de l’enfant est repêché dans un lac de Redon, enveloppé dans un drap-housse lesté de bouteilles. Détail étrange : la victime ne porte pas de pyjama. Le comportement de la mère la nuit de la disparition présumée intrigue les enquêteurs.
Réentendue, Aline Lelièvre déclare qu’elle a en fait retrouvé son fils inerte dans la salle de bains. Puis, en garde à vue, la mère admet avoir étranglé et pendu son enfant dont elle ne supportait plus la charge. De tels aveux plongent tous les proches d’Aline Lelièvre dans la stupeur. La « mère aimante » était, semble-t-il, une jeune femme secrète qui aurait caché des aspects de sa vie à son entourage. Selon l’instruction, l’accusée s’est montrée au fil de l’enquête « très fuyante » pour admettre qu’en réalité elle délaissait son enfant depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Elle aurait laissé à plusieurs reprises son bébé seul pour se rendre à son travail ou pour aller s’amuser avec des amis. Mais les raisons de son geste restent floues. L’avocate, comme la mère de l’accusée, n’a pas souhaité s’exprimer avant ce procès qui s’achèvera jeudi.

Le Parisien

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