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Le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik, qui purge actuellement une peine de six mois de prison pour agression, est jugé en appel samedi à Tunis.

Le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik, qui purge actuellement une peine de six mois de prison pour agression, est jugé en appel samedi à Tunis.

Condamné fin novembre à six mois de prison ferme pour « agression » d’une femme, le journaliste dissident tunisien Taoufik Ben Brik a comparu samedi devant la cour d’appel de Tunis à la suite d’un pourvoi interjeté à la fois par ses avocats et le parquet.

Au terme des plaidoiries, le juge a mis l’affaire en délibéré, précisant que la décision serait rendue dans l’après-midi.

Le tribunal de première instance de Tunis avait jugé le journaliste coupable de « violence, atteinte aux bonnes moeurs et dégradation de biens d’autrui » lors d’un incident avec une femme d’affaires, Rym Nasraoui, qui avait porté plainte.

La défense ainsi que l’organisation Reporters sans frontières (RSF) ont dénoncé « une affaire montée de toutes pièces pour se venger du journaliste en raison des articles virulents contre le régime tunisien » qu’il a publiés dans la presse française à l’occasion des élections d’octobre dernier.

Interrogé au début de l’audience par le président de la cour Mohamed Ali Ben Chouikha, Taoufik Ben Brik s’est dit victime samedi d’une « affaire fabriquée par les services spéciaux » à cause de ses écrits.

Le représentant du ministère public a estimé, de son côté, que le jugement prononcé en première instance n’était pas conforme aux délits imputés au prévenu qui, selon lui, les a « partiellement reconnus ».

Une dizaine d’avocats de la défense se sont relayés afin de dénoncer « un procès politique » pour « punir un journaliste libre ».

« C’est une affaire de règlement de comptes par justice interposée », a clamé Me Mokhtar Trifi qui intervenait au nom de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH).

Les conseils ont relevé les « irrégularités » et autres « vices de forme » ayant entaché la procédure judiciaire, dont la « falsification » de la signature du journaliste apposée au bas des procès-verbaux.

Ils ont réclamé une expertise de la signature contestée et la confrontation du prévenu avec la plaignante et les deux témoins cités dans l’affaire, appelant la cour à accorder, en attendant, la liberté provisoire au journaliste.

D’autres avocats ont plaidé pour l’acquittement du journaliste, jugeant les griefs imputés à Taoufik Ben Brik « fabriqués » et « infondés ».

Me Néjib Chebbi a estimé qu' »un jugement équitable devrait se prononcer pour l’innocence » du prévenu. « Taoufik Ben Brik dont l’état de santé est rendu très fragile par une déficience immunitaire ne doit pas rester en prison », a lancé l’avocat.

L’audience s’est déroulée en présence de deux avocates françaises, Léa Forestier, collaboratrice de Me William Bourdon, le conseil de Ben Brik en France, et Sabrina Goldman, dépêchée par la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), du Réseau euromed pour les droits de l’Homme et le barreau de Paris.

L’épouse du journaliste Azza Charrad, sa soeur et deux de ses frères étaient également présents, outre des journalistes de la presse internationale. AP

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