Les grands procès criminels à travers le monde

Texas: un Noir exécuté pour meurtre

AFP
11/02/2009 | Mise à jour : 07:34
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Un homme noir de 35 ans, condamné à mort pour le viol et le meurtre d’une jeune femme en 1996, a été exécuté mardi par injection létale au Texas (sud des Etats-Unis), a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires.

Le décès de Dale Scheanette a été prononcé à 18H21 locales (00H21 GMT) à la prison de Huntsville, neuf minutes après l’administration de l’injection létale.

Le 24 décembre 1996, l’oncle et la tante de Wendie Prescott, 22 ans, surpris de ne pas la voir arriver chez eux, découvrent son corps nu, attaché, la tête immergée dans sa baignoire à moitié remplie. L’autopsie démontrera qu’elle a été violée et étranglée avant de mourir noyée.

Sur place, la police trouve une empreinte digitale, mais ce n’est que quatre ans plus tard, en 2000, qu’elle est identifiée comme appartenant à Dale Scheanette, alors âgé de 27 ans.

Selon le ministre de la Justice du Texas, la police a ensuite constaté que son ADN correspondait à celui du violeur.

Jugé en janvier 2003, Dale Scheanette est condamné à mort après une heure et demie de délibération du jury, selon la presse locale.

Affaire Stern: le procès est prévu pour juin

Publié par Tribune de Genève (http://www.tdg.ch)
Le procureur général, Daniel Zappelli, vient d’achever la rédaction de l’acte d’accusation. Cécile B. voudrait être jugée le plus rapidement possible.

© | Edouard Stern

Catherine Focas | 07.02.2009 | 00:00

Le procès de Cécile B., la femme de 39 ans qui a tué le banquier Edouard Stern de 4 balles dans le corps, sera certainement jugée au mois de juin par la Cour d’assises, apprenait-on hier, par le biais d’un communiqué du pouvoir judiciaire. Comparaîtra-t-elle devant les juges pour assassinat ou meurtre? Le procureur général ne se prononce pas pour le moment. Mais il se pourrait bien qu’en définitive seule l’accusation de meurtre soit retenue. «Pour nous, ça ne changera pas grand-chose, explique Me Alec Reymond, l’un des avocats de l’accusée. Nous plaiderons de toute manière le meurtre par passion.»

A nouveau hospitalisée
Il précise que sa cliente n’est actuellement pas au meilleur de sa forme. Elle est à nouveau hospitalisée à la clinique psychiatrique de Belle-Idée. Selon l’avocat, elle sera toutefois en état de comparaître devant la Cour d’assises au mois de juin: «Elle a hâte que ce procès s’achève.» Il faut dire que ça fait presque quatre ans que Cécile B. se trouve en détention préventive. La Chambre d’accusation qui a reçu, hier, les réquisitions du procureur général devrait d’ici deux ou trois semaines confirmer le renvoi en jugement de la prévenue, sauf recours de dernière minute. C’est le 28 février 2005, dans un appartement de la rue Adrien-Lachenal, que Cécile B. avait tué son amant vêtu d’une combinaison en latex. Le couple entretenait une liaison sadomasochiste depuis plusieurs années. L’expertise psychiatrique avait conclu à une responsabilité pénale légèrement diminuée. Cette femme, décrite comme une personnalité borderline, instable et impulsive avait, selon le médecin, commis un «crime d’amour». Contestant cette interprétation, l’avocat de la partie civile, Me Marc Bonnant, rappelait tout de même lors d’une audience de Chambre d’accusation que Cécile B. avait, avant l’homicide, préparé méthodiquement son «petit matériel de combat»: le collier de chien, la combinaison en latex, le talc: «Elle voulait le voir mourir», avait-il dit.

PEINE DE MORT: LA SITUATION AUX ETATS-UNIS

PEINE DE MORT, DECEMBRE 2004 / LA SITUATION AUX ETATS-UNIS
__Près de 3’500 condamnés américains attendent leur exécution
par Geoffroy Didier

Cette semaine [27 au 31 décembre 2004], comme toutes les semaines, l’Amérique éliminera au moins un être humain. Non pas un étranger sorti des ruelles de Fallouja mais bien un Yankee du Midwest, de la Floride ou du Texas. Près de 3 500 condamnés américains attendent, aujourd’hui, leur exécution dans les couloirs de la mort. Certains chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans l’Illinois, où un moratoire a été décrété, il y a deux ans, la majorité des individus condamnés à la peine capitale en l’espace de vingt-cinq ans ont été reconnus victimes de procès irréguliers et finalement innocentés. Un ratio d’erreur judiciaire de plus de un sur deux ! Statistiquement, il est à peu près certain que l’Amérique a déjà exécuté des dizaines, voire des centaines d’innocents.

