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Chaque jour ou presque, les tribunaux jugent en urgence des personnes qui sortent de garde à vue. Pour les défendre, souvent de jeunes avocats sont commis d’office.

  • Chaque jour ou presque, les tribunaux jugent en urgence des personnes qui sortent de garde à vue.
Nantes. Un lundi dans les geôles du Palais de justice. Dans un petit bureau gris, Didier attend. Il sort de garde à vue. Il encourt sept ans d’emprisonnement. Dans un quart d’heure, il sera jugé par le tribunal correctionnel pour avoir, le samedi précédent, frappé sa femme enceinte de huit mois. Déjà condamné pour des vols, il risque de filer immédiatement en prison. Lors des comparutions immédiates, on croise surtout des récidivistes qui ont commis des faits graves. Elles se soldent la plupart du temps par une incarcération.Eléonore Laigre est avocate de permanence cette semaine-là. Prévenue la veille au soir, elle doit assurer la défense de Didier. Dans les geôles du tribunal, elle reprend rapidement les faits avec lui, s’efforce de trouver un début d’explication. « Vous avez envoyé votre femme distribuer des prospectus avant de la frapper parce qu’elle n’allait pas assez vite. Comment avez-vous pu ? » En guise de réponse, seulement des regrets. Me Laigre ne lâche pas son client des yeux, le presse de questions… En vain. L’affaire s’annonce complexe. Didier a le droit à un délai pour préparer sa défense comme tous les prévenus en comparution immédiate. Il refuse. A trop peur de rester en prison le temps d’être jugé. Son avocate le regrette, elle aurait bien demandé une expertise psychiatrique.

« Sa vie en un quart d’heure »

À l’audience, le tribunal n’en sait guère plus sur la violence de cet homme. « Dangereux », tranche le procureur. Didier est condamné à un an dont quatre mois ferme avec mise à l’épreuve. Me Laigre s’agace : « Il a passé deux jours en garde à vue et on lui demande d’avoir réfléchi sur ses actes. Si on veut des explications, on ne choisit pas la comparution immédiate. »

15 h. Autre avocate de permanence, Me Emmanuelle Poulard jongle entre ses différents rendez-vous et sort tout juste d’une audience aux affaires familiales. Prévenue à midi, elle ignore encore tout des faits reprochés à l’homme qu’elle doit défendre. Dans un couloir du palais, le substitut du procureur vient de lui remettre la procédure. Le casier judiciaire de Charles et les procès-verbaux de sa garde à vue.

« Ca s’annonce moyennement bien. Il a donné trois coups de couteau à son beau-frère ». Déjà condamné pour des violences, neuf mentions au casier, beaucoup d’alcool. « Ah, il vient de signer un CDI. C’est un bon point pour éviter la prison et proposer un aménagement de peine » Dans les geôles, elle rencontre son client, fatigué par la garde à vue, pas douché, le nez cassé et le pantalon taché de sang. Il raconte, peu bavard, la bagarre, les verres de whisky. Les bras croisés, nerveux, Charles ne pense pas avoir besoin d’un suivi pour l’alcool. Il concède : « Bon un suivi, si ça peut jouer en ma faveur. » Il doit être jugé seulement le lendemain et s’inquiète pour son travail. D’ici là, il comparaît devant le juge des libertés et de la détention qui décide de l’envoyer dormir en prison. Me Poulard regrette l’insuffisance des explications fournies par son client. L’enquête sociale rapide, réalisée par un travailleur social avant le procès, ne l’éclaire pas davantage. « C’est difficile, je lui demande de raconter sa vie en un quart d’heure alors qu’il ne me connaît pas », déplore l’avocate. Avec les comparutions immédiates, le législateur a voulu sanctionner plus rapidement des récidivistes comme Charles. Et éviter ainsi un nouveau passage à l’acte. « Mauvaise justice », affirme Me Laigre. « Les peines sont parfois lourdes. Et on a moins de temps qu’avec une simple affaire sanctionnée par une amende », regrette aussi Me Poulard. Charles, son client vient d’être condamné à la peine plancher. Deux ans dont six mois avec sursis.

Marylise COURAUD.

lundi 04 janvier 2010

    • Chaque jour ou presque, les tribunaux jugent en urgence des personnes qui sortent de garde à vue.

