(AFP) – 

NÎMES — La composition du tribunal correctionnel de Nîmes provoque une polémique vendredi alors que doit comparaître mardi prochain le sénateur-maire UMP Jean-Paul Fournier, soupçonné d’une prise illégale d’intérêt dans une affaire de vente de terrain.

M. Fournier risque une peine d’inéligibilité.

La polémique porte sur la désignation de trois magistrats par le président du tribunal de grande instance (TGI) de Nîmes pour siéger mardi dans une composition différente de celle qui prévaut traditionnellement ce jour-là.

« Aucune explication n’a été fournie par le président, qui a pris cette initiative seul, sans prévenir personne », a déploré la présidente du Syndicat de la magistrature Emmanuelle Perreux, interrogée par l’AFP. « Serait-ce donc une désignation sur mesure pour juger » un parlementaire UMP, s’est-elle interrogée.

Le président du TGI Jean-Pierre Pierangeli a souligné de son côté qu’il avait pris l’initiative de nommer ces trois magistrats nouvellement arrivés à Nîmes, dans un souci d’impartialité de la justice.

« Ce sont, a-t-il déclaré, trois magistrats qui viennent d’arriver dans la juridiction, qui sont en quelque sorte +tout neufs+ en ce sens qu’ils ne connaissent pas le contexte local ».

Or « il y a certains blogs qui parlent d’un procès politisé », a-t-il ajouté. « Pour éviter une critique ultérieure, j’ai estimé, dans l’intérêt de la juridiction et de la protection des magistrats, que trois magistrats qui viennent d’arriver pouvaient donner un gage d’impartialité », a-t-il dit.

M. Fournier doit comparaître dans le cadre d’une enquête liée à la vente d’un terrain dont il était propriétaire à Nîmes, sur une parcelle qui n’était alors pas raccordée au réseau d’eau potable.

Les travaux de raccordement avaient été votés par le conseil communautaire de Nîmes Métropole, présidé par lui-même, quelques jours après la signature du compromis de vente.

Une enquête avait été ouverte à la suite de la plainte d’un conseiller municipal Verts de Nîmes, Silvain Pastor, dont les avocats, Mes Mamère et Fernandez, dénoncent, après les changements de juges, de « graves manipulations », qui visent « à placer la justice sous influence ».

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