La campagne présidentielle américaine a laissé dans l’ombre la question du châtiment suprême. Le candidat Kerry s’est déclaré opposé au principe de la peine capitale, « à part pour les terroristes », mais n’a jamais vraiment osé défendre haut et fort sa conviction. Sans doute avait-il compris que, dans son pays, les candidats abolitionnistes sont vite taxés de laxisme. Bush père ne s’était pas privé de l’argument pendant sa campagne de 1988 contre l' »idéaliste » Dukakis. Et Bill Clinton, plus fin politique, s’était empressé, quatre ans plus tard, de partir entre deux meetings dans son Etat de l’Arkansas pour présider à l’exécution d’un condamné… handicapé mental !

L’opinion américaine reste favorable à la death penalty et, sur les cinquante Etats d’Amérique, trente-huit pratiquent la peine de mort. Ce constat est d’autant plus insupportable que l’analyse des condamnations révèle un système judiciaire profondément défectueux.

Erreurs d’identification des suspects, aveux obtenus sous la contrainte, négligences de la police, refus de tests ADN, procureurs zélés, jurés partiaux… et même avocats commis d’office qui dorment au cours des audiences ! Les rapports et témoignages sont accablants. En Amérique, ce sont avant tout la réalité des tribunaux et les nombreuses déficiences systémiques qui plaident contre la peine de mort. Imposer les tests ADN constituerait une première étape nécessaire pour limiter les erreurs judiciaires. Une étude du FBI a démontré que, sur 8’000 suspects arrêtés grâce à des indices scientifiques (cheveux, fibres, sperme…), 2’000 ont été par la suite disculpés sur la foi de tests ADN. L’Innocence Project, créé en 1992 par deux avocats à la faculté de droit Benjamin-Cardozo, de New York, s’en est même fait une spécialité : grâce à ses actions judiciaires, 153 condamnés ont déjà été exonérés du châtiment suprême.

L’objectif ultime reste bien entendu l’abolition. Cette décision relève de chacun des Etats fédérés et le chemin politique pour y parvenir semble encore long, tant les certitudes morales des habitants du Texas ou de l’Idaho seront difficiles à ébranler. Assainir leur système judiciaire constitue au moins cette première étape possible qui permettra d’épargner de nombreux innocents. La peine de mort reste pour l’Amérique comme une petite vérole qui lui colle à la peau, qui entame sa crédibilité à travers le monde et alimente l’antiaméricanisme.

Puisque George W. Bush triomphe aujourd’hui dans les urnes, n’oublions pas les combats de ceux qui luttent contre la peine capitale et contribuent à ce que les Etats-Unis retrouvent le chemin d’une justice plus humaine.

Geoffroy Didier, chercheur à Harvard law school et avocat. Tribune libre publiée dans le quotidien Libération, Paris, 29 décembre 2004.

Procès du groupe terroriste Hofstad

Mohammed Bouyeri, l'assassin du réalisateur néerlandais Theo Van Gogh, ferait partie du réseau terroriste Hofstad.(Photo: AFP)

Mohammed Bouyeri, l’assassin du réalisateur néerlandais Theo Van Gogh, ferait partie du réseau terroriste Hofstad.
(Photo: AFP)
Ce lundi s’ouvre à Amsterdam le procès du réseau terroriste Hofstad. Quatorze inculpés se succèderont à la barre, jusqu’à la mi-février, au cours d’audiences séparées. Parmi eux, Mohammed Bouyeri, 27 ans, l’assassin de Theo van Gogh, un cinéaste connu pour ses critiques à l’encontre de l’islam.

De notre correspondante aux Pays-Bas

La justice néerlandaise cherchera à démontrer que Mohammed Bouyeri, déjà condamné à la prison à vie en juillet dernier, n’a pas agi seul. Se trouve au coeur du procès qui commence ce lundi son appartenance à un réseau plus vaste, Hofstad (la cité de la cour de justice, hofstad en néerlandais), baptisé ainsi par la police en raison de ses bases à La Haye. Composé en majorité de jeunes Néerlando-marocains qui se seraient radicalisés au contact les uns des autres, ce réseau est accusé d’avoir  «conspiré en vue de commettre des actes sérieux de terrorisme».

Comme ses comparses, Mohammed Bouyeri fait peur, aux Pays-Bas, par la violence de son acte et un fanatisme qui le pousse, encore aujourd’hui, à écrire des pamphlets contre l’islam modéré, depuis les quartiers d’isolement où il purge sa peine. Ce jeune islamiste radical incarne aussi un terrorisme «local» en contradiction totale avec l’esprit de tolérance de la société dans laquelle il a grandi. Si son rôle avant le meurtre de Theo van Gogh a été sous-estimé par les services secrets, qui avaient pourtant infiltré le réseau Hofstad, c’est qu’il avait très peu de contacts à l’étranger.

Contrairement à d’autres inculpés, comme Nourredin el Fatmi, 22 ans, arrêté et relâché au Portugal en 2004, ou encore Jason Walters, 19 ans, soupçonné d’avoir suivi une formation au Pakistan, Mohammed Bouyeri passait pour second couteau, un simple porteur de messages. Il a bien essayé de se rendre en Tchétchénie, mais il a été refoulé à la frontière russe et a dû faire demi-tour, a révélé le journaliste néerlandais Emerson Vermaat dans son livre De Hofstadgroep, paru en octobre 2005.

