D. S.

Trois hommes venus de Toulouse ont été reconnus coupables de vols aggravés commis à Capdenac le 19 juin.

Jean-Louis Is, président du tribunal correctionnel. Photo DDM.

Jean-Louis Is, président du tribunal correctionnel. Photo DDM.
Jean-Louis Is, président du tribunal correctionnel. Photo DDM.

Huit ordinateurs portables, des sacoches, du consommable informatique (souris, câbles, etc.) et une fenêtre arrachée. Voilà le butin du vol survenu le 19 juin à Capdenac-Gare et le dégât occasionné par ce qui, de prime abord, s’apparente à un simple larcin commis par trois jeunes gens manque de fonds. Lesquels ont été interpellés par les gendarmes après leur méfait et sont jugés, ce lundi après-midi, en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Rodez.

Sauf qu’à entendre le responsable de la société ainsi « visitée », les conséquences auraient pu être très lourdes. « Si les ordinateurs avaient été endommagés ou s’ils avaient disparu, il nous aurait fallu 700 heures de travail pour remettre les données sur les disques durs », explique-t-il. Et s’il avoue s’être constitué partie civile « surtout pour comprendre pourquoi ils ont fait ça », le chef d’entreprise réclame tout de même 5 000 € « pour les heures perdues à tout remettre en ordre ».

Autant dire que le ministère public n’est pas tendre avec ces trois prévenus. Il l’est d’autant moins que les prévenus, âgés de 20 et 21 ans, ont déjà un lourd passé. Vingt et une condamnations, au cumul, figurent sur leurs casiers judiciaires. Principalement des admonestations, des rappels à la loi et des heures de travail d’intérêt général prononcés par des juridictions pour enfants. « Ils ont même été prévenus qu’à leur prochain passage devant un tribunal, ils risquaient de la prison ferme », assure le substitut Éric Camous en rappelant que le trio est sous le coup de la loi sur les multirécidivistes. Le magistrat évoque ensuite les « incohérences » existantes entre les dires des prévenus – un seul, qui avoue, aurait fait le coup – et les constatations des enquêteurs. « Ils étaient trois à commettre ce vol. Et puisque, jusqu’à présent, les juges n’ont pas réussi à faire comprendre qu’il fallait gagner sa vie en travaillant, il faut engager une épreuve de force contre eux », estime Éric Camous en requérant de la prison.

Un réquisitoire qui évidemment fait bondir l’avocate de la défense. Me Pleinecassagne assure, elle, que les constatations vont dans le sens des déclarations des prévenus et qu’il faut donc relaxer deux d’entre eux. Quant à celui qui avoue, elle plaide en faveur de l’indulgence du tribunal : « Il ne refuse pas de travailler. Au contraire, il met de la volonté mais fait selon ses moyens ».

Le tribunal, présidé par Jean-Louis Is, déclare les trois garçons coupables et les condamne à des peines allant de 3 ans de prison, dont 18 mois avec sursis et mise à l’épreuve, à 3 ans de détention ferme. Et tous restent en détention.

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