Draguignan

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Dans le procès de Michel Chopin, accusé de l’assassinat de sa soeur aînée Louisette, le 20 décembre 2006 au Muy, on a tourné autour du pot toute la journée d’hier, devant la cour d’assises du Var. Sans jamais exprimer clairement les choses qui fâchent.

Pourquoi Louisette Chopin a-t-elle trouvé, à 50 ans, une mort atroce au fond d’un ravin en bordure de route entre Le Muy et Sainte-Maxime ? Quel secret assez lourd détenait-elle, pour justifier de l’abattre de deux coups de fusil de chasse, et de l’achever en l’aspergeant d’essence pour la brûler ?

Ses frères et soeurs, assis au banc des parties civiles, n’ont pas obtenu de réponses à leurs questions. Du moins pas celles qu’ils attendaient de leur frère Michel, enfermé dans des versions à géométrie variable, parfois contradictoires.

Trouble passé familial

On attendait avec espoir la confrontation des frères et des soeurs avec leurs parents, retraités à Sainte-Maxime. En particulier celle de Philippe Chopin, deux fois condamné pour des crimes sexuels sur des mineurs à vingt, puis douze ans de réclusion.

Rendez-vous manqué : il n’a pu être extrait le matin de sa cellule de la prison de Draguignan, en raison d’un mouvement social des surveillants.

Sa soeur Louisette, qui avait été son seul soutien dans ses démêlés judiciaires, était persuadée que, pour avoir des comportements aussi pervers, Philippe avait dû être victime à l’enfance de quelque chose de terrible dans le cadre familial. Au point de mener sa propre enquête pour faire resurgir le passé de son père, un ancien mineur de fond du Pas-de-Calais.

Outre la violence de ce père, elle s’était persuadé que Philippe avait pu assister, à l’âge de 6 ou 7 ans, à un viol suivi d’un meurtre, dont leur mère aurait effacé les traces.

« Des mensonges. Ils mentent tous », selon les parents Chopin, qualifiant la mort horrible de leur fille aînée « d’incident ».

Deux mobiles possibles

Parmi les frères et soeurs de Louisette, tous ne sont pas persuadés qu’elle a été tuée par Michel pour l’empêcher d’exhumer un supposé passé paternel trouble, dont il n’existe par ailleurs aucune preuve objective.

Certains pensent que leur frère avait un mobile personnel bien plus puissant. Louisette voulait aussi dénoncer des abus sexuels commis sur sa fille par Michel en 2002. Toute la famille était au courant, mais Louisette n’en avait jusque-là jamais rien dit. Le deuxième procès de Philippe, dix jours avant les faits, avait été le détonateur.

« Elle voulait que Michel paye pour ce qu’il avait fait à sa fille, a témoigné l’une des soeurs. Il a eu peur d’aller en prison. C’est tout simplement ça. »

Ces faits, révélés lors de l’instruction, font l’objet d’une procédure distincte dans laquelle Michel Chopin est mis en examen pour des viols et agressions sexuelles sur six enfants de son entourage familial. Il bénéficie toujours de la présomption d’innocence.

Préméditation contestée

Michel Chopin a toujours nié avoir prémédité la mort de Louisette.

Selon lui, s’il avait fait l’aller-retour en catastrophe, de son domicile dans le Gers jusqu’à Roquebrune-sur-Argens, c’était pour parler à Louisette du mal qu’elle faisait à leurs parents. Et si son fusil de chasse et le bidon d’essence de sa tronçonneuse se trouvaient dans le coffre de sa voiture, c’était par hasard.

« Il ne nous fera jamais croire qu’il a fait 800 km en pleine nuit pour venir discuter avec notre soeur. S’il a des regrets, c’est maintenant qu’il faut qu’il parle. »

Cet aveu n’est pas venu. L’audience reprendra ce matin avec le réquisitoire de l’avocat général Pierre Gagnoud.

