Tout parallèle qu’il soit, le commerce de produits stupéfiants obéit à la loi universelle du marché : celle de l’offre et de la demande. Pour qu’il y ait des revendeurs, il faut qu’il y ait des acheteurs. Hier matin, en trois affaires distinctes, le tribunal correctionnel de Valenciennes a frappé en plusieurs endroits de la chaîne.

Le procureur Marilly, dans son réquisitoire, en a fait l’exemple même du « destinaire final », dont l’existence « permet à des réseaux criminels de faire des profits très lucratifs ». Profil en apparence lisse que celui de V. G. : 30 ans en décembre, il vit en concubinage, a acheté une maison l’année dernière dans l’Oise, où il réside, et sera bientôt papa. Pendant quelques années, il a « fumé des joints de temps en temps », et s’est fait pincer, courant 2006 à Bruay-sur-l’Escaut. Trois ans après, la justice a donc fini par le rattraper : 800 E d’amende.

Elle a mis plus de célérité à sanctionner A. B., 21 ans, que des policiers ont surpris le 23 avril dernier, lors d’un contrôle routier à Quarouble, à vouloir se débarasser d’un sachet de 50 g de résine de cannabis. Sa consommation pour deux mois et demi. La balance, les cutters et les couteaux à la lame noircie retrouvés par les enquêteurs à son domicile auraient pu élargir le champ des poursuites, au-delà du package « usage – transport – détention – acqusition ». Il n’en fut rien. Cinq mois de prison avec sursis, ont tranché les juges.

Petits dealers, J. D., 21 ans, et N. M., 23 ans, l’étaient assurément. Entre septembre 2007 et janvier 2008, le premier aurait écoulé plus de deux kilos d’herbe et de résine de cannabis dans son quartier d’Escaudain, quand le second se serait « limité » à 500 g. Pour lui, il s’agissait « d’une question de survie », a souligné son avocate, Me Colleoni. Il vivait à cette époque sous une toile de tente, devant la maison de sa grand-mère, et tentait, vaille que vaille, de s’en sortir « avec les moyens à sa disposition ». J. D. le fournissait pour lui venir en aide. Ce qui fit dire au président Delegove : « Autefois, on donnait du pain ; maintenant, c’est du cannabis… »

« Le gros », « le Parisien »

Cette combine, celui qui se faisait appeler « le gros » ou « le Parisien » la leur avait amenée sur un plateau. Il menait alors grand train à Émerchicourt, confortablement assis sur ce commerce florissant. L’herbe et la résine de cannabis, il les achetait dans de grosses quantités, d’abord en Belgique, puis auprès des deux gros fournisseurs de l’arrondissement. Tout s’est brusquement arrêté en janvier 2008. C’est Daniel Delegove qui raconte : « Apprenant que des Escaudinois étaient inquiétés, il a regagné la région parisienne. » Un an d’« exil » dont il ne sortit qu’au début de cette année, quand les autorités finirent par lui mettre la main dessus. Et les deux têtes de réseau auprès desquelles il se fournissait ? Tombées elles aussi… Et pendant ce temps, tout en bas de l’échelle, J. D. et N. M. ont été condamnés : 9 mois avec sursis pour le premier ; six mois avec sursis – TIG (140 heures de travaux d’intérêt général à effectuer dans les dix-huit mois) pour le second. •

S. C.

La Voix du Nord

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