CLICANOO.COM | Publié le 23 février 2010

COUR D’ASSISES. Jean-Claude Honorine est accusé d’avoir violé en juillet 2008, non seulement dans un chemin sombre de Sainte-Suzanne, mais aussi dans un appartement de Saint-Denis son ex-concubine sous la menace d’une arme. Déjà condamné pour des faits identiques en 1996, il risque la réclusion criminelle à perpétuité. Lui nie toujours les faits.

“Moin la pas violé”, affirme encore et toujours Jean-Claude Honorine juste après la lecture de l’ordonnance de mise en accusation. Ordonnance qui l’accuse d’avoir violé sous la menace d’une arme son ex-petite amie. Constant dans ses déclarations depuis le début, il affirme que les relations étaient consenties. Ce sont les différents experts qui se sont penchés non seulement sur l’accusé mais aussi sur la victime, qui vont entamer ce quatrième dossier de la première session d’assises de l’année 2010. Pour Jean-Claude Honorine, l’enquêteur de personnalité le décrit comme quelqu’un de bien éduqué, ayant toujours travaillé et ayant même su profiter de sa première incarcération pour passer un diplôme dans la maçonnerie. Malheureusement pour l’accusé, les experts psychiatres et psychologues vont dresser un portrait de lui beaucoup moins réjouissant. Ainsi, si le psychiatre ne relève, comme le psychologue, aucune pathologie clinique, il est décrit par le praticien comme pouvant faire preuve d’absence d’affect. C’est le psychologue qui sera beaucoup plus incisif, le déclarant intelligent mais malin, un peu manipulateur voire roué. Il poursuit en affirmant qu’il a une personnalité ayant tendance à la manipulation avec une forte propension à la jalousie et à un besoin narcissique d’appropriation de l’autre.

Violée sous la menace d’un canif

Tout le contraire de la victime qui sera décrite comme loyale dans ses discussions avec les experts et ne présentant aucun symptôme de l’affabulation ou de la mythomanie. De plus, tous les experts affirmeront que les conséquences psychologiques affectant la jeune femme sont particulièrement importantes. L’après-midi a été consacré à l’examen des faits. Faits particulièrement graves, non seulement pour la victime mais aussi pour l’accusé car s’il est reconnu coupable, il risque la réclusion criminelle à perpétuité de fait de sa première condamnation en 1996. Début juillet 2008, la victime va déposer plainte auprès des policiers du commissariat Malartic pour viol. Elle accuse son ex-concubin d’avoir, la veille, abuser d’elle à plusieurs reprises. C’est à huis clos que la victime narrera son calvaire à la cour ce matin, même si les faits avaient été déjà partiellement évoqués non seulement lors de la lecture de la mise en accusation mais aussi durant les dépositions des experts. Ainsi, elle expliquait que ce soir-là, en début de soirée, alors qu’elle était sortie pour prendre l’air, elle a vu son ex-concubin venir vers elle au volant de sa voiture. Après avoir menacé de se suicider et s’être mutilé avec un canif, lui soutenant que c’est avec un cure-dent en bois, il parvenait, sous la menace, à la faire monter dans son véhicule avant de se rendre sur le secteur de Sainte-Suzanne. Elle aurait alors été violée dans la voiture garée dans un champ de cannes. Puis, il l’aurait ramenée dans un appartement ou elle aurait subi un nouveau viol. C’est juste après ces faits qu’elle a déposé plainte. Interpellé et placé en garde à vue le lendemain par les policiers de la brigade criminelle, l’homme niait farouchement les faits. L’audition des différents témoins n’a pas fait avancer la recherche de la vérité tant chacun campait sur sa position malgré les questions précises du président Szyzs, de François Basset l’avocat général ainsi que celles de la défense, représentée par Me Marie Briot. Cette matinée débutera avec l’audition à huis clos de la victime avant les plaidoiries des avocats et le réquisitoire du ministère public. Le verdict devrait être connu en début ou au milieu de l’après-midi

Jérome Leglaye

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