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La deuxième session d’assises de l’année s’est achevée hier sur une affaire hors du commun : en octobre 2006, Eric Moutien, 32 ans, avait abusé d’une jeune fille de 17 ans. L’homme, séropositif, avait volontairement omis de mettre un préservatif. Il a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle.

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Il voulait leur faire payer. À toutes. Toutes ces jeunes filles qui ressemblaient sûrement à celle qui l’a contaminé par le virus de Sida en 1995 alors que lui n’avait que 21 ans. C’est ce qu’Eric Moutien expliquera au juge d’instruction après son arrestation pour le viol d’une jeune fille en 2006. Placé sous trithérapie pour traiter sa maladie, Eric Moutien continue néanmoins de multiplier les conquêtes. « C’est un homme à femmes, un dragueur invétéré. Ce n’est pas un fait réprimé par la loi jusqu’à preuve du contraire », souligne son conseil le bâtonnier Michel Bidois.

Comportement à risques

Entre 1995 et 2005, l’accusé reconnaît avoir eu de nombreuses conquêtes avec lesquelles il n’a pas systématiquement utilisé de préservatifs. Même en ménage avec sa première concubine, il ne se montre guère prudent. Celle-ci sera contaminée et, après lui avoir donné deux enfants sains, décédera des suites de complications liées à la maladie. « Il désirait se venger, se rassurer, peu importe. Mais en tout cas, c’est certain qu’il avait un profond mépris pour toutes ces femmes auxquelles il a caché sa maladie. Il savait que s’il en parlait, elles l’auraient fui », explique l’avocat général Anne-Marie Noël. Avec sa seconde petite amie, il adopte le même comportement insouciant. C’est elle qui l’obligera à acheter des préservatifs pour ne pas prendre de risques lors de leurs rapports sexuels. En octobre 2006, alors qu’il est au volant de sa voiture, il croise Géraldine* qui elle est à pied. Il connaît la jeune fille puisqu’elle est scolarisée dans le lycée où lui-même travaillait comme surveillant. Il s’arrête à son niveau et lui propose de venir boire un verre chez lui. La lycéenne refuse l’invitation et lui explique qu’elle a rendez-vous avec sa mère. Devant l’insistance du jeune homme, la jeune fille finit par accepter. Arrivés au domicile de l’accusé, ce dernier ferme le portail, puis la porte de la maison à clef et allume la télé. Après avoir discuté quelque temps dans le salon, l’homme commence par l’embrasser puis il l’entraîne dans sa chambre et la viole sans préservatif.

Il se croyait guéri

Débute un long calvaire pour la victime. « Elle a vécu dans la terreur. Pendant des mois, elle a subi une batterie de tests. Même si le bilan est négatif pour l’instant, elle est obligée de faire un test de dépistage tous les ans et ce pendant dix ans », signale Me Marie Briot, avocate de la partie civile, lors de sa plaidoirie. Au cours de ces différentes auditions, Eric Moutien avait d’abord indiqué que Géraldine était consentante, puis avait reconnu qu’il l’avait forcée. Hier, il a expliqué à la cour qu’il « se croyait guéri ». Pour Anne-Marie Noël, les propos de l’accusé sont invraisemblables. « Vous étiez d’autant plus contagieux que vous aviez arrêté de prendre votre traitement depuis plusieurs mois. Vous aviez les œillères de votre plaisir », lance-t-elle à l’accusé. Devant le risque élevé de récidive, l’avocate générale a requis à son encontre 12 à 14 ans de réclusion criminelle assortis d’un suivi sociojudiciaire. Avocat de la défense, Me Michel Bidois a axé sa plaidoirie sur la personnalité de son client. « Eric Moutien est un être humain avec ses difficultés et ses souffrances. Il n’a pas eu une enfance heureuse, son adolescence était perturbée, et sa vie d’adulte a été marquée par cette contamination ». Et le bâtonnier de demander une certaine clémence de la part des jurés, leur suggérant de tenir compte de ces épisodes douloureux. Après une heure de délibéré, les jurés ont reconnu l’accusé coupable des faits de viol et suivi les réquisitions du ministère public. Il a écopé de 12 ans de réclusion criminelle

M.N

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