LES FAITS
Quatre hommes et une jeune femme jugés pour avoir tenté de forcer, le 16 janvier 2007, le distributeur d’une agence bancaire de Lunel « Je pense que je vais me fâcher avec mon client, mais bon… » , lâche M e Iris Christol, un tantinet dépitée. Tant pis, effectivement pour lui, empêtré « dans la maladresse, la bêtise crasse et les mensonges à la petite semaine, ses meilleurs arguments ».
Il est clair qu’à la lecture de ce dossier de tentative de vol aggravé, jugé dans le prétoire de la correctionnelle, l’on se rapproche plus du Corniaud que du Cerveau . Dans cette affaire-là donc, les caves étaient cinq : une étudiante marseillaise de 27 ans, quatre garçons de Paris, Montpellier et Lunel, âgés de 23, 27, 29 et 31 ans. Un équipage de bras cassés  qui, un soir de janvier 2007, « décide de se faire un distributeur automatique de billets ».

Et, en l’occurrence, celui de l’agence de l’Écureuil, situé en plein centre de Lunel. Une entreprise dans laquelle le quintette va placer toute sa naïveté.

Et une fois la cible choisie, l’étudiante, dans le besoin, est recrutée, « contre 500 € ». À charge pour elle de louer l’auto qui va transporter ce drôle d’équipage. Ce qu’elle fait à Marseille.
Une fois le Renault Scenic en possession du groupe, les plaques minéralogiques sont changées avant de se rendre rue de l’Évêché, à l’hôtel de police à deux pas de chez elle (pratique), faire une fausse déclaration de vol du monospace tout juste loué. Parallèlement, un autre membre de ce commando fantoche s’attelle, lui, à louer un poste à souder et un pied-de-biche.
Un outillage à l’opposé de la puissance de feu d’un croiseur tout de même. Mais avec lequel la petite équipe pense, benoîtement, pouvoir ouvrir ce fameux Dab pour accéder au grisbi qu’il contient. Las. Ils n’auront jamais le loisir de vérifier la justesse ou pas de leur fumeuse théorie.
Car à peine sont-ils devant l’appareil qu’une alarme se déclenche, semant la panique. Au point que véhicule et outils sont abandonnés sur place ! Faisant très justement dire à M e Christol : « L’on a rarement vu pire… » Avec la suite que l’on sait. Alors ? Les prévenus – dont certains ont un casier judiciaire flirtant dangereusement avec la surcharge – étaient-ils idiots au point de croire en la réussite de leur délictuel dessein ?
Une chose est certaine pour eux : « La justice, c’est comme la Sainte Vierge. Si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s’installe. » Et là, pour le coup, ils ont fini par se retrouver dans le vrai. Leur unique moment de lucidité peut-être .


Merci à Gérard Oury et Michel Audiard pour leur participation posthume mais bien réelle.

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