Ils étaient prévenus de vols, tentatives de vol et dégradations, à Mirande et Nogaro.

Deux prévenus ont mobilisé l'audience à juge unique, à Auch. Photo DDM, archives

Deux prévenus ont mobilisé l'audience à juge unique, à Auch. Photo DDM, archives

La porte de la salle d’audience garde une trace de son dernier passage, le 30 septembre. Parce que ce jeune prévenu est réputé pour son agitation, quatre policiers sont présents à l’audience correctionnelle. En ce jeudi matin, Adrian est plus calme mais ne peut s’empêcher de ricaner, interrompre les magistrates, trépigner, jouer de la provocation. La procureur Carole Combres et la présidente Myriam Saunier le reprennent régulièrement mais calmement. Le garçon, 18 ans, est cité dans trois des dossiers jugés ce matin-là. Un de ses amis, David, qui comparaît détenu, en a quatre.

« on est tenté »

Première affaire pour Adrian. Il y a un comparse, Kévin, 18 ans aussi mais un casier vierge, et deux mineurs. Ils sont prévenus d’avoir tenté de voler trois voitures dans la nuit du 5 au 6 août à Mirande et d’avoir pris ce qu’ils ont trouvé à l’intérieur. Pourquoi ? « Je peux pas expliquer, j’avais rien à faire ce jour-là », dit Kévin. « Il y avait une voiture, elle était ouverte et voilà », dit Adrian, « on est tenté à regarder ce qu’il y a dedans ». Il parle de l’alcool, de l’effet de groupe. Un psychiatre l’a rencontré en détention. Il estime que le garçon vole pour se venger. « Le jour où j’ai retrouvé ma voiture comme ça, c’était mon premier jour de travail. Le jeune homme a dit qu’on lui refusait du travail, j’avais passé six mois à en chercher », répond une victime. Avant de partir, Kévin présente ses excuses. Puis, pour Adrian, il y a une histoire de voiture retournée sur le flanc, le 20 août, toujours à Mirande. Il était avec des mineurs. « C’est pas méchant », dit-il. Là encore, vengeance aveugle. La présidente le sermonne. « Vous avez raison », tente Adrian. « Raison de quoi ? -De ce que vous venez de dire. -Quoi ? -Ah, vous m’embrouillez là ». La procureur requiert de la prison avec sursis et une mise à l’épreuve. « Elle me met du sursis pour une voiture retournée ? Elle me met rien du tout, du TIG », répond le garçon pour sa défense. Troisième dossier, avec David. Tous deux sont prévenus d’avoir volé quantité de bouteilles d’alcool et de la nourriture le 8 septembre au snack du camping de L’Ile du pont à Mirande. « Ils auraient pas été racistes, ils auraient pas eu de soucis », dit Adrian, hilare. Pour lui, il n’y a pas de quoi fouetter un chat : « C’est pas de l’argent ». David, lui aussi présent le 30 septembre, très agité alors, s’est calmé. « J’ai failli me tuer et je suis en prison. Les conneries, c’est fini », dit-il, « à la sortie, je veux travailler comme quelqu’un de normal ». Le psychiatre a pointé une enfance très difficile et de sérieux déficits intellectuels. Il y a trois autres dossiers : une rébellion, des dégradations de voiture et vol d’une enceinte. En juin, à Nogaro, il avait cassé les vitres de quatre voitures. Pour fournir un autoradio à un garçon qui le menaçait, dit-il. La rébellion au commissariat le 30 septembre ? « Je voulais dire au revoir à mes potes », dit-il, expliquant que le geste du policier lui a rappelé ce qu’il avait subi dans son enfance.

David est condamné à six mois de prison dont quatre avec sursis et mise à l’épreuve et le tribunal ordonne une confusion avec une peine précédente. Kévin est condamné à 90 heures de TIG à faire sur 18 mois, Adrian au même TIG ainsi qu’à un mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve de deux ans. F.R.


en bref

Condamné pour outrage envers un huissier

Un quinquagénaire a été condamné hier à 1 500 € d’amende dont 800 € avec sursis pour outrage à un huissier. Il avait comparu le 5 novembre et devait également répondre de violences. Le tribunal avait mis son jugement en délibéré et n’a pas retenu les violences. Lors d’une vente aux enchères dans un château voilà un an, il avait accompagné un ami du propriétaire. Ce dernier voulait faire passer un document, estimant la vente illégale. L’huissier n’a pas voulu le prendre « car aucun n’était huissier ou avocat », elle a continué la vente, les deux hommes derrière elle. Puis elle avait estimé que le prévenu lui avait donné un coup d’épaule. « J’ai glissé et par pur réflexe, je me suis appuyé sur l’épaule de madame qui était à côté de moi », avait-il expliqué. Les outrages ? « Je ne me suis jamais adressé directement à elle mais à mon ami. J’ai peut-être dit tarée mais en aucun cas dangereuse pour la profession », avait-il dit. Il doit donc verser 700 € de dommages et intérêts à sa victime.


Assises : le huis clos

Le second procès de cette session d’assises s’est ouvert hier et se terminera aujourd’hui. Les débats se tiennent à huis clos. Un jeune homme y est accusé du viol d’une jeune fille qu’il avait prise en stop, en mars 2008.

LaDepeche.fr

Justice.

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