AP |  L‘Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a pris acte vendredi du démenti apporté par la ministre de la Justice Rachida Dati aux propos qui lui sont prêtés sur les magistrats et les avocats dans le magazine « Entreprendre », mais demande cependant la publication de leur « retranscription intégrale » afin de « lever toute ambiguïté ».

Dans ce magazine, Mme Dati, invitée avec d’autres personnalités à un déjeuner-entretien animé par le journaliste Michel Clerc, qualifie les magistrats et les avocats qui se sont opposés à la réforme de la carte judiciaire de « très sournois ». Ces propos ont provoqué un véritable tollé, l’USM envisageant des poursuites judiciaires à l’encontre de la garde des Sceaux.

Vendredi, la Chancellerie, qui ne souhaitait pas dans un premier temps réagir au nouveau communiqué du principal syndicat de magistrats, a changé de stratégie en fin de journée. « Le journaliste Michel Clerc nous a confirmé dès jeudi qu’il y a avait hier une erreur de retranscription et qu’a aucun moment Mme Dati n’avait mis en cause les magistrats », a déclaré la Chancellerie, sollicitant l’Associated Press.

Ce que dément le principal intéressé qui maintient les propos retranscrits dans son magazine en dépit d’appels de Mme Dati pour qu’il fasse amende honorable.

« Elle fait de fortes pressions », a-t-il dit à l’AP. « Elle m’a demandé de téléphoner au président de l’USM, ce que j’ai fait pour lui faire plaisir, pour lui expliquer que ces propos étaient sans importance », a-t-il ajouté.

« Les propos ont été enregistrés et ensuite entièrement dactylographiés », a-t-il indiqué. Sauf que cette cassette n’existe plus, a-t-il reconnu en ajoutant qu’il n’avait pas publié « des anecdotes plus croustillantes et plus désagréables pour le parquet » livrées par la ministre.

Si l’USM souligne dans son communiqué de vendredi que certains des participants « ont confirmé par voie de presse » la teneur des propos de Mme Dati, d’autres se sont spontanément manifestés en fin de journée pour dire le contraire. L’avocat Jacques Vergès, volant « au secours de la vérité », selon ses mots, a déclaré: « Je veux tout de suite donner mon témoignage et vous dire que je n’ai jamais entendu ces propos dans la bouche de Mme Rachida Dati ».

Le directeur du magazine « Entreprendre », Robert Lafont, a téléphoné à l’AP pour indiquer qu’il se désolidarisait de Michel Clerc, ex-directeur de la rédaction de « Paris Match » et ancien secrétaire général de RTL. « Je prends mes distances tant que je n’ai pas les éléments tangibles de ce qui a été rapporté », a-t-il dit. « Lors de ce déjeuner, je me souviens que Mme Dati a évoqué de nombreux sujets et que la question des magistrats n’a été quasiment pas évoquée », a-t-il assuré.

Dans la journée, M. Lafont, contacté par Nouvelobs.com, avait pourtant maintenu les propos de Mme Dati qui, selon lui, savait que « le déjeuner public, auquel assistaient plusieurs journalistes, était destiné à publication ». AP

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