Une jeune femme de 29 ans a été condamnée, hier par le tribunal correctionnel de Narbonne, en comparution immédiate, à 9 mois de prison ferme, plus une révocation de sursis de 3 mois supplémentaires, pour une série de vols commis en ville le 30 décembre (Midi Libre d’hier). Sa soeur, de deux ans sa cadette, qui n’agissait pas, elle, en récidive, écope pour les mêmes faits de 6 mois avec sursis, plus un travail d’intérêt général de 18 mois.

Ces deux jeunes Héraultaises avaient mis au point un système sophistiqué pour déjouer les systèmes d’alarme des magasins. L’astuce reposait sur un sac à main qui n’avait rien de classique… Ce sac de grande taille capitonné avait été plombé et ses parois intérieures métallisées. Un système dont la substitut Marie-Hélène Vétro relèvera « la

technicité ». Et l’efficacité.
« Presque une dizaine de boutiques ont été écumées ce jour-là par les deux prévenues à Narbonne » soulignera le ministère public. Des magasins situés au centre-ville et dans les grandes surfaces, qui avaient fourni aux deux soeurs « un confortable butin ». Ceinture, écharpe, porte-monnaie, pantalons, tee-shirt, sac à main, bonnet… la liste des objets dérobés est détaillée par Philippe Asnard, le président du tribunal. A chaque fois des objets de marques, observe Mme Vétro.
C’est le vol d’un sac à main qui va mettre fin à l’équipée des deux jeunes femmes. Ce sac avait été discrètement subtilisé le matin dans un magasin. Mais les locaux étaient placés sous vidéosurveillance. La vendeuse avait donc consulté les images, confirmant ses doutes. C’est bel et bien ces deux clientes pressées qui avaient fait main basse sur ce sac à 135 €.
Des jeunes femmes qu’elles allaient voir réapparaître quelque temps après. La police était prévenue, les deux jeunes femmes arrêtées. Et leur butin de la journée retrouvé dans le coffre de la voiture.
Les faits étaient d’ailleurs rapidement reconnus. C’est plutôt leur genèse qui allait faire débat devant le tribunal. Pour le ministère public, on avait affaire ici à « deux voleuses professionnelles », qui avaient quitté Montpellier l’espace d’une journée pour détrousser les commerçants narbonnais. Pour les prévenues, défendues par Me Pascal Oudin, c’est bien par nécessité, pour faire vivre leurs familles avec le produit de la revente de ces objets, qu’elles avaient agi ainsi. La cadette a deux enfants, dont l’un est placé. Sa soeur aînée, qui doit plus de 30 000 € à la Caf, a trois enfants à nourrir.
Le tribunal en a tenu compte, en descendant en deçà de la peine plancher. Mais contrairement à sa soeur, elle n’échappera pas à la prison. Elle a été écrouée hier dès la fin de l’audience.

Des policiers ont été appelés en renfort lorsque le prévenu a quitté le tribunal, car dehors, de nombreux proches l'attendait.

Des policiers ont été appelés en renfort lorsque le prévenu a quitté le tribunal, car dehors, de nombreux proches l’attendaient.

