P.-J. P.

Accusé d’avoir assassiné le client d’une prostituée.
Depuis hier à Toulouse, la cour d’assises de Haute-Garonne juge en appel Christophe Barthe. Cet Albigeois, aujourd’hui âgé de 43 ans, est accusé d’un assassinat et d’une tentative de meurtre.

Les faits, qui remontent au 20 septembre 2004, s’étaient produits tout près de la gare d’Albi, sur le parking de la cité administrative. Ce soir-là, Belahouel Djeddel, un Albigeois de 29 ans, avait été mortellement blessé d’un coup de fusil, alors qu’il se trouvait en compagnie d’une prostituée nigériane. La jeune femme sera elle-même blessée lors de la fusillade. Un suspect à bord d’un coupé Ford, repéré par un policier, sera interpellé le lendemain matin. Malgré des preuves matérielles qui semblent l’accabler, Christophe Barthe ne cessera de nier les faits, avançant la thèse du complot.

Après trois ans d’instruction, il sera malgré tout renvoyé devant la cour d’assises du Tarn.

Le 6 octobre 2007, la cour et les jurés le condamneront à 25 ans de réclusion criminelle. Dès le soir du verdict, son avocat Me Simon Cohen avait fait part de son intention de faire appel parlant d’une « condamnation au maléfice du doute ». Aujourd’hui, il considère toujours que « des éléments dans ce dossier n’offrent aucune certitude » et témoigne du « calvaire » que vit Christophe Barthe, incarcéré à Seysses.
CHARGES OU preuves ?

Dans ce procès, le pénaliste toulousain posera, une nouvelle fois, « la grande question » qui agite le droit pénal français : celle du statut de la preuve. « Ce qu’on discute aujourd’hui, ce n’est pas la preuve, mais les charges. Les juges d’instruction, finalement, recherchent ce qu’ils veulent rechercher », considère Me Cohen.

L’affaire Christophe Barthe instruite à charge ? Bien sûr, les parties civiles ne sont pas de cet avis. Me David Cucullières représente les parents et les frères et sœurs de Belahouel Djeddel. « Il y a des éléments objectifs dans ce dossier, notamment le témoignage du policier qui est fondamental et, tout autour, une réunion d’éléments qui peuvent expliquer ce qui s’est passé ». Pour l’avocat castrais, « la famille Djeddel attend une confirmation de la culpabilité pour définitivement pouvoir mettre un nom sur le visage de l’assassin de leur fils et frère ».

Le verdict est attendu mercredi soir.

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