18.02.2009, 04:49 – La Voix du Nord

Ouvert lundi, le procès d’un homme accusé de viols et d’abus sexuels sur quatre enfants de Flandre intérieure prend fin ce soir. Confronté à l’une de ses victimes hier, le trentenaire s’est complu au silence et aux dénégations. Ce matin, l’avocat général entend le questionner sur l’expertise psychiatrique au cours de laquelle il a reconnu une partie des faits.

À la demande des jurés, éprouvés, le prétoire s’est vidé inhabituellement tôt. Vers 18 h, le président Jean-Michel Faure a suspendu les débats. Il faut dire que le procès a pris une tournure autrement pesante.

Lundi, le ballet des témoins – une quinzaine – aura davantage éclairé la cour sur des éléments contextuels : un couple en pleine séparation, des accusations d’abus sexuels portées par quatre enfants, relayées par des voisins et amis «  pas trop branchés ragots » mais sacrément volubiles, un dépôt de plainte, une incarcération un mois plus tard, en mai : l’effervescence s’empare de cette commune de Flandre intérieure, début 2007.

« Papa »

Hier, la tonalité d’ensemble s’est assombrie : Chloé (1) a témoigné. Pour la vingt-septième fois en deux ans environ, de l’enquête préliminaire au bureau du juge d’instruction. Selon l’acte d’accusation, l’adolescente a enduré viols et atteintes sexuelles durant quatre ans, de 2003 à 2007. L’homme incriminé, l’ancien conjoint de sa mère, elle l’appelait «  papa ». Quand il s’est installé dans la maison, en 1998, elle avait 4 ans. Les dérives, dont la défense conteste la localisation dans le temps, auraient débuté courant 2003. «  Ça a commencé par des caresses et des baisers dans ma chambre, le week-end, le samedi ou le dimanche, alors que maman faisait les courses, parfois les deux. Parfois, il ne se passait rien pendant deux semaines. » Au gré du temps, aux dires de la collégienne, les avances sont plus offensives. Réprimant ses sanglots, elle décrit,avec ses termes, des frottements indécents, des fellations, des masturbations, des pénétrations. Son sentiment à l’évocation du passé : «  De l’horreur et de la colère contre lui. » La nausée, aussi.

Pour répondre aux «  déclarations longues et circonstanciées », l’accusé explique : « Elle réagit par rapport au mal que j’ai fait à sa mère en la quittant. Les mots utilisés, elle a pu les entendre dans une conversation avec un voisin. C’est vrai qu’avec lui on parlait pas mal de sexe. » L’homme ne disconvient pas de son amour de la chair. Avec des femmes adultes et consentantes, s’entend. Il aime le sexe, au point d’en parler très souvent, de détenir des vidéos pornographiques, des sex toys, qu’il est soupçonné d’avoir utilisé avec la fillette. Il réfute l’accusation.

«  Pourtant, il existe des éléments extérieurs troublants, note l’avocat général, Jacques Dorémieux. Je reprends le témoignage d’un de vos copains : il dit que vous lui avez proposé de se taper Chloé. Or, la victime dit cela dès ses premières déclarations. Elle n’a pas varié d’un iota. » « Moi non plus… enfin, si », rétorque illico l’accusé. Premier accroc. Interrogé par un psychiatre, après trois mois en maison d’arrêt, il a reconnu des attouchements sur trois filles : «  J’étais angoissé, stressé. J’ai répondu oui à toutes les questions. Je venais d’avoir des parloirs. J’avais peur que le juge me les retire. » • M. L. T.

> Prénom d’emprunt > Le verdict est attendu ce soir.

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