Vendredi, le tribunal correctionnel jugeait un jeune Abbevillois en comparution immédiate pour une série d’outrages. Famille et proches du prévenu avaient fait de déplacement en nombre. L’ambiance était tendue. Climat tendu, incident d’audience, renforts de police, sortie du tribunal sous protection policière… Rarement le tribunal de grande instance d’Abbeville vit des audiences qui attirent l’attention. Mais hier, entre 16 et 17 heures, face au tribunal, une agitation particulière régnait et attirait tous les regards. L’affaire jugée n’était pourtant pas la pire qu’est connue cette juridiction. Mais la personnalité du prévenu a incité les autorités à la prudence. Tout est parti d’une série d’outrages. Ces dernières semaines, à plusieurs reprises, un jeune abbevillois insulte les policiers, puis le procureur de la République. C’en est trop pour le parquet, qui décide de juger en comparution immédiate ce jeune homme, connu des services de police. Colère du président Hier, à l’audience, cette série d’outrages n’a que très peu été abordée. Me Crépin, avocat du prévenu, a demandé un renvoi, qui lui a été accordé. Mais le tribunal devait statuer sur le maintien en détention ou non du jeune homme. Les débats ont tourné cours. Le public, la famille et les proches du prévenu étaient venus nombreux assister à cette audience. Et quand le président du tribunal a demandé au prévenu d’où il tirait ses revenus, ce dernier s’est tourné vers sa petite amie, présente dans la salle. C’est elle qui a répondu au tribunal, en s’adressant directement aux juges. Elle a provoqué la colère du président qui a fait évacuer la petite amie par les policiers. Le prévenu s’est braqué et a tourné le dos au tribunal, ne répondant plus aux questions. Fin des débats. Me Crépin expliqua alors que son client sortait d’un long séjour à l’hôpital de Berck, consécutif à un très grave accident de moto, il y a un an. Il en a des séquelles. Notamment « des absences », témoigne son avocat, qui a demandé la mise sous contrôle judiciaire plutôt que le maintien en détention. Le tribunal ne l’a pas suivi. Il a renvoyé le jeune homme derrière les barreaux en attendant son jugement en novembre. Sous protection policière Dans la salle, c’est l’exaspération, car l’état de santé du prévenu serait encore très précaire et une nouvelle intervention chirurgicale est nécessaire. Tout le monde veut alors voir une derrière fois ce fils, ce frère, cet ami. L’escorte de gendarmes qui l’accompagne est sur ses gardes et veut à tout prix éviter que la situation ne dégénère. Ils temporisent. Puis le prévenu est installé dans le fourgon cellulaire. Ses proches se précipitent dehors, à la sortie de la cour du tribunal où les attendent une dizaine de policiers venus assurer la sécurité du convoi. La situation restera ainsi figée pendant une demi-heure. Finalement, le fourgon sort. Les policiers arrêtent la circulation. Le véhicule file. Un sifflet ou deux se font entendre. Timidement. Fin. L’audience du 4 novembre risque d’être de nouveau électrique d’autant que cette fois, le tribunal sera amené à prononcer une peine pour ce jeune au casier judiciaire marqué de sept condamnations. THOMAS DELOBELLE

Johnny Winterstein a écopé hier d’un an de prison

Johnny Winterstein est un habitué du banc des prévenus du tribunal correctionnel d’Angoulême. Depuis 2004, il a été condamné à une dizaine de reprises. Hier, jugé dans le cadre d’une comparution immédiate, il a écopé de deux ans de prison dont un an avec sursis avec une mise à l’épreuve de deux ans.

Vols de voitures

Peu après minuit mercredi, il a reçu un appel de sa mère qui se plaignait de se faire battre par son mari, le père de Johnny. Le jeune homme, 21 ans, désireux d’aller lui porter secours, a alors décidé de voler une voiture pour s’y rendre, ce qu’il a refusé de reconnaître. « Pourtant, les fils sous le naiman ont été découverts dénudés », lui a rétorqué le président du tribunal. « Ce n’est pas moi, c’est en essayant de vérifier si les clefs étaient sur le contact qu’ils ont dû bouger », s’est défendu le prévenu qui présentait un taux d’alcoolémie de 1,78 g/l.

Johnny Winterstein a ensuite tenté de voler une autre voiture, garée derrière un portail électronique et fermé. Le prévenu a refusé de reconnaître qu’il l’avait forcé.

Il s’est ensuite rendu « au camp » où devait se trouver sa mère. Ne la trouvant pas, il a décidé de rentrer chez lui. Sur la route, il a perdu le contrôle de son véhicule, arrachant un panneau de signalisation et un lampadaire et a tenté d’échapper aux gendarmes. Le tribunal lui a également rappelé qu’il était sous le coup d’une interdiction de séjour dans trois communes dont Jarnac où réside sa petite amie et où il a été vu mardi par une gendarme en repos.

Son avocat, Me Lapeyronnie, a évoqué l’enfance difficile et les problèmes d’alcool et de drogue de son client. Il a plaidé « non pas la clémence, mais la prise en compte du milieu dans lequel il vit ». Cyril Vidalie, le vice-procureur de la République, a, lui, rappelé qu’il était en état de récidive de récidive et qu’il s’agissait de sa 7e comparution pour vol.

Le tribunal a suivi ses réquisitions. Outre la peine d’emprisonnement, Johnny Winterstein devra rembourser les victimes. Il a été maintenu en détention.

INFO JUDICIAIRE SELECTIONNEE POUR VOUS PAR INTIME CONVICTION

Des policiers ont été appelés en renfort lorsque le prévenu a quitté le tribunal, car dehors, de nombreux proches l'attendait.