Le meurtre comme le plus haut but à atteindre

Central aux yeux de l’opinion néerlandaise, l’aspect purement «local» ou non du groupe sera minutieusement examiné au cours du procès. Et ce, d’autant plus que Mohammed Reha, un Belge d’origine marocaine arrêté le 16 novembre au Maroc, a affirmé avoir été en contact avec Samir Azzouz, qui aurait refusé la participation de combattantes basées en Belgique à un attentat suicide en préparation aux Pays-Bas.

En attendant le dénouement du procès, prévu pour le 24 février 2006, «la nationalisation du terrorisme semble relever d’une attitude très calviniste de remise en question de soi-même», critique le sociologue Paul Scheffer. «Comme le terrorisme allemand des années soixante-dix a pu être influencé par la guerre du Vietnam, ces jeunes musulmans sont très au courant de la situation en Tchétchénie, en Palestine ou en Irak, poursuit-il. Ils en tirent une motivation plus forte que les frustrations vécues ici, aux Pays-Bas».

Le procès s’est ouvert sur l’interrogatoire de Malika, proche du groupuscule. Elle fait partie des cinq jeunes femmes, parmi lesquelles des ex-épouses des inculpés, qui ont livré des témoignages compromettants pour eux à la police. En septembre, Malika avait affirmé que le groupe s’était radicalisé au cours de l’été 2004, et qu’il se rencontrait régulièrement chez Mohammed Bouyeri. Nawal, une autre jeune femme, a, quant à elle, confirmé les soupçons qui pèsent sur un Syrien de 43 ans, Redouan al-Issa. Leader présumé du groupe, il a quitté le pays le 2 novembre 2004, le jour du meurtre de Theo van Gogh, et s’est volatilisé depuis.

Nawal a aussi confessé que jusqu¹à une période récente, elle considérait le meurtre comme le plus haut but à atteindre, et se considérait capable d’assassiner une personnalité telle que Ayaan Hirsi Ali. Cette députée conservatrice d‘origine somalienne, partie en croisade contre l’islam après les attentats du 11 septembre, vit sous haute protection depuis le meurtre de son ami Theo van Gogh. Des menaces de mort explicites à son encontre avaient été laissées par Mohammed Bouyeri sur le corps de sa victime, dans une lettre transpercée d’un poignard.

par Sabine  Cesso

Procès Hofstad : jusqu’à 15 ans de prison pour neuf des accusés

Pays-Bas : lourdes peines de prison pour les islamniste du groupe

Report du procès de l'accusé français

Mardi, 22 Juillet 1997 07:00

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Arrêté début mars et accusé de pédophilie, Christian Amédée Hennion a comparu devant la justice hier après-midi, à la Cour municipale de Phnom Penh. Après deux heures de procès, le jugea finalement déclaré que l’instruction n’était « pas assez complète » et qu’il fallait donc la poursuivre. Aucun des enfants qui avaient porté plainte contre le Français au motif qu’il leur avait fait des fellations, n’était présent au procès. « Je n’en peux plus. Combien de temps cette histoire va-t-elle encore durer? », a lâché le Français à la sortie du tribunal, visiblement très affaibli moralement et avouant ne plus supporter ses conditions de détention. « Tout se paye. L’endroit où l’on dort, où l’on mange et mêmes les visites. Ceux qui ont de l’argent sont de véritables rois alors que les autres crèvent littéralement. Personne ne s’en occupe », s’était-il plaint à sa descente de voiture, accompagné du Consul français et de quelques membres de l’association démocratique des Français à l’étranger dont la présidente, Janine Philippe-Maréchal, lui porte assistance depuis le début de sa détention. Ils étaient venus le chercher en voiture privée, la cour n’ayant pas pensé à l’amener au tribunal. Son avocat, M. Mom Loch, pourrait demander des aujourd’hui une remise en liberté en attendant que le dossier soit complet. Selon le code de l’Apronuc toujours en vigueur, cette demande peut intervenir à tout moment de la procédure. Au regard du droit cambodgien, le juge dispose d’un délai de cinq jours pour accorder ou refuser la demande de liberté. S’il la rejette, l’accusé, actuellement en détention provisoire, devra être libéré dans un peu moins de deux mois, ce type de détention étant limité à six mois. Il se pourrait qu’un nouveau procès ait lieu mais le juge n’a donné aucune date précise. « J’ai passé quatre mois à attendre ce jour. Aucune confrontation n’a eu lieu entre-temps. Je n’ai été interrogé qu’une seule fois, le jour de mon arrestation et depuis plus rien », a poursuivi Christian Hennion, déplorant faire les frais « d’une instruction baclée ». Christian Amédée Hennion avait été arrêté quelques jours avant un Canadien, inculpé du même chef. Libéré au début du mois, après avoir été condamné à deux ans de prison dont quatre mois fermes, d’aucuns, dont des policiers, avaient évoqué à ce moment l’hypothèse d’un achat de sa remise en liberté, ce qui expliquerait que son procès se soit tenu avant celui du Français et n’ait pas eu le même dénouement.