G. D.
Paru aujourd’hui, mercredi 16 décembre 2009 à 11:30 0 commentaire(s)
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La mort horrible de la disparue de Roquebrune

mardi 15 décembre 2009 à 14:40 0 commentaire(s)

L’accusé nie toute préméditation dans le meurtre de sa soeur aînée, en décembre 2006. Face à ses frères et soeurs, alignés au banc des parties civiles, partagés entre le désespoir et le ressentiment à son égard, Michel Chopin a nié hier avoir prémédité le meurtre de sa soeur aînée Louisette, âgée de 50 ans.

Poursuivi pour assassinat devant la cour d’assises du Var, ce maçon de 42 ans, demeurant dans le Gers, a présenté le crime commis le 20 décembre 2006 presque comme un accident, perpétré sur un coup de tête, sous la double influence de l’alcool et de la cocaïne.

Quant au mobile de son geste fratricide, Michel Chopin a confirmé au président Jean-Luc Tournier qu’il voulait empêcher sa soeur de mener son enquête, sur un supposé crime sexuel qu’aurait commis leur père trente ans auparavant.

Secret de famille

Une semaine avant sa mort, Louisette Chopin avait été bouleversée par la condamnation de son autre frère Philippe aux assises du Var. Elle trouvait excessive la peine de douze ans de réclusion infligée pour une tentative d’enlèvement et d’agression sexuelle, commise par Philippe en juin 2005 sur une collégienne de Roquebrune-sur-Argens.

D’autant qu’il n’avait recouvré la liberté que depuis cinq mois au moment des faits, après avoir été condamné à vingt ans de réclusion en 1992 pour des faits similaires.

Pour Louisette, l’explication des comportements déviants de Philippe trouvait sans doute son origine dans ce qu’avait pu lui faire subir leur père à l’enfance. Elle tenait à éclaircir ce secret de famille au plus vite, pour tenter d’obtenir pour son frère une peine plus clémente en appel, au nom d’une sorte de déterminisme familial.

Elle n’en a pas eu l’occasion.

Fusillée et brûlée

Le soir du 19 décembre, Michel Chopin a appris ce que voulait faire sa soeur à ses parents, retraités à Saint-Aygulf.

« J’avais pris de l’alcool chez un copain, et deux grammes de cocaïne. Sur un coup de tête je suis descendu dans le Var. »

Arrivé le matin chez sa soeur à Roquebrune, il a demandé à avoir une explication en tête-à-tête. Il l’a emmenée dans sa voiture, jusque sur une petite route serpentant aux pieds du rocher de Roquebrune, entre Le Muy et Sainte-Maxime. Le drame s’est noué là, dans un ravin en contrebas d’un belvédère.

Lors d’une dispute, il a donné deux coups de poings à Louisette, qui a basculé dans le ravin.

« J’ai pris mon fusil dans le coffre, pour lui faire peur. J’ai tiré un coup de feu en l’air et je l’ai poursuivie. J’ai encore tiré deux coups de fusil et elle est tombée. Après, j’ai pris un bâton pour la toucher, pour voir si elle respirait encore. Je suis remonté à la voiture chercher le bidon d’essence de ma tronçonneuse. J’en ai versé une petite bouteille sur elle. Quand j’ai allumé, je l’ai vue bouger et je l’ai entendue hurler. J’ai eu peur et je suis parti. »

Souffrances intolérables

Le corps momifié de Louisette Chopin n’a été retrouvé que quatre mois plus tard, sur les indications de l’accusé.

Des deux coups de fusil, tirés à 15 mètres de distance dans la jambe droite et le thorax, avec du petit plomb à lièvre, aucun n’a causé de lésion vitale. Quant aux brûlures, elles étaient superficielles.

« Peut-être a-t-elle été un peu groggy après sa chute, a suggéré le médecin légiste. Elle n’a pas bougé quand il l’a touchée avec le bâton, mais a réagi quand elle a brûlé. Le décès est intervenu en quelques minutes, par inhalation de gaz brûlants. »

C’est douloureux ?

« Sûrement très douloureux. Sans doute 6,5 à 7, sur une échelle de douleur qui irait jusqu’à 7. »

À cette évocation, Philippe Chopin, qui a été extrait de sa cellule pour assister entre deux policiers au procès de son frère, n’a pu retenir ses larmes.

G. D.
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