Procès ETA: les accusés dénoncent la disparition en France d'un "etarra"
Les huit accusés du procès ouvert jeudi à Paris sur l’une des plus importantes fabriques d’armes de l’ETA, démantelée en 2004 dans les Pyrénées-Atlantiques, ont dénoncé la disparition en avril d’un militant de l’organisation indépendantiste basque.

Les huit accusés du procès ouvert jeudi à Paris sur l’une des plus importantes fabriques d’armes de l’ETA, démantelée en 2004 dans les Pyrénées-Atlantiques, ont dénoncé la disparition en avril d’un militant de l’organisation indépendantiste basque.

Jugés par une cour d’assises spécialisée dans les affaires de terrorisme, les huit hommes, dont sept détenus, arboraient un tee-shirt jaune et la photo de Jon Anza avec cette question: « qu’est-ce que vous avez fait de Jon ? »

Dans un communiqué diffusé le 20 mai, l’ETA a accusé la France et l’Espagne de la disparition de Jon Anza, présenté comme un de ses militants, alors qu’il se rendait à un rendez-vous clandestin, le 18 avril dans le sud-ouest de la France.

Jeudi matin, Felix Ignacio Esparza Luri, déjà condamné en France à 19 ans de réclusion en tant qu’ancien chef de l’appareil logistique de l’ETA, a pris la parole au nom de tous les accusés pour affirmer en français qu' »on trouve la main des services secrets espagnols et français » derrière la disparition de Jon Anza.

« C’est du terrorisme d’Etat. Où est donc Anza ? Nous n’arrêterons pas de vous le demander », a ajouté Esparza Luri, alias « Navarro », à l’adresse des sept juges professionnels qui composent la cour d’assises et qui ne sont toutefois pas saisis du dossier de la disparition de Jon Anza.

Jusqu’au 3 juillet, la cour doit se pencher sur la découverte, le 4 avril 2004, d’un atelier clandestin de l’ETA dans une ferme de Saint-Michel, un village de montagne à la frontière espagnole près de Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques).

Là avaient été mis au jour environ 800 kg d’explosif (du chlorate d’ammonium) ainsi que du matériel permettant de fabriquer des « jotake », les roquettes artisanales utilisées par l’ETA.

Il s’agissait d’une des plus importantes découvertes d’une cache de l’ETA depuis celle dissimulée dans la cave d’une maison, en 2002 dans les Landes. Une autre fabrique clandestine de l’organisation avait été démantelée en 1993 à Bidart (Pyrénées-Atlantiques).

Outre Esparza Luri, 46 ans, sont jugés jusqu’au 3 juillet le propriétaire de la maison, Jean-Marie Saint-Pée, un agriculteur de 55 ans, ou encore Jose Ceberio Aierbe, 44 ans, soupçonné d’être le responsable des caches de l’organisation.

Comparaissent également Ibon Elorrieta Sanz, 32 ans, Luis Enrique Garate Galarza, 51 ans, Jon Gonzalez Gonzalez, 35 ans, Jon Kepa Preciado Izarra, 33 ans, et Diego Ibarra, 37 ans, le seul accusé à comparaître libre sous contrôle judiciaire.

Refusant de s’exprimer devant la cour, les huit hommes ont revendiqué jeudi leur militantisme par la bouche d’Esparza Luri: « nous sommes ici en tant que combattants de la cause basque (…) nous ne reconnaissons ni l’autorité ni la compétence de cette cour. Vous pouvez nous condamner mais jamais nous juger ».

Les derniers mots de l’accusé ont entraîné les applaudissements des proches des accusés dans le public qui ont entonné le traditionnel chant du soldat basque « Euskal Gudariak », repris comme hymne par l’ETA, entraînant une brève suspension de l’audience.

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