AFP 11.07.09 | 16h19

L’Etat a introduit une action en revendication d’un fragment du jubé du XIIIème siècle de la cathédrale de Chartres, actuellement détenu par un antiquaire, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, a confirmé samedi le ministère de la Culture.

Un jubé est une tribune transversale en forme de galerie, élevée entre le choeur et la nef dans certaines églises. Il en reste très peu en France.

Le ministère était interrogé par l’AFP à la suite d’articles de presse samedi à ce sujet, l’un paru dans Libération et l’autre mis en ligne sur le site de la Tribune de l’Art.

En 2002, l’antiquaire parisien Philippe Carlier, qui possède la galerie parisienne Brimo de Laroussilhe, achète sur le marché de l’art français un fragment de pierre sculptée. Après des recherches, il découvre qu’il s’agit d’un élément du jubé du XIIIème siècle de la cathédrale de Chartres, démantelé par le clergé en 1763.

Le marchand d’art propose alors à l’Etat de lui vendre pour 2,3 millions d’euros. La direction des musées du ministère lui fait une offre à 1 million d’euros, ce que refuse l’antiquaire. Des experts sont désignés, qui estiment que le fragment vaut entre 3 et 7 millions d’euros, selon la presse.

Début 2007, la direction de l’architecture et du patrimoine décide de demander à la galerie la restitution du fragment de jubé. Elle se base sur un décret du 2 novembre 1789 de l’Assemblée Constituante qui prévoyait que les biens de l’église étaient mis à la disposition de la Nation, relate la Tribune de l’Art.

Samedi, le ministère de la Culture n’a pas voulu donner de détail sur le litige, une procédure judiciaire étant en cours.

Il a rappelé que l’Etat exerçait des actions en revendication ou en restitution sur le fondement de la domanialité publique dans certains cas. « Pendant la Révolution, les biens immobiliers et mobiliers ont connu chacun une destinée particulière et il ne peut être question de revendiquer tout ce qui a été distrait ou aliéné pendant cette période. L’histoire de l’édifice et des biens qui lui sont attachés doit être analysée précisément avant de prendre une décision », souligne le ministère.

L’Etat n’agit pas en revendication s’il n’est pas certain de pouvoir affirmer d’une part l’appartenance au domaine public d’un bien « redécouvert » et d’autre part que ce bien n’a jamais pu en être déclassé de manière légale à un moment ou à un autre, explique-t-il.

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