Les avocats des quatre jeunes majeurs impliqués dénonçaient hier « une parodie de justice ». (PHOTO R.G.)
Les avocats des quatre jeunes majeurs impliqués dénonçaient hier « une parodie de justice ». (PHOTO R.G.)
CAMBRIOLAGES EN SÉRIE. Quatre jeunes passaient en comparution immédiate hier. Leurs avocats dénoncent une procédure trop rapide. L’affaire a finalement été renvoyée

Surprise hier à Marmande : quatre des jeunes majeurs impliqués dans l’affaire des cambriolages en série, et interpellés mercredi (lire nos précédentes éditions) passaient en comparution immédiate. Au grand soulagement de leurs avocats, à la demande de la présidente Braud, l’affaire a été renvoyée au 30 juillet. Elle n’a finalement pas été jugée sur le fond et il a été décidé de laisser les quatre jeunes gens libres, sous contrôle judiciaire, jusqu’à cette date (lire par ailleurs).

Il n’empêche, la décision du parquet de les juger en comparution immédiate, a provoqué stupeur et colère chez leurs avocats, Franck Dupouy, Stéphanie Gouzes et Yann Delbrel. Au vu de l’ampleur du dossier, des dizaines et des dizaines de vols commis depuis juillet 2008, ils ne s’attendaient pas une telle promptitude et dénonçaient, avant l’audience, « une parodie de justice ».

Trop rapide pour la défense « Le dossier fait un mètre de haut.

On nous l’a communiqué à midi, pour une audience prévue à 14 heures, se désolait Stéphanie Gouzes. Nous avons à peine eu le temps de discuter avec nos clients. Comment voulez-vous défendre correctement quelqu’un dans ces conditions ? »

Les trois avocats pensaient qu’il y aurait une instruction, cette procédure pendant laquelle le juge d’instruction examine les éléments à charge et à décharge. Dans un cas comme celui-ci, « cela aurait pu prendre environ un an », estiment-ils, et ça leur aurait laissé le temps d’examiner de près les centaines de pièces du dossier.

Le parquet d’Agen a semble-t-il vu dans cette option procédurale une alternative pertinente à une phase d’instruction qui aurait pu durer de longues années, tout en sachant pertinemment que les avocats allaient demander un délai pour préparer leurs défenses.

Les trois avocats marmandais, eux, ont une tout autre idée sur la question. « C’est parce que le tribunal de Marmande va fermer en fin d’année. Pour cette raison expliquent-ils, depuis près d’un mois environ, on ne fait plus d’instructions ici, c’est trop long. »

« Pour la même affaire, dans un tribunal qui va rester ouvert, ou ici il y a encore un ou deux ans, il y aurait eu une instruction », commente furieux Franck Dupouy. Et l’ancien bâtonnier de Marmande, d’ajouter : « Quelle que soit la gravité des faits, ils ont droit à une défense digne de ce nom. On ne peut pas juger différemment d’un tribunal à l’autre pour de simples raisons administratives. »

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