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Deux frères kanaks acquittés au procès du meurtre d'une japonaise

· Intime Conviction · 2 min de lecture

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Deux frères kanaks accusés du meurtre d'une jeune touriste japonaise en 2002 ont été acquittés mardi soir par la cour
d'assises d'appel de Nouméa, alors que l'un d'eux avait écopé de 15 ans en première instance.

Le crime sauvage de Mika Kusama, à l'île des Pins, site touristique paradisiaque, puis le feuilleton judiciaire de la mise en cause des frères Kohnu a défrayé la chronique en Nouvelle-Calédonie.

Condamné à 15 ans de prison en décembre 2007, Antoine Konhu, qui comparaissait libre après une bévue dans la rédaction du mandat de dépôt, a été acquitté ainsi que son frère Ambroise, déjà acquitté en première instance. Dans sa plaidoirie, Me Jean-Jacques Deswarte a notamment stigmatisé l'instruction, qualifiée "d'hallucinante", de "vide" et "d'infamie", tandis que son confrère a évoqué "le torchon de l'enquête". "On ne vous a présenté que des éléments subjectifs, pas des preuves scientifiques indubitables", a lancé l'avocat aux jurés, soulignant que seul "un trou dans l'emploi du temps" d'Antoine Kohnu faisait de lui un coupable.

Le procès des frères Kohnu a duré 11 jours et a vu défiler plus de 80 témoins. L'absence de preuves, d'aveux ou de témoins du crime a alimenté les doutes, largement relayés par un actif comité de soutien aux deux frères.

Le corps de Mika Kusama, 28 ans, avait été retrouvé le 6 mai 2002 dénudé et calciné sur le rocher de Kanumera, à l'île des Pins, au sud de Nouméa. Frappée à coups de pierre, la jeune touriste avait été découverte trois jours après sa disparition.

Rapidement, les soupçons s'étaient portés sur les frères Kohnu, qui revendiquaient au nom de leur clan la propriété du rocher où des incidents avec des touristes s'étaient produits régulièrement.

Stoïques pendant tout le procès, les parents de la jeune japonaise ont exprimé leur déception et leur souffrance après ce verdict de "la justice française". "La justice ne sort pas grandie de cette affaire", a pour sa part déclaré leur avocat, Frédéric de Greslan.