Des policiers ont été appelés en renfort lorsque le prévenu a quitté le tribunal, car dehors, de nombreux proches l’attendait.

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Vendredi, le tribunal correctionnel jugeait un jeune Abbevillois en comparution immédiate pour une série d’outrages. Famille et proches du prévenu avaient fait de déplacement en nombre. L’ambiance était tendue.

Climat tendu, incident d’audience, renforts de police, sortie du tribunal sous protection policière… Rarement le tribunal de grande instance d’Abbeville vit des audiences qui attirent l’attention. Mais hier, entre 16 et 17 heures, face au tribunal, une agitation particulière régnait et attirait tous les regards. L’affaire jugée n’était pourtant pas la pire qu’est connue cette juridiction. Mais la personnalité du prévenu a incité les autorités à la prudence.

Tout est parti d’une série d’outrages. Ces dernières semaines, à plusieurs reprises, un jeune abbevillois insulte les policiers, puis le procureur de la République. C’en est trop pour le parquet, qui décide de juger en comparution immédiate ce jeune homme, connu des services de police.

Colère du président

Hier, à l’audience, cette série d’outrages n’a que très peu été abordée. Me Crépin, avocat du prévenu, a demandé un renvoi, qui lui a été accordé. Mais le tribunal devait statuer sur le maintien en détention ou non du jeune homme. Les débats ont tourné cours.

Le public, la famille et les proches du prévenu étaient venus nombreux assister à cette audience. Et quand le président du tribunal a demandé au prévenu d’où il tirait ses revenus, ce dernier s’est tourné vers sa petite amie, présente dans la salle. C’est elle qui a répondu au tribunal, en s’adressant directement aux juges. Elle a provoqué la colère du président qui a fait évacuer la petite amie par les policiers. Le prévenu s’est braqué et a tourné le dos au tribunal, ne répondant plus aux questions. Fin des débats.

Me Crépin expliqua alors que son client sortait d’un long séjour à l’hôpital de Berck, consécutif à un très grave accident de moto, il y a un an. Il en a des séquelles. Notamment « des absences », témoigne son avocat, qui a demandé la mise sous contrôle judiciaire plutôt que le maintien en détention. Le tribunal ne l’a pas suivi. Il a renvoyé le jeune homme derrière les barreaux en attendant son jugement en novembre.

Sous protection policière

Dans la salle, c’est l’exaspération, car l’état de santé du prévenu serait encore très précaire et une nouvelle intervention chirurgicale est nécessaire. Tout le monde veut alors voir une derrière fois ce fils, ce frère, cet ami. L’escorte de gendarmes qui l’accompagne est sur ses gardes et veut à tout prix éviter que la situation ne dégénère. Ils temporisent. Puis le prévenu est installé dans le fourgon cellulaire. Ses proches se précipitent dehors, à la sortie de la cour du tribunal où les attendent une dizaine de policiers venus assurer la sécurité du convoi. La situation restera ainsi figée pendant une demi-heure.

Finalement, le fourgon sort. Les policiers arrêtent la circulation. Le véhicule file. Un sifflet ou deux se font entendre. Timidement. Fin.

L’audience du 4 novembre risque d’être de nouveau électrique d’autant que cette fois, le tribunal sera amené à prononcer une peine pour ce jeune au casier judiciaire marqué de sept condamnations.

THOMAS DELOBELLE

AP | 24.08.2009 | 17:44

Un chauffeur routier de 53 ans interpellé sur le terminal ferry du port de Ouistreham (Calvados) pour avoir tenté de passer clandestinement huit Vietnamiens en Grande-Bretagne a été condamné lundi à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Caen.

L’homme, qui avait expliqué dans un premier temps que les clandestins étaient montés à bord de son camion à son insu, était passé aux aveux lors de sa garde à vue. Jugé en comparution immédiate, il a été reconnu coupable « d’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irrégulier d’étrangers en France, dans des conditions incompatibles avec la dignité humaine ».

Vendredi dernier, peu après 22h45, huit Vietnamiens âgés de 16 à 45 ans avaient été retrouvés au fond de son camion dans une cache en bois de moins de deux m2 dissimulée derrière des cartons. AP

Ils avaient dévalisé Quercy-Land dimanche.

Hier, en fin d'après-midi, les quatre hommes  sont arrivés sous bonne escorte   au palais de justice,  à bord de véhicules de gendarmerie différents. Photo DDM, J-M. F.

