A quoi ressemblent-ils ces individus qui, un jour, décident de franchir le pas du vol à main armée ? Alors que la ville est touchée par une série de hold-up, le tribunal correctionnel vient de juger trois jeunes gens qui, au printemps dernier, avaient décidé, selon l’expression consacrée en jargon policier, de « monter au braquage ». C’était le 13 avril 2009 du côté des quais du Verdanson. Térence, Lacène et Djamal, 25, 24 et 23 ans, se répartissent les rôles : l’un sert de chauffeur avec sa voiture, les deux autres entrent dans cette petite épicerie chinoise avec capuche et écharpe sur la tête et, sous la menace d’une arme, ils se font remettre 500 € dans un sac plastique.
« On a fait une bêtise, on a agi sur un coup de tête », ont affirmé en choeur les trois prévenus, à l’époque

désoeuvrés, motivés par l’appât d’un gain facile qu’ils ont partagé et dépensé en Espagne. La brigade criminelle les a pourtant rapidement retrouvés notamment grâce à la vidéosurveillance qui a permis de repérer la Golf des braqueurs dont le feu arrière ne marchait pas et sur laquelle il manquait un enjoliveur. Les suites de l’enquête ont montré que ces jeunes n’en étaient pas à leur coup d’essai.
Lors de la garde à vue, une clé USB a été retrouvée à proximité de Djamel et ce petit objet avait été dérobé lors d’un autre vol à main armée : quelques jours avant l’épicerie chinoise, les gérants de la brasserie des Arts avaient été braqués à la sortie de leur commerce, la dame étant même projetée à terre lors de l’arrachage de son sac. Les victimes l’ont reconnu, mais Djamal, qui était devenu SDF depuis un an, après que ses parents lui ont coupé les vivres , a nié. « J’ai jamais été en contact avec cette clé USB ! Je sais pas à qui elle est, je peux juste vous dire que ce n’est pas moi » , a t-il persisté.
Chez Lacène, souffrant depuis son enfance de bégaiement, un téléphone et un ordinateur portable, provenant de deux cambriolages, ont été retrouvés. Quant à Térence, il a décliné une fausse identité en se faisant passer pour son cousin : en fait, il était recherché pour purger une peine de 30 mois de prison pour des vols avec circonstances aggravantes.
Du coup, le parquet a balayé l’hypothèse d’un unique coup de tête. « C’était une équipe qui agissait de manière répétée, avec des faits préparés et un partage des rôles. Ils ont été arrêtés alors qu’ils allaient commettre un autre coup, on ne peut pas banaliser ces faits, ce sont des gens dangereux ».
Côté défense, M e Cot et Malgras ont évoqué les parcours de déshérence des trois prévenus : « Des gens un peu à la rue, sans bagage scolaire ou sans travail, chez lesquels va naître ce besoin d’argent, cette idée de vol et ils se sont embarqués dans cette galère bien fragile ». Une dérive qui leur a coûté 9, 15 et 17 mois de prison.

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