Narbonne.L'automobiliste relaxé pour la mort d'un piéton

L'automobiliste relaxé pour la mort d'un piétonDR

Michel Serrano, 89 ans, est décédé 28 jours après l’accident survenu le 21 juillet, avenue de Tassigny

Les preuves de la responsabilité d’un automobiliste prévenu pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel, hier matin, n’ont pas été rassemblées.
Jérôme, un Narbonnais de 20 ans, a pourtant bien heurté un piéton qui s’apprêtait à traverser l’avenue de Lattre-de-Tassigny à la hauteur du cimetière de Cité. C’était le 21 juillet dernier aux alentours de 8 h 30.
Michel Serrano qui habite dans cette artère très passante, venait de héler un bus. Ce vieil homme de 89 ans qui a bénéficié des premiers soins d’un sapeur-pompier volontaire passant par là, est mort des suites de ses blessures vingt-huit jours plus tard.
La justice reproche à l’automobiliste un défaut de maîtrise de son véhicule.
Jérôme qui, ce jour-là, arrivait de la place de la Révolution, se défend en expliquant

qu’il n’a pas vu le piéton. A cet endroit se succèdent une priorité à droite avec la rue Chanzy et deux passages protégés. Toute son attention était concentrée sur la chaussée.
Son avocat M e Régis Pech de Laclause insiste : « Les traces du choc – sur le rétroviseur droit, le montant droit du pare-brise et l’aile droite – démontrent que – malheureusement – le piéton amorçait sa descente du trottoir lorsqu’il a été heurté » . Pour le défenseur du conducteur, « on ne peut faire aucun reproche d’inattention » à son client. Il réclame sa relaxe. Ce n’est pas l’avis du parquet. Pour la substitut Marie-Hélène Vétro, Jérôme a commis une infraction. Elle requiert 8 mois de prison avec sursis, une suspension de permis pendant six mois et une amende de 400 €. Finalement, le tribunal correction a relaxé le conducteur. La juge Sylvie Duez a expliqué sa décision notamment par l’absence de constatations sur place (photos, relevés…). Seul un dépistage d’alcoolémie a été réalisé.
Ce qui « choque la famille » de M. Serrano, souligne l’avocat de la veuve, des deux enfants et de la petite fille de la victime. M e Bruno Blanquer considère que « le commissariat n’a pas fait ce qui se fait habituellement ». Pour lui, « c’est un loupé manifeste ».
L’avocat a réclamé des dommages et intérêts. Mme Serrano, 86 ans et souffrant déjà d’une pathologie cardiaque, a été très éprouvée par la perte de son mari. L’affaire n’est toutefois pas complètement terminée. Une audience sur intérêts civils est prévue le 4 mai prochain.


Édition du samedi 27 février 2010

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