Il dit s’appeler Miroslav Pashinski. Bulgare de naissance, né en 1966. Mais après tout, personne n’en sait rien. L’homme qui comparaît hier à la barre du tribunal correctionnel de Lyon a utilisé des documents d’identité falsifiés, avec un nom d’emprunt. Et rien ni personne ne peut vraiment savoir sa véritable identité. Face aux juges, il reconnaît avoir usurpé l’identité. Et il préfère ne pas dévoiler la sienne, la vraie. Par peur de représailles, pour une prétendue dette dont il ne livre aucun détail. Alors voilà un prévenu sous X, comme le tribunal en voit passer un certain nombre. Des hommes et des femmes qui utilisent plusieurs alias, que rien ne permet d’identifier formellement. Parfois, au fil de leurs parcours, ils sont enregistrés sous différents noms dans les fichiers des empreintes digitales. Impossible de savoir lequel est le bon, ni même s’ils ont une seule fois décliné leur véritable état civil. Un comble à une époque ou les cartes, les puces, les surveillances diverses et variées nous pistent en permanence. Un pied de nez qui procure une curieuse impression dans une enceinte de justice.

À la fin de l’audience, le présumé Miroslav est condamné à trois mois d’emprisonnement ferme et trois ans d’interdiction du territoire français, pour deux vols commis à Bron la semaine dernière. De la vodka pour 50 euros et trois bouteilles de whisky pour 241 euros. Le possible Bulgare prétend vouloir faire les vendanges. Il dit dormir près de la gare de Perrache. Invérifiable. Des témoins l’ont vu à bord d’une Audi A4 conduite par un personnage inconnu. Ce qui cadre mal avec sa version de travailleur itinérant. Le tribunal n’est pas dupe, mais comment savoir ?

Comme il impossible de savoir si Hamidou Koulibay, qui se dit Ivoirien, mais sans aucun papier sur lui, qui annonce 24 ans mais en paraît 18, est bien passé par la Mauritanie, la Libye et l’Italie, avant de se faire expulser d’Angleterre, pour atterrir en France. Le fichier des empreintes digitales signale trois identités le concernant. « Un dossier difficile à prendre en charge », admet Me Rodolphe Auboyer, jeune avocat dévoué, qui regrette les poursuites judiciaires privant le jeune homme de recours administratifs.

X, alias Hamidou, a été condamné à un mois de prison ferme pour séjour irrégulier et un an d’interdiction du territoire national. « Après la prison, je peux traverser quelque part ? », s’est-il inquiété. Laissant les magistrats sans voix.

R.S.

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