Les avocats du Tanzanien Ahmed Khalfan Ghailani, premier détenu de Guantanamo transféré pour être jugé à New York en septembre 2010, ont réclamé lundi l’abandon des charges pesant contre leur client parce qu’il a été torturé et privé d’un procès équitable selon eux.

Devant un tribunal fédéral de New York, les avocats de Ghailani, 34 ans, accusé d’avoir participé aux attentats contre des ambassades américaines en Afrique de l’Est en 1998, ont estimé que ses droits avaient été bafoués parce qu’il n’a pas pu avoir un « procès rapide », comme le garantit la Constitution américaine.

Les procureurs ont affirmé pour leur part que la procédure avait pris du temps pour des raisons de « sécurité nationale », Ghailani ayant eu selon eux des informations cruciales sur Al-Qaïda.

« Les inquiétudes pour la sécurité nationale étaient bien plus importantes » que de précipiter un procès, a souligné le procureur adjoint Michael Farbiarz, ajoutant que Ghailani, n’avait jamais demandé à être jugé rapidement.

Le juge Lewis Kaplan ne s’est pas prononcé sur l’affaire dans l’immédiat.

Après son arrestation en 2004, Ghailani a été détenu dans des prisons secrètes de la CIA avant d’être transféré à Guantanamo.

La défense a affirmé que les autorités américaines avaient contrevenu à la loi en l’emprisonnant ainsi cinq ans sans procès.

« Pendant les deux premiers mois, dans la prison secrète (de la CIA), il ne savait littéralement pas s’il serait extrait de sa cellule le lendemain matin et abattu », a affirmé l’avocat Peter Quijano. Il était réduit « à un état d’impuissance, étant physiquement, émotionnellement et psychologiquement incapable de résister ».

Accusé d’être un ancien cuisinier et garde du corps du chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, Ghailani a plaidé non coupable de complot en juin à New York.

Dans une longue requête datée du 16 novembre mais qui n’a été publiée qu’après avoir été relue et censurée par le gouvernement, les avocats de M. Ghailani ont expliqué que leur client était visé par une plainte devant le même tribunal à New York depuis 1998. Pourtant, il n’a été formellement déféré qu’en juin dernier.

« Le gouvernement a pris la décision délibérée de l’incarcérer à l’isolement dans des prisons secrètes pendant deux ans, le soumettant à (…) +des techniques d’interrogatoires musclées+, même si une plainte contre lui existait et qu’il s’est montré coopératif dès le début de son incarcération », affirment les avocats.

Les attentats de 1998 contre les ambassades américaines de Nairobi et Dar-es-Salaam ont fait 224 morts et plus de 5.000 blessés.

AFP 12.01.10 | 00h22

Le cas de Ghailani constitue un test de la politique du président américain Barack Obama visant à fermer Guantanamo et à mettre fin à des années de procédures légales opaques contre les personnes soupçonnées de terrorisme.

Le procès de cinq hommes accusés d’être les instigateurs des attentats du 11-Septembre, contre le World Trade Center et le Pentagone à Washington, doit se tenir à New York, à une encablure de Ground Zero, ancien emplacement des tours jumelles.

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