NOUVELOBS.COM | 09.06.2009 | 15:10

La ministre de la Justice aurait qualifié les magistrats de « très sournois » lors d’un débat. L’Union syndicale des magistrats, majoritaire dans la profession, porte plainte pour « injure contre un corps constitué ».

Rachida Dati (Sipa)

Rachida Dati (Sipa)

Alors que Rachida Dati doit incessamment quitter son ministère pour aller siéger à Strasbourg, l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a annoncé, mardi 9 juin, avoir porté plainte contre la garde des Sceaux pour « injure contre un corps constitué », parce qu’elle aurait qualifié les magistrats de « très sournois ».
La polémique remonte à la mi-mai lorsqu’un « déjeuner-débat » avait été organisé au restaurant parisien Fouquet’s réunissant une quinzaine de convives dont l’ancien ministre socialiste et avocat Roland Dumas et l’avocat Jacques Vergès avec pour invitée principale Rachida Dati.
Revenant sur la contestation de la réforme de la carte judiciaire, Roland Dumas avait déclaré que les magistrats et avocats étaient des « corps très réactifs ». « Et très sournois », avait alors ajouté Rachida Dati, selon la retranscription faite par le magazine Entreprendre.
La Chancellerie avait démenti ces propos mais le journaliste du magazine les avait maintenus, tandis que deux convives, Roland Dumas et Jacques Vergès, avaient pris l’initiative de contacter l’AFP pour soutenir la version de la ministre.

Un timing réfléchi

Depuis, l’USM demandait la publication de la transcription « intégrale » du déjeuner-débat pour « lever toute ambiguïté ».
« De façon étonnante, si les propos n’ont pas été tenus, les services du ministère de la Justice s’y sont refusés. De même, malgré nos multiples demandes, la ministre de la Justice n’a pas souhaité nous recevoir, alors que cela aurait pu permettre de lever le malentendu et les ambiguïtés », relève mardi l’USM dans un communiqué.
« Pour obtenir la communication de ce document et permettre l’audition des différents témoins », l’USM assure n’avoir « d’autre choix que de déposer plainte », soulignant avoir attendu l’issue des élections européennes, « pour éviter tout reproche de politisation ».
Les propos imputés à Rachida Dati tombent sous le coup de l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881 et sont passibles de 12.000 euros d’amende, d’après l’USM.
Cette plainte a été déposée « entre les mains de M. le Procureur de la République de Paris », a précisé l’USM.
Contacté par l’AFP, le parquet de Paris n’était pas en mesure à la mi-journée de le confirmer.
(Nouevlobs.com avec AFP)
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