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Comment garder les Sceaux, Octobre 2011

Garder les Sceaux, septembre 2011

Comment garder les sceaux? Août 2011

Comment garder les sceaux? Juillet 2011

Comment garder les sceaux?, Juin 2011

Comment garder les sceaux? Mai 2011

 

SPECIALE PRISONS:

 

MAM sur la route de Matignon ?

MAM sur la route de Matignon ?

| Photo Gonzalo Fuentes / Reuters

Bio express

1946 10 septembre, naissance à Villeneuve-le-Roi.
1986 Elle est élue députée des Pyrénées-Atlantiques.
1993-1995 Ministre de la Jeunesse et des Sports.
1992-2002 Maire de Saint-Jean-de-Luz.
1999-2002 première, et dernière, présidente élue du RPR.
2002-2007 Ministre de la Défense de Jacques Chirac.
2007-2009 Ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy.
Juin 2009 Ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy.

actu-match | Jeudi 29 Avril 2010

Aux prises avec l’épineuse réforme de la procédure pénale, elle hérite aujourd’hui du projet de loi sur la burqa. Michèle Alliot-Marie devient incontournable.

Virginie Le Guay – Paris Match

« Je n’avais rien demandé. » Revenue, tard la veille, d’un voyage éclair au Liban et en Jordanie, MAM fait mine de découvrir les unes des quotidiens. « Burqa, la droite attaque », « Le gouvernement pris dans la spirale de sa campagne antiburqa »… Chargée par Nicolas Sarkozy de « porter » le projet de loi sur l’interdiction du port du voile intégral, Michèle Alliot-Marie se retrouve, depuis l’épisode Hebbadj, en pleine polémique.

Une horreur pour cette juriste aguerrie qui n’aime rien tant que travailler au calme dans son vaste bureau de la place Vendôme. Alors qu’elle prépare depuis des mois, et non sans mal, une importante réforme de la procédure pénale, la voici maintenant en charge du projet de loi ultra « touchy » et, qui plus est, urgentissime, sur la burqa. « Tout doit être bouclé avant l’été », lui a ordonné Nicolas Sarkozy avec lequel elle s’est entretenue « récemment et à plusieurs reprises ». Preuve, au passage, que les liens ne sont pas distendus entre le président et cette chiraquienne old school, aux manières contraintes, qui ne s’autorise jamais la moindre « petite phrase ». « Je ne lui connais aucun dérapage. Chapeau ! », reconnaît Brice Hortefeux, pourtant pas de ses intimes.

« Par sa résistance, elle a forcé le respect de Sarko »

« Avant l’été », c’est-à-dire avant la fin de la session extraordinaire de juillet au Parlement. Le calendrier est arrêté : le texte sera présenté devant le Conseil des ministres le 12 mai. Six semaines plus tard – le délai est incompressible –, discussion et vote en première lecture à l’Assemblée. Dernière étape après le 14 juillet, avec la discussion et le vote au Sénat.

La procédure d’urgence, un temps envisagée, s’est heurtée à l’opposition des deux présidents des Assemblées Bernard Accoyer et Gérard Larcher. Au grand soulagement de la garde des Sceaux, peu désireuse de « dramatiser » inutilement l’affaire. « L’idéal serait un vote conforme des deux chambres », espère-t-on à la Chancellerie. Soucieuse d’éviter toute dérive, Michèle Alliot-Marie a bordé son argumentaire : « Ce qui est en jeu, c’est la dignité de la femme, l’égalité de chacun devant la loi. Rien d’autre. » Gare à ceux qui voudraient l’entraîner sur des terrains plus… glissants. « La force de la France, c’est notre vivre ensemble. » Une formule qu’elle a invariablement opposée aux représentants des autorités religieuses qu’elle reçoit depuis le début de la semaine.

Le cas Liès Hebbadj ? « Je ne veux pas m’en mêler », tranche la ministre de la Justice, plus accrochée que jamais à sa feuille de route. Et notamment à la réforme de la procédure pénale qu’elle entend conduire « jusqu’à son terme, quoi qu’on dise ». Actuellement soumis à consultation, le texte (700 articles) sera envoyé sous forme de deux projets de loi, fin mai, au Conseil d’Etat avant d’être présenté devant le Conseil des ministres au plus tard début juillet. La discussion parlementaire croisée (chaque Chambre se saisissant d’un texte en même temps) pourrait, ensuite, s’ouvrir à l’automne 2010 et se terminer « au mieux » au printemps 2011.

« Réformer la justice est un de nos engagements de campagne. Les Français ne comprendraient pas que l’on renonce. » Insensible aux critiques, l’œil déjà rivé sur la suite (elle n’oublie jamais de rappeler « qu’en 2005 déjà », Jacques Chirac pensait à elle pour Matignon), MAM suit son chemin et attend son heure. Sûre de sa loyauté, de sa popularité, de sa… longévité. « Avec elle, les chiens aboient, la caravane passe. Par sa résistance, elle a forcé le respect de Sarko », croit savoir ce proche qui voit « très bien » cette fille d’arbitre international de rugby à la place de… François Fillon. « Elle a la trempe qu’il faut pour ça. » Point final