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[ 21/12/09  ]

Les robes noires sont plus que jamais tendance. Selon des données collectées par l’Observatoire du Conseil national des barreaux, le nombre d’avocats a encore augmenté de 3,8 % entre 2008 et 2009, pour atteindre 50.314. De quoi conforter une tendance lourde, puisque leurs effectifs ont crû de 14 % en cinq ans et de 38 % en dix ans. « La profession attire toujours autant, on est dans une très bonne dynamique », se félicite Pascale Modelski, présidente de l’observatoire. Signe de cette vitalité, le nombre de jeunes inscrits dans les écoles augmente continuellement. En 2008, 2.904 avocats ont prêté serment, contre 1.824 un an plus tôt. De quoi rajeunir la profession dont la moyenne d’âge s’élève à 42,8 ans, tout en la féminisant puisque, pour la première fois, les femmes sont majoritaires (50,5 % contre 48 % un an plus tôt).

Reste que le panorama n’est pas tout rose. L’observatoire montre notamment qu’un quart des hommes et un tiers des femmes quittent la profession dans les huit premières années d’exercice. « C’est un turnover important mais compréhensible. On est dans un métier stressant, exigeant, beaucoup de jeunes s’y tournent sans avoir réellement conscience de ce qui les attend », analyse Pascale Modelski. La profession doit aussi faire face à la concurrence des entreprises, particulièrement friandes des diplômés du Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Capa) et qui n’hésitent pas à proposer des évolutions attractives au sein de leurs directions juridique, financière ou sociale.

Surtout, tous les avocats ne sont pas logés à la même enseigne. En 2007 (derniers chiffres disponibles), le revenu annuel moyen des avocats s’établissait à 74.189 euros -en progression de 42,7 % sur dix ans -et à 45.000 euros en revenu médian. Avec un grand écart entre les avocats parisiens – 97.593 euros -et provinciaux -56.497 euros en moyenne. « On a beaucoup d’avocats qui ne gagnent pas bien leur vie, c’est une réalité. Sur ce plan, la profession est bien en dessous des notaires, experts-comptables ou autres professions juridiques », relève Pascale Modelski.

Face à cette situation, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a prévu différentes mesures destinées à élargir le champ d’activité des avocats. Le rapport Darrois, remis en avril dernier à Nicolas Sarkozy, propose notamment la création d’un nouveau statut, l’avocat en entreprise, permettant aux membres de la profession d’exercer en entreprise. De même, la fusion de la profession avec les avoués -pleinement effective au 1er janvier 2011 -et les conseils en propriété industrielle leur ouvre de nouvelles perspectives. Enfin et surtout, une proposition de loi, présentée par le député Etienne Blanc (UMP), devrait prochainement être examinée à l’Assemblée nationale pour créer un « acte contresigné », équivalent de l’acte authentique délivré par les notaires, et qui permettra aux avocats de garantir le consentement des parties. La profession a encore de beaux jours devant elle.

MAXIME AMIOT, Les Echos


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