Hier, en fin d'après-midi, les quatre hommes  sont arrivés sous bonne escorte   au palais de justice,  à bord de véhicules de gendarmerie différents. Photo DDM, J-M. F.
Hier, en fin d’après-midi, les quatre hommes sont arrivés sous bonne escorte au palais de justice, à bord de véhicules de gendarmerie différents. Photo DDM, J-M. F.

La justice lotoise n’a pas voulu faire traîner les choses. Hier en fin de journée, les braqueurs du Quercy-Land de Souillac sont arrivés sous bonne escorte au tribunal de Cahors pour être présentés au parquet et être jugés dans la foulée selon la procédure de la comparution immédiate.

Tout est finalement allé très vite dans cette affaire qui a éclaté dimanche soir lorsque de pseudos clients du restaurant raflaient la caisse en pointant une arme sur le gérant et ses employés. L’effet de surprise passé, la réaction du patron de l’établissement, Michel Aimard, sera aussi rapide qu’efficace. Il prendra en chasse ses agresseurs, poussera leur véhicule dans le fossé et maitrisera un des malfaiteurs. C’est le premier acte. Le deuxième, interviendra cinq heures après avec l’interpellation par les gendarmes de deux des auteurs qui tentaient de fuir à travers champ. Enfin, lundi, le dernier de la bande était interpellé à Brive.

Le quatuor, de nouveau rassemblécette fois face aux juges a tenté de minimiser ce que la présidente Mme Haïcé dès le début d’audience présentait comme « un vol aggravé préparé, commis en réunion et passible d’une peine de 5 ans de réclussion ».

Le plus jeune a 18 ans, l’aîné de la bande en a 26 ans. Ils sont magasiniers, manutentionnaires et dimanche dernier, comme ils sle prétendent sans vraiment y croire eux-mêmes : « Ils voulaient aller à Quercy-Land pour se baigner et manger une pizza »…

Les versions des uns et des autres connaissent des variantes. L’un affirme qu’il était au courant de rien, l’autre qu’il a pris une arme sans y penser, le troisième a enlevé la plaque de sa voiture au cas où.

« Qui a eu l’idée ? » interroge la présidente. Mutisme embarrassé des prévenus. « Tout a démarré quand on a vu un employé apporter une boîte d’argent derrière le bar ». Sourire crispé de

Michel Aimard et d’un de ses employés. Le gérant de Quercy Land raconte la poursuite : « Pendant qu’on roulait, ils nous menaçait avec l’arme et jeté sur la route les boites de pièces «.

Les débats se sont poursuivis tard dans la soirée. Délibéré dans notre édition de demain.

Jean-Michel Fabre.

Julien, 22 ans, sans domicile fixe, se présente à la barre du tribunal correctionnel, en comparution immédiate, pour répondre de vols commis dans plusieurs chambres le premier août dernier au Domaine d’Auriac. Mais le jeune homme n’a rien d’un SDF. Bien au contraire, vêtu d’un costume sombre, la coupe de cheveux impeccable, la voix posée… il en imposerait presque, il faut dire qu’il a l’habitude des tribunaux. Car le prévenu a déjà derrière lui un lourd casier judiciaire, dans différentes villes du sud de la France : Arles, Bordeaux, Montpellier, Carcassonne, avec des condamnations pour vols avec effractions, vols avec violences et des peines allant du sursis à de la prison ferme. D’ailleurs, il est sorti de prison il y a tout juste cinq mois. Pour avoir connu la prison, les foyers d’accueils dès l’âge de 14 ans, Julien exècre les foyers pour SDF: « Je veux dormir dans des endroits propres, il fallait donc que je me débrouille », confie le prévenu, c’est pour cela qu’il vit la plupart du temps à l’hôtel, réalisant des petits boulots, mais son passe-temps favori depuis quelques années c’est désormais le vol et dans les hôtels de luxe de préférence. Dans la soirée du 1er août, il se fait déposer en taxi, s’il vous plaît, au Domaine d’Auriac. Il se fait passer pour un client mais très vite, il repère les chambres vides et se charge de remplir une valise de portefeuilles, ordinateur portable, bijoux, montres…

