BUENOS AIRES (AFP) — Un prêtre argentin a été condamné mercredi à 15 ans de prison par un tribunal de la banlieue de Buenos Aires pour avoir abusé sexuellement d’un mineur dont il était responsable au sein d’une fondation, mais il reste en liberté dans l’immédiat.

« Le tribunal a décidé à l’unanimité de condamner Julio César Grassi à 15 ans de prison pour s’être rendu responsable du délit d’abus sexuel aggravé par sa condition de responsable de l’éducation de la victime », selon les attendus du tribunal de Moron (ouest).

L’accusation avait demandé entre 30 et 37 ans de prison.

Le tribunal a condamné le prêtre pour avoir abusé sexuellement d’un mineur et l’a innocenté dans deux autres cas. Il a décidé de ne pas l’écrouer tant que sa sentence ne serait pas confirmée en appel.

Le prêtre ne pourra pas quitter le territoire national ni entrer en contact avec les trois mineurs qui avaient été sous sa responsabilité au sein de la fondation « Heureux les enfants » et l’accusaient d’avoir abusé d’eux.

Le prêtre catholique Julio César Grassi, 52 ans, très médiatique dans les années 90 avec sa fondation, se déclarait innocent de toutes les accusations qui pesaient sur lui.

Immédiatement après l’énoncé de la sentence, des incidents ont éclaté entre des manifestants qui demandaient une peine de prison pour le prêtre et d’autres venus le soutenir.

« Prison pour Grassi le violeur », pouvait-on lire sur plusieurs pancartes, tandis que d’autres clamaient: « Ne soyez pas injustes. Grassi: la dignité d’un homme qui a aidé les enfants ».

Le scandale avait éclaté en 2002 lorsqu’un jeune homme de 19 ans avait accusé le prêtre sur un plateau de télévision d’avoir abusé de lui alors qu’il avait 15 ans et vivait dans sa fondation à Hurlingham, autre banlieue de Buenos Aires.

Dans les années 90, la Fondation « Heureux les enfants » aidait quelque 6.000 enfants et recevait des donations des personnalités du show business et de la politique grâce au caractère très médiatique du prêtre Grassi.

Le prêtre s’était rendu à la police en présence de caméras de télévision et était resté en détention plus d’un mois avant d’être relâché. Il attendait depuis son jugement en liberté. Le procès avait commencé en août dernier.

Le catholicisme est la religion majoritaire en Argentine. Trois prêtres y ont été condamnés à des peines de prison de 8 à 24 ans depuis 2003 pour abus sur mineurs, et deux évêques ont abandonné leur charge ces dernières années en raison de scandales sexuels.

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