Par AFP

PEKIN – Un des artistes chinois les plus connus, Ai Weiwei, a dénoncé jeudi les brutalités policières dont il a été l’objet pour l’empêcher de témoigner au procès d’un militant poursuivi pour subversion.

L'artiste chinois Ai Weiwei, chez lui, le 10 avril 2009 près de PékinAFP/Archives/Frederic J. Brown

L’artiste chinois Ai Weiwei, chez lui, le 10 avril 2009 près de Pékin

Ai Weiwei a expliqué à l’AFP avoir été l’objet de violences policières mercredi à Chengdu (sud-ouest) afin de le dissuader d’assister au procès de Tan Zuoren, arrêté au début de l’année alors qu’il enquêtait sur la qualité de construction des écoles dans le Sichuan, qui s’étaient effondrées durant le séisme de mai 2008, faisant officiellement 5.335 morts parmi les élèves.

« La police a fait une irruption violente dans notre chambre d’hôtel, nous a frappés et nous a empêché d’assister au procès« , a déclaré M. Ai, libéré à l’issue de 11 heures de garde à vue en compagnie d’autres activistes.

« Ils ont restreint notre liberté de mouvement et ils ont refusé de s’expliquer. Nous n’allons pas laisser tomber et nous allons porter plainte« , a-t-il dit, joint par téléphone.

Ai a affirmé avoir été frappé au visage après avoir demandé les papiers des policiers et des explications.

Contactée par l’AFP, la police de Chengdu n’a pas commenté dans l’immédiat.

Ai Weiwei, né en 1957, est l’un des artistes chinois les plus connus et a été l’un des concepteurs du « Nid d’oiseau« , le stade olympique des jeux de Pékin l’année dernière. Il s’est fait remarquer par des prises de position de plus en plus critiques envers le régime communiste ces dernières années.

Récemment, il s’est lancé dans une tâche risquée: recenser les noms des jeunes décédés dans les écoles qui s’étaient effondrées, afin de leur rendre hommage.

Certains parents avaient dénoncé la corruption des responsables locaux pour expliquer la piètre qualité des constructions.

Tan Zuoren est poursuivi pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat » et accusé d’avoir diffamé le Parti communiste au pouvoir et le gouvernement sur leur gestion de la répression du mouvement démocratique de Tiananmen en 1989.

Cependant, pour Amnesty International, citant des sources locales, l’arrestation de Tan, au début de l’année, est liée à son enquête sur le sujet sensible des écoles détruites.

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