TURIN (Italie) – Le procès en appel d’un proche du chef du gouvernement italien, Marcello Dell’Utri, a repris vendredi à Turin avec l’audition très attendue d’un mafieux repenti qui a lancé pendant son interrogatoire de lourdes accusations impliquant aussi Silvio Berlusconi.

Le repenti, Gaspare Spatuzza, a commencé à témoigner devant la Cour d’appel de Palerme déplacée pour raisons de sécurité à Turin (nord), en présence du sénateur Dell’Utri. Un paravent blanc a été placé entre les juges d’un côté et le public et les avocats de l’autre, pour qu’il ne puisse pas être reconnu, selon un photographe de l’AFP.

« Cosa Nostra est une association mafieuse terroriste. Je la définis de cette manière parce qu’après 92, nous avons poussé notre action un peu plus loin, dans un domaine qui ne nous appartient pas », a déclaré Spatuzza, selon l’agence Ansa, en disant se référer notamment à « la tuerie de Florence, au cours de laquelle est morte la petite Nadia ».

Spatuzza, qui a passé la nuit dans un endroit secret, est surveillé en permanence par des policiers.

Avant sa déposition, la Cour a rejeté une demande des avocats de la défense de Dell’Utri de rétractation des déclarations qu’il avait faites le 22 décembre 2008, dénonçant « des mensonges et manipulations » et jugeant douteux qu’elles interviennent si tard pendant le procès en appel.

Selon les déclarations à la justice de Spatuzza, MM. Berlusconi et Dell’Utri auraient été les interlocuteurs privilégiés dans le monde politique de son boss, Giuseppe Graviano, au moment où la mafia commettait une série d’attentats sanglants en 1992 et 1993. « Tout est bien combiné avec les politiques, nous avons obtenu tout ce que nous recherchions », aurait confié Graviano à Spatuzza en janvier 1994.

Accusé d’avoir été « l’intermédiaire et l’homme providentiel » pour préparer l’arrivée sur la scène politique italienne de forces bien disposées à l’égard de Cosa Nostra, Dell’Utri avait déjà été condamné à neuf ans de prison pour association mafieuse en décembre 2004 en première instance.

Le week-end dernier, Silvio Berlusconi avait qualifié les informations sur ses liens présumés avec la mafia, d' »attaque la plus incroyable et ignoble qu’il ait subie ces dernières années ».

Le procureur en chef du parquet de Florence, Giuseppe Quattrocchi, avait démenti samedi des informations de presse selon lesquelles une enquête pour association mafieuse aurait été ouverte par cette juridiction contre Berlusconi et Dell’Utri à propos de ces massacres qui avaient touché Milan, Florence et Rome.

(©AFP / 04 décembre 2009 12h22)

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