Jean-Marc Leclerc  09/06/2009
Le quartier des Batignolles, au nord-est de la capitale, accueillera le tribunal de grande instance et la police judicairesur plus de 80 000 m2.

Plus de 80 000 m² de bureaux et de salles d’audience, un budget estimé à 800 millions d’euros, pour un imposant navire amiral rehaussé d’une tour de plus de 150 mètres de haut ! Après avoir révélé l’implantation du futur tribunal de grande instance de Paris aux Batignolles (XVIIe arrondissement), Le Figaro dévoile le plan de l’édifice appelé à accueillir des milliers de magistrats, de greffiers, d’avocats, mais aussi les hommes de la police judicaire du mythique Quai des Orfèvres.

Il s’agit, pour l’heure, d’un dessin de l’atelier d’urbanisme de François Grether qui s’est vu confier l’aménagement de la ZAC Clichy-Batignolles. Sur cette vue, on distingue parfaitement l’architecture du futur TGI, au fond, le long du périphérique, avec sa double tour, à droite, «comme le glaive de la justice dans le ciel de la capitale», s’enthousiasme l’un des acteurs du projet.

Seul le tribunal de grande instance serait invité à y déménager, la cour d’appel et la Cour de cassation restant dans l’enceinte historique du Palais de justice de l’île de la Cité, au centre de Paris.
Une infrastructure hypersécurisée

La tour des Batignolles accueillerait donc les bureaux des juges, «parquetiers», fonctionnaires et experts de justice, sans oublier les locaux dédiés à l’accueil des membres du barreau. Les salles d’audience se trouveraient en bas. À gauche, sur 30 000 m², dans les bâtiments reliant trois petites tours d’une quarantaine de mètres de haut chacune, se répartiraient les limiers des grandes brigades de la PJ, criminelle, antigang, brigade de répression du banditisme. Plus d’un millier de policiers de haut vol, avec leurs accès, leurs salles de garde à vue, le tout bénéficiant d’une infrastructure hypersécurisée. Pour lancer l’ère du «nouveau 36 Quai des Orfèvres». «Mais l’endroit n’a pas le même cachet», regrette un briscard du «36».

Brigitte Kuster, la maire UMP du XVIIe, très investie dans ce dossier, rappelle que Nicolas Sarkozy l’a érigé au rang de «chantier présidentiel», le 29 avril, dans son discours sur le Grand Paris. Ce projet définira, dit-elle, «un nouvel axe de développement autour des métiers du droit et de la justice». Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a manifesté son intérêt pour ce site, même s’il reste sourcilleux sur le financement du projet.

Si tout se passe comme prévu, les premiers coups de pioche devraient être donnés début 2010 pour une inauguration des bâtiments en 2015. Reste à savoir si le ministère de la Justice sera en mesure de financer un tel projet. «Près d’un milliard d’euros d’investissement, si l’on intègre les inévitables surcoûts des grands aménagements publics, cela nécessite une certaine gymnastique budgétaire», assure un magistrat de la Chancellerie. La somme représente 15 % du budget annuel du ministère de la Justice. L’arrivée attendue des descendants de Maigret dans ces locaux flambant neufs signifie que l’Intérieur aussi sera mis à contribution.

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