AUNEAU (AFP) — Les prud’hommes de Versailles ont donné raison à une employée d’un supermarché d’Auneau (Eure-et-Loir) licenciée par son employeur en février 2008, pour avoir détourné 60 centimes sur sa carte de fidélité personnelle, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

La justice a annulé en février le licenciement et condamné le supermarché Atac à lui verser près de 16.000 de dommages et intérêts pour « licenciement en l’absence de cause réelle et sérieuse », ainsi que 1.380 ? pour « licenciement vexatoire », a indiqué la victime, confirmant une information parue dans Libération.

La société Atac a déclaré jeudi à l’AFP qu’elle n’allait pas interjeter appel de la décision et qu’elle avait proposé à son ancienne employée de la réintégrer. « Nous n’étions pas au courant de cette affaire avant le jugement des prud’hommes », a précisé l’enseigne.

« Le circuit décisionnel n’a pas fonctionné dans le traitement de cette affaire. Globalement, les éventuels manquements des hôtesses de caisses doivent être sanctionnés en fonction de la gravité et dans une bonne mesure », a-t-on assuré de même source.

Marie-Christine, ancienne conseillère municipale d’un village voisin et employée chez Atac depuis 7 ans, a été convoquée par le responsable du magasin le 6 novembre 2007.

« Le directeur m’a sorti un listing où il avait surligné trois lignes correspondant à trois passages en caisse pour lesquels ma carte de fidélité personnelle a été créditée de 60 centimes d’euro en tout », a expliqué à l’AFP Marie-Christine, indiquant qu’il l’avait soupçonnée d’avoir tenté de profiter du passage en caisse d’un client.

Le directeur lui reprochera finalement le détournement de 40 centimes.

« Il m’a traité de voleuse, et m’a dit que j’allais faire l’objet d’une mise à pied avant d’être licenciée », a-t-elle ajouté.

Après avoir longuement réfléchi, l’ancienne employée d’Atac s’est rendu compte que les passages en caisse qui lui étaient reprochés auraient pu été effectués par son ex-mari qui ne lui avait pas redonné sa carte.

Marie-Christine a été licenciée le 2 février 2008. Quelques semaines plus tard, un ami lui a conseillé de contester son licenciement auprès des prud’hommes.

Selon l’ancienne caissière, cette affaire n’était qu’un prétexte pour « dégraisser la masse salariale dans le magasin qui fonctionnait beaucoup moins bien après l’ouverture d’un Super U dans la ville ».

Depuis quelques semaines, Marie-Christine a été embauchée à la cantine scolaire de sa ville.

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