Il y a le chef, le traître, le naïf… Ils sont accusés d’avoir enlevé, torturé et assassiné un tenancier brestoisde bars à hôtesses en 2005. Ils sont jugés à Quimper.

Antonio Freitas (dit « Tonio »). Il tempête souvent sur sa chaise. Avec un verbe volubile et de grands gestes. Exaspère les magistrats. Fait rire le public… José Antonio Freitas de Jésus, 42 ans, truand nantais, serait le commanditaire du meurtre de Bernard Algret, d’après les quatre autres accusés. Pourquoi ? Pour l’argent et à cause d’une vieille rancune.

Tonio nie. Crie au complot. Lui, le patron attentionné avec les hôtesses de ses deux bars nantais, le Guily Guily Show et le Sux’s ! Lui, le détenu modèle ! Mais, avec vingt ans de prison derrière lui pour hold-up, escroqueries, violences, il a du mal à convaincre la cour.

Joël Bogaert (dit « Jo »). Complexe. Dur et tendre. Enfant battu, meurtrier à 18 ans, il a grandi en prison, où il a rencontré Freitas, son « pote ». Aujourd’hui en pleine rédemption ? C’est lui qui a balancé l’histoire aux enquêteurs. Lui qui soutient qu’« il était bien prévu de saucissonner Algret (une figure du milieu brestois), de le ramener à Nantes et de le travailler au corps pour savoir où il planquait son argent ».

Il risque une lourde peine comme les autres. Et sa vie en prison. Étonnamment, il reste stoïque. Toise les autres en souriant. Explique avoir entamé une psychothérapie.

Christian Soler (dit « Chiffon »). L’ancien homme de main de Bernard Algret, le « larbin » comme il dit, a décidé de se venger « d’années d’humiliations », en proposant à Freitas la tête d’Algret. Il a fourni « les tuyaux percés » pour l’enlèvement. Et a probablement porté le coup mortel avec une barre à mine. « J’ai pris un train sans retour, un train qui ne s’arrête jamais. » Ainsi résume-t-il son parcours dans le milieu… où il n’a jamais vraiment eu de place.

Rachid Harafane (dit « Scarface »). Son ex, son frère, sa copine se succèdent à la barre pour dire combien il est influençable. Victime de ses mauvaises fréquentations et de la drogue. « Scarface » n’aurait fait que suivre, pensant participer à un simple cambriolage avant que ça dérape. Dans le box, il est mal à l’aise. Il ne connaît vraiment que Bogaert. Semble découvrir avec effroi Freitas… avec qui il est soupçonné d’avoir percé les genoux de Bernard Algret à la perceuse. Il promet de dire ce qu’il a « fait et vu ».

Pierre Kolye (dit « Peter »). Le plus jeune (30 ans). Rêvant de show-biz, d’être « un mec important ». Fier d’être mis sur un coup, il pensait, lui aussi, signer pour un cambriolage. Puis il a paniqué en découvrant dans quoi il s’était mis. Il ne cesse d’ouvrir de grands yeux ronds devant ce qu’il entend. « Je veux la vérité ! », hurle ce grand bonhomme un peu paumé, qui réalise avoir été manipulé par ces hommes qu’il fréquentait depuis peu.

La vérité ? La cour d’assises du Finistère a encore deux semaines pour démêler le puzzle alambiqué de cette sordide affaire.

Yann-Armel HUET avec Lucile VANWEYDEVELDT.
3 réponses
  1. poullé
    poullé dit :

    j’ai connue jo intimement et j’espere un jour le revoir car il aété tres protecteur envers mes enfants et moi meme,c’etait une de ces facettes

    Répondre

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