LE MONDE

Alors que les Britanniques découvrent avec stupeur le détail des dépenses privées effectuées par les ministres, les élus ou leur entourage avec les deniers publics, la France est loin d’une telle transparence. Depuis sept ans, un député de l’Aisne, René Dosière, désormais apparenté PS, traque les dépenses de l’Etat. Après avoir permis de lever le secret qui régnait sur le budget de l’Elysée, il a entrepris d’y voir plus clair dans les dépenses de fonctionnement des ministères.


Il lui aura fallu attendre près de neuf mois pour obtenir des réponses aux questions qu’il avait posées en août 2008. Ces réponses, parvenues simultanément d’une vingtaine de ministères et de secrétaires d’Etat, ont été publiées au Journal officiel du 5 mai. Elles portent sur l’exercice 2007.

Un bon point au ministère de la justice, qui fournit la ventilation de certains chapitres de dépenses. Tous les ministères n’ont pas fait preuve de la même transparence.

La ministre de la justice, Rachida Dati, n’habite pas le logement de fonction, d’une superficie de 127 mètres carrés, qui lui est attribué place Vendôme. Elle est en revanche grosse consommatrice de véhicules de fonction. Pour elle et les vingt membres de son cabinet, elle dispose d’une flottille de 20 véhicules, conduits par 19 chauffeurs. Mme Dati est également une grande voyageuse : 416 370 euros en frais de déplacements aériens (incluant les membres de son cabinet), ce qui la place en « pole position » des ministres baladeurs, si l’on excepte les membres du gouvernement qui, de par leurs fonctions, sont appelés à de fréquents déplacements à l’étranger : affaires étrangères (2,24 millions), commerce extérieur (1 million), économie (893 107 euros), coopération et francophonie (763 579 euros). La palme revient toutefois à la ministre de la culture qui, avec un budget de 562 346 euros, se montre particulièrement attirée par les voyages.

Avec 269 012 euros de frais de représentation, la justice se range plutôt parmi les ministères dépensiers pour ce chapitre, avec l’éducation nationale (399 898 euros) et la santé (470 584 euros). Ces ministères restent toutefois loin du 1,4 million d’euros engagés par le ministère de la culture et des 3,25 millions d’euros des affaires étrangères.

Plus intrigantes sont les dépenses de communication, d’études et de sondages, du ministère de la justice, pour 3,177 millions d’euros. Selon le ministère, ce chapitre se répartit sur quatre grands postes : impression (542 188 euros), veille presse (489 015 euros), organisation d’une campagne « métiers » (487 000 euros), formation des magistrats à la communication (363 958 euros).

S’y ajoutent « divers marchés » liés à l’« organisation d’événements », sans plus de précision, (213 124 euros), l’« achat d’outils de communication » (315 910 euros) ou, plus modestement, l’achat de journaux (159 252 euros). Saluons donc la contribution de la garde des sceaux à l’activité économique de la presse, à raison de 436 euros de journaux achetés par jour. De même, celle-ci a-t-elle veillé à la bonne santé de l’industrie des sondages en passant commande de trois études pour un total de 118 129 euros.

En matière de communication, la justice est pourtant loin d’être la plus dépensière. Le record appartient au ministère de l’économie, avec un budget de 12,86 millions d’euros. Ainsi la campagne de promotions des mesures issues de la loi Travail, emploi et pouvoir d’achat a-t-elle coûté, à elle seule, pas moins de 810 000 euros. Bercy a dépensé 1,76 million d’euros en études et sondages, 2,26 millions d’euros en « actions éditoriales » et 1,19 million d’euros en « actions événementielles » sans plus de détail.

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Il n’y a pas que cela, mais quand même, on ne peux s’empêcher de penser qu’il n’y a pas de hasard. Enquête de 7 ans par le député Réné Doziere (Ps)

Par FullHdReady (6824 Encourager)
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