Ils avaient braqué un fourgon en 2002.
Ils avaient braqué un fourgon en 2002./ J. SAGET / AFP

Justice Plusieurs bandits aux assises de Melun

Les policiers vont tout fouiller. « Jusque dans les coffres des voitures stationnées à côté du tribunal », avançait, hier, une source judiciaire. A Melun, s’ouvre cet après-midi devant les assises de Seine-et-Marne le procès à haut risque de cinq figures du banditisme, des amis proches du « roi de la belle », Antonio Ferrara. Un soupçon de tentative d’évasion va planer sur les audiences, durant lesquelles quatre hommes et une femme vont être jugés pour avoir participé en mai 2002 à l’attaque d’un fourgon blindé de la Brink’s à Emerainville.

108 balles tirées dans la fusillade
Surpris par les policiers, les malfaiteurs avaient engagé une course-poursuite jusque dans le Val-de-Marne. Munis d’un véritable arsenal de guerre, des séries de tirs avaient été échangées avec les forces de l’ordre. Dans la fusillade, un des policiers avait été touché à la cuisse. Au final, dix armes de guerre ont été saisies et les examens balistiques ont conclu qu’au moins 108 balles avaient été tirées. Les individus ont été interpellés entre 2004 et 2007. Certains des accusés ont depuis été condamnés aux côtés de Ferrara pour diverses attaques similaires de fourgons dans la France entière. D’autres ont été acquittés. Cette fois-ci, les empreintes ADN des cinq personnes ont été retrouvées sur des objets abandonnés.

Neuf jours de procès pour l’attaque d’un fourgon blindé

A partir d’aujourd’hui, cinq accusés répondent de l’attaque d’un fourgon blindé, le 23mai 2002 sur l’A4, à hauteur de Lognes-Emerainville, et d’une course-poursuite mouvementée.

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Guénaèle Calant |

Durant les neuf jours que durera leur procès, quatre hommes et une femme vont clamer leur innocence devant la cour d’assises de Seine-et-Marne, à Melun. A partir de cet après-midi à 14 heures, les jurés devront déterminer si Dominique Battini, 46 ans, Alexandre Vittini, 36 ans, Sophiane Hamli, 33 ans, Bachir Airouche, 34 ans, et Fatima Boudissa, 40 ans, ont participé, d’une manière ou d’une autre, à la spectaculaire attaque de fourgon blindé du 23 mai 2002.

Elle était survenue à la sortie de l’autoroute A 4, en direction de Noisiel, à hauteur de l’échangeur de Lognes-Emerainville. L’attaque avait précédé une course-poursuite avec la police, au cours de laquelle plus d’une centaine de coups de feu avaient été tirés, en direction des fonctionnaires mais également en direction de témoins. Retour sur une opération hors norme, qui n’avait rapporté aucun butin à ses auteurs.1 14h5, à l’échangeur. Deux fourgons de la Brink’s, qui se rendent à la succursale de la Banque de France à Noisiel, quittent l’autoroute A 4. Le premier, dans lequel se trouve l’argent, poursuit sa route tranquillement, le second est percuté par un camion de 12 t alors qu’il se trouve à la hauteur de la bretelle d’accès à la voie primaire ouest. Le fourgon est attaqué par une dizaine de malfaiteurs armés, cagoulés, gantés et vêtus de blousons de police, qui le bloquent avec des cales métalliques et ouvrent le feu. Une charge explosive est placée sur une paroi du fourgon, provoquant une ouverture du blindage. Pendant ce temps, une seconde équipe de malfaiteurs tire sur des automobilistes et provoque des accidents en plaçant des voitures en travers de la route. Il n’y a pas d’argent dans le fourgon, qui est incendié alors que trois convoyeurs sont retranchés dans le sas de sécurité. Ils vont en ressortir indemnes in extremis.

2 A Lésigny. Une partie des malfaiteurs est repérée par un équipage de police au niveau du chemin d’accès du golf du Réveillon. Ils circulent à bord d’un fourgon. Une moto est également repérée. Sur le parking, les fuyards enflamment deux Renault Espace et une Golf Volkswagen, toutes volées. Les policiers sont pris pour cible par des tirs d’armes automatiques.

3 A Limeil-Brévannes (Val-de-Marne). Une autre voiture de police reçoit des impacts de balles et va s’échouer dans un véhicule en stationnement. Dans cette même ville, les braqueurs tentent de dérober une voiture : ils tirent sur ses occupants. Puis ils ouvrent le feu sur d’autres policiers. L’un d’eux est blessé à une cuisse.

4 A Bonneuil (Val-de-Marne). Nouvel échange de coups de feu entre les fuyards et les forces de l’ordre. Le fourgon est abandonné. Ses occupants s’emparent d’une Peugeot 306 et d’une Peugeot 405, sous la menace de leurs armes. A ce moment-là, ils ne sont pas cagoulés. Ils ouvrent le feu sur d’éventuels poursuivants. Une femme est blessée.

5 A Sucy-en-Brie (Val-de-Marne). Les deux voitures sont abandonnées, accidentées, deux autres sont volées. Le commando prend la fuite en direction de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).

Au terme de plusieurs années d’une enquête menée conjointement par différents services de police, dont la police judiciaire de Meaux, cinq participants présumés à cette attaque ont été identifiés et arrêtés, notamment grâce à des prélèvements d’ADN.

Le Parisien

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