Trahi par la surveillance vidéo

« Je suis rentré, j’ai pris et je suis parti », confie-t-il au président du tribunal. Cela pourrait être sa devise en fait, c’est une technique élaborée. Car muni d’une carte magnétique, il parvient à se faire passer pour un client de l’hôtel. Mais c’était sans compter cette nuit-là au Domaine d’Auriac sur les caméras vidéo. Sur les films, on le voit remonter dans son taxi avec une valise lourdement chargée. Un taxi et une compagnie rapidement identifiée et les policiers alertés n’auront aucun mal à trouver où le chauffeur l’a déposé. Perquisition, dans sa chambre d’hôtel, où l’on retrouvera de très nombreux objets volés ici et là, Julien est arrêté et reconnaît les faits. « Avant ce casier j’avais une vie normale, je commence à avoir une vie en pleine descente », explique-t-il, lui qui ne veut surtout pas passer pour un professionnel. « Très charmeur, un beau truand, c’est le plus beau des voleurs», ironisera le procureur Hébert. « Il fait son compagnonnage dans les hôtels de luxe », poursuit-t-il en demandant, en raison de son casier, deux ans de prison ferme. Me Essabir parlera d’une véritable problématique de son client par rapport au vol, relevant de la psychiatrie. « Il vous a dit, je veux que vous m’aidiez. Il faut lui trouver une solution mixte car il est dans une spirale, offrez lui une dernière chance, du sursis et des soins appropriés. Après en avoir délibéré le tribunal a condamné Julien à un an de prison ferme. Il a pris la direction de la maison d’arrêt de Carcassonne pas en taxi mais dans un fourgon de la police.

Jean-Luc Letitre

Un couple et un troisième comparse se sont retrouvés vendredi devant le tribunal de grande instance de Béthune, où ils étaient jugés en comparution immédiate. La semaine dernière, ils s’étaient tristement distingués pour des agressions et diverses dégradations commises dans les rues de Lillers.

Leur périple commence au petit matin du dimanche 26 juillet. Suite à un différend, trois Lillérois – un homme de 31 ans, son amie de 27 ans et un autre homme de 28 ans – se rendent chez le frère et la soeur de l’un d’eux. Ils en veulent au premier. Au pied de l’habitation, ils commencent par lancer une bouteille enflammée en direction d’une fenêtre. Elle n’atteint heureusement pas sa cible. Lorsque le frère ouvre finalement la porte, il se prend un coup de gaz lacrymogène dans la figure, ainsi que sa soeur. Les agresseurs prennent la fuite, non sans avoir brisé quatre fenêtres.

Ils auraient pu se faire oublier. Mais deux jours plus tard, le trio se retrouve tard dans la nuit dans un restaurant. Et de nouveau, les trois hôtes se montrent peu discrets. Après avoir provoqué un esclandre, ils se retrouvent à la porte. Qu’ils finissent par fracturer. Même « punition » pour le gérant : il en est quitte pour un coup de gaz lacrymo. Ses agresseurs prennent la poudre d’escampette, en emportant un trousseau de clés.

Huit mois pourle « meneur »

Peu après, un commerçant les surprend en plein vol à l’étalage. Lui aussi se fait « gazer ». L’un des trois le menace même à distance avec un couteau. La victime prévient les forces de l’ordre. Qui ne tarderont pas à identifier les auteurs présumés. Le lendemain, ils seront tous les trois interpellés.

Le trio a été jugé en comparution immédiate vendredi, devant le tribunal de grande instance de Béthune. L’homme de 31 ans, considéré comme le « meneur », a été condamné à huit mois d’emprisonnement, dont quatre avec sursis. Il a été incarcéré dans la foulée à la maison d’arrêt voisine. Son amie a écopé de quatre mois de prison avec sursis et le dernier, de trois mois avec sursis. •


La Voix du Nord

LaDepeche.fr

Un homme a été présenté hier en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel d’Auch pour avoir outragé deux motards des compagnies républicaines de sécurité jeudi à Cazaubon (en récidive), avoir tenté de renverser l’un d’eux avec sa voiture et avoir résisté à son interpellation. Des faits qu’il a nié hier devant les magistrats, avançant des explications qui ont amené ceux-ci à s’interroger sur son état mental et l’opportunité de juger cet homme sans avoir eu d’expertise psychiatrique. Le tribunal a donc ordonné cette expertise confiée à un psychiatre agenais et renvoyé l’affaire à l’audience du 17 septembre. Il a décidé de placer le prévenu en détention et de décerner un mandat de dépôt, eu égard à son casier judiciaire.