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Accusé d'avoir tué son ex avec son tracteur

· Intime Conviction · 3 min de lecture

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A Saint-Vincent-des-Landes, en octobre 2005, une femme mourrait écrasée sous sa voiture. Son véhicule avait été retourné par un tracteur. Le conducteur, son ex, est jugé pour coups mortels avec arme.

Ce petit homme a traversé quarante ans de vie sans « sans faire parler de lui », sans « une aspérité ». Yves de Frémond, 44 ans, est pourtant aujourd'hui jugé par la cour d'assises de Loire-Atlantique. Accusé d'avoir tué son ex-petite amie avec un tracteur. Comment tout a basculé ? C'est tout l'intérêt du procès qui s'est ouvert hier et dont on attend le verdict vendredi. Mais avant, les jurés vont devoir se forger une opinion sur les versions différentes de l'enchaînement qui a conduit au drame.

Sur le décor, il n'y a rien à dire. Tout le monde témoigne qu'Yves de Frémond, père d'un enfant, est un homme gentil, discret, timide, et presque « trop serviable ». Il est investi dans des associations, ne boit pas. Ses professeurs l'ont oublié, ses patrons n'ont rien à dire de lui. Les femmes qui ont croisé sa vie ne témoignent d'aucune amertume. Un petit détail ressort souvent : l'homme, qui a travaillé dans la mécanique agricole et l'électricité industrielle, est un « peureux », un « froussard. » Et après une journée d'audience, on se disait hier soir que le ressort de cette terrible affaire se trouvait peut-être bien là.

« Mort de trouille »

Au printemps 2005 donc, Yves de Fremond a vécu un coup de foudre. Il est tombé amoureux d'Annie (1), mère d'un enfant de 12 ans. Aussitôt, ils forment des projets, calent une date de mariage. Annie est rapidement enceinte. Et puis, tout aussi vite, la relation prend fin. Annie perd le bébé. Et des querelles s'installent entre eux au sujet des frais de garde des chevaux d'Annie, en pension chez Yves de Frémond, à Saint-Vincent-des-Landes.

Survient ce dimanche 23 octobre 2005. Annie se déplace avec son fils et Gérard (1), le père de l'enfant, pour voir les chevaux. Ils veulent aussi régler le litige financier. Yves de Frémond est « mort de trouille », comme il le dit lui-même. Il redoute Gérard. Il craint de prendre une « raclée ». « Je me suis dit, ils arrivent. Il faut que je monte sur quelque chose pour être en sécurité. J'ai paniqué. » Il a grimpé sur le tracteur qui se trouvait dans la cour de sa maison. Il a levé le godet de la machine qui pèse quatre tonnes et a passé la marche avant. Vitesse lente.

Le tracteur a avancé. Il a percuté à deux reprises la voiture dont seul Gérard était sorti. Une première fois, les dents du godet de fer ont crevé la portière. La voiture a basculé sur la tranche, dans un fossé. Un deuxième coup a été porté. Et le véhicule s'est renversé. La mère a aidé son enfant à sortir de la voiture. Elle, en revanche, est restée coincée sous la carcasse. « Il a réellement tenté de nous écraser, rapporte Gérard. Il a foncé sur nous. »

Yves de Frémond nie avoir volontairement percuté la voiture. Il jure depuis toujours qu'il voulait juste faire peur avant de s'enfuir. Selon lui, le drame est survenu accidentellement. Lors d'une empoignade avec Gérard dans la cabine du tracteur, son pied aurait quitté l'embrayage. Le tracteur lui aurait alors échappé. « Impossible » tranchait l'expert automobile hier soir. Pour le spécialiste, cette version n'est pas compatible avec les traces relevées sur la voiture.

Thomas HENG.

(1) Prénoms d'emprunt, pour protéger l'anonymat d'une des victimes, mineure.